Par M. Jean-Pierre Cantegrit, Sénateur des Français de l’étranger, Président du groupe sénatorial d’amitié France-Afrique centrale
La Guinée équatoriale - qui relève, au Sénat, du groupe d’amitié France-Afrique centrale est un Etat auquel nous accordons une grande attention même si, jusqu’à une période récente, il restait encore assez méconnu des autorités publiques françaises et européennes.
J’y ai conduit deux brèves missions avec plusieurs sénateurs de notre groupe, dont le Président délégué pour la Guinée équatoriale, mon collègue et ami François Trucy. La première visite a eu lieu en 2003 (nous nous étions rendu à Malabo, dans la partie insulaire du pays), la seconde en 2007, où nous avons fait étape sur le continent, à Bata.
Les deux fois, nous avons été reçus en audience par le Président Obiang, qui nous a encouragés à revenir, insistant même pour que lors de notre prochain séjour, nous passions au moins une nuit dans son pays : invitation qui n’a rien d’anecdotique, dans une culture où l’amitié s’exprime souvent à travers des marques d’hospitalité.
Pour beaucoup, l’importance croissante de la Guinée équatoriale sur l’échiquier régional tient à la montée en puissance de ses ressources pétrolières, dont l’exploitation est récente mais qui, déjà, la place au rang des grands producteurs d’Afrique centrale.
De mon point de vue, les enjeux vont plus loin. L’amical regard que nous portons sur ce pays ne se résume pas à des vues économiques : il traduit aussi - pour ne pas dire surtout notre volonté d’accompagner et de soutenir les autorités équatoguinéennes dans leurs efforts vers un système plus ouvert et plus démocratique qu’avant. Certes, la Guinée équatoriale a encore du chemin à parcourir dans cette direction, mais elle a déjà accompli d’appréciables avancées ces dernières années, une croissance économique rapide favorisant, à terme, la marche vers plus de libéralisation.
Nous avions du reste été frappés d’un vrai changement d’atmosphère en seulement quatre ans, avec en 2007 une tonalité plus cordiale et moins empesée qu’en 2003, indice d’une détente politique et sociale allant de pair avec la reconnaissance officielle du multipartisme et de l’opposition parlementaire.
On salue aussi la volonté du Président Obiang de mieux arrimer son pays pourtant d’héritage hispanophone aux autres grands Etats francophones de la région, avec la consécration du français comme seconde langue officielle ou l’adhésion à la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (CEEAC), à la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) et à la Zone franc. Là encore, cette politique d’intégration régionale offre des opportunités supplémentaires d’ouverture politique, que nous devons encourager.
Rien d’étonnant, dès lors, que sur le plan parlementaire, nous entretenions de bonnes relations avec nos homologues équatoguinéens, dont j’ai reçu une sympathique délégation au Sénat en janvier 2008. Je n’exclus pas d’amorcer une coopération technique entre nos deux Parlements, mesure modeste mais qui, à la mesure de nos moyens, pourrait épauler utilement l’action diplomatique de nos gouvernements respectifs.
|