Après PSA en 2007, c’est au tour du groupe Renault d’annoncer un vaste plan d’investissement. Malgré la chute de la production automobile en 2008, le constructeur français vient en effet d’annoncer un plan de 91 millions d’euros, répartis sur deux ans, de 2009 à 2011. Son objectif : moderniser le site de production de sa fililae argentine et produire un nouveau véhicule.
La crise financière et ses répercussions sur l’ensemble des économies du monde n’effraient pas les entreprises françaises présentes sur le marché argentin. L’Argentine reste pour elles prometteuse, d’autant qu’elle résiste bien aux pressions récessionistes. Avec une croissance de 8,5% en moyenne par an entre 2003 et 2008, la progression du PIB demeure vigoureuse, même si elle devrait certes ralentir.
Dans cette conjoncture incertaine, les investissements étrangers continuent d’affluer. En 2008, ils ont affiché une hausse de 23%, atteignant 7,789 millions de dollars, plaçant l’Argentine au second rang des destinations privilégiées dans la région, derrière le Brésil mais devant le Mexique.
Un résultat remarquable si l’on considère que les investissements étrangers dans le monde ont enregistré une chute de près de 33% en 2008. A l’échelle internationale, la Directrice de l’Agence nationale pour le développement des investissements Béatriz Nofal n’hésite pas à affirmer, en s’appuyant sur les données de la CNUCED, que l’Argentine arrive au cinquième rang des destinations
les plus attractives parmi les pays émergents en 2008.
Renault et PSA ne sont pas les seuls à continuer d’investir. Accor veut croire au potentiel touristique argentin si l’on en juge à l’envergure de la campagne d’investissement qu’il a lancée depuis 2007 et qui devrait totaliser un montant de près de 210 millions de dollars d’ici 2010. Aux côtés de son Sofitel cinq étoiles de Buenos Aires, le Novotel de la prestigieuse avenue Corrientes ouvrira ses portes en septembre prochain. Le groupe Accor prévoit surtout la construction d’une vingtaine d’hôtels sous l’enseigne Ibis dans les principales grandes villes argentines, sans compter ses investissements indirects.
Si certaines entreprises françaises sont parties avec la crise qui a secoué l’Argentine au tournant des années 2000, la plupart ont inscrit leur présence dans la durée. En février 2009, le groupe pétrolier Total a par exemple signé avec le gouvernement argentin l’extension pour une durée de dix ans (jusqu’en 2027) de ses activités d’exploration dans les concessions Aguada Pichana et San Roque situées au Nord-Ouest de la Patagonie dont il est l’opérateur (avec 27,3% des parts de la première et 24,7% de la seconde). Présent en Argentine depuis 1978, Total, au travers de sa filiale Total Austral, est le second opérateur gazier du pays. En 2008, il a d’ailleurs réussi a maintenir le plateau de production à 870 millions de pieds cube par jour de gaz naturel et 10 700 barils par jour de liquides en 2008.
Nombre de groupes français font intrinsèquement partie de l’histoire économique argentine. En 2008, Air Liquide a par exemple célébré le 70ème anniversaire de son implantation.
Dans le secteur agroalimentaire, le groupe Louis-Dreyfus affiche quant à lui plus de cent ans d’activités sur le marché argentin. Devenu le quatrième exportateur du pays, il participe pleinement à la réussite de ce secteur de l’économie argentine en pleine expansion. Chaque année, il exporte pour près de 2 milliards de dollars de grains et d’oléagineux, soit 10% du chiffre d’affaires total du groupe. Sur les huit millions de tonnes de produits exportés chaque année par sa filiale Dreyfus Argentine, près de cinq millions correspondent à du soja sous formes d’huile, de farine et de grains.
Louis-Dreyfus devrait inaugurer très prochainement une nouvelle usine de broyage à Bahia Blanca, dans la province de Buenos Aires. Ce projet représente un investissement de 130 millions de dollars. Il complète une implantation déjà bien étoffée. En 2006, il avait déjà conforté ses capacités de production dans la province de Santa Fe en adjoignant à son site de Puerto General Lagos, un nouveau terminal céréalier à Timbues. C’est là qu’il a lancé ses nouvelles activités sur le marché des biocarburants diester, conçus à partir de l’huile de soja. Sa capacité de production atteint 300 000 tonnes par an. Elle est destinée principalement aux marchés nord-américain et européen, et devrait continuer son expansion, l’usine de Bahia Blanca devant être dotée d’une unité de production de diester.
Arrivé plus récemment sur le marché argentin, le groupe Danone envisagerait selon le quotidien argentin La Nacion, l’acquisition de l’activité laitière de La Serenisima, propriété du groupe argentin Mastellone Hnos. Danone avait signé avec celui-ci un accord de partenariat en 1996 pour acquérir les produits laitiers frais de La Serenisima, véritable institution dans le pays depuis sa création en 1929, qui détient une part de marché record de 76%. Un succès pour Danone qui a su résister à la crise argentine entre 2000 et 2003. Il affiche aujourd’hui un chiffre d’affaires de 450 millions de dollars en Argentine.
Près de 220 filiales d'entreprises françaises sont recensées aujourd’hui sur le marché argentin, employant quelque 60 000 personnes et faisant de la France le quatrième investisseur étranger. L’Argentine représente également le 3ème marché d’Amérique latine pour les exportations françaises. Si la crise financière internationale a freiné la progression des échanges entre les deux pays depuis 2004, la Présidente Cristina Fernandez de Kirchner avait clairement ouvert la voie à un renforcement de la coopération économique notamment dans le secteur des hautes technologies, lors de sa visite en France en avril 2008. A l’instar du projet pour l’instant suspendu de ligne à grande vitesse devant relier Buenos Aires à Cordoba, il reste désormais à propulser les relations économiques franco-argentines vers un véritable partenariat. C.H.
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