Par le Dr. Xavier Garde, Représentant de l’Institut de recherche pour le développement (IRD) en Angola, Cameroun, Congo, Gabon et Guinée Equatoriale
La Guinée Equatoriale, de par son importance au point de vue biogéographique, avec une région forestière continentale et deux îles, présente un intérêt scientifique essentiel, notamment pour la compréhension des phénomènes de différenciation des espèces et de la diversification biologique dans la région Afrique centrale. De plus, sa position enclavée entre le Cameroun et le Gabon paraît déterminante pour le développement de programmes de recherche dans cette zone de l’Afrique centrale. Dans de nombreux domaines de la recherche et au regard des publications, la Guinée Equatoriale reste peu étudiée.
C’est pourquoi l’Institut de recherche pour le développement (IRD) est amené à s’intéresser aux questions scientifiques propres à la Guinée Equatoriale. Établissement public français à caractère scientifique et technologique, placé sous la double tutelle des ministères de la Recherche et de la Coopération, il a pour vocation la recherche, l’expertise et la valorisation de l’information scientifique, le soutien et la formation. L’IRD travaille depuis 60 ans au Cameroun (qui abrite sa représentation régionale Afrique centrale) et depuis de nombreuses années au Gabon, au Congo, en République Centrafricaine et en Angola.
Trois missions menées en Guinée Equatoriale depuis 2008 ont permis de rapprocher les chercheurs de l’IRD de l’Université nationale de Guinée Equatoriale (UNGE) et du Conseil de recherches scientifiques et technologiques (CICTE). La volonté des autorités équato-guinéennes d’occuper une place importante au plan scientifique dans la région Afrique centrale a été manifeste, de même que la volonté de développer un partenariat avec l’IRD, du fait de ses modalités d’intervention : envoi de missions d’enseignants, d’étudiants, de techniciens ; participation au développement des capacités et à la valorisation de la culture scientifique (co-publications, conférences).
De ces réunions et rencontres à Malabo et Bata ont émergé des problématiques de recherches communes qui sont définies dans un accord-cadre (santé, agroforesterie, liens entre santé et environnement) et une convention spécifique. Cette première convention spécifique porte sur l’histoire environnementale et la biodiversité de la Guinée Equatoriale, et comporte trois volets : environnement, biodiversité et santé. Le volet santé correspond à une mission exploratoire pour éventuellement aboutir à une seconde convention spécifique, sachant que l’IRD intervient à travers l’OCEAC (Organisation de coordination des grandes endémies en Afrique centrale) dans des projets de recherche régionaux.
En marge du programme de recherche, d’autres axes de collaboration ont été identifiés et activés, notamment la promotion de la culture scientifique par le biais de conférences de chercheurs de l’IRD données à l’Institut culturel d’Expression française (ICEF-Malabo) et au Centre de formation des enseignants de Bata. Il est également prévu au mois de novembre 2009 à Bata, le passage de l’Exposition itinérante « Sciences au sud » (Une prolongation du projet FSP/MAEE piloté par l’IRD) encadré par une quinzaine scientifique (conférences-débats et projections de films).
Compte tenu de la volonté des deux parties, il y a des raisons de croire à une collaboration fructueuse.
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