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troisième trimestre 2008

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La santé, un enjeu crucial pour l’Inde et un axe de la coopération franco-indienne appelée à s’intensifier

Par Mme Christine Chirol, Directrice du Département des Relations internationales de l’Institut de la santé et de la recherche médicale (Inserm)

L’Inde est un partenaire important pour l’Inserm. Elle se situe au 3ème rang de nos partenaires en Asie après le Japon et la Chine, avec près de 30 collaborations entre des laboratoires Inserm et des laboratoires indiens situés essentiellement à Delhi et Bangalore. On observe en outre que nos publications conjointes sont en progression très nette depuis 2006.
Les principaux domaines de coopération sont les maladies infectieuses et parasitaires, la génétique et la génomique, l’épidémiologie, l’immunologie. Toutefois, la coopération avec l’Inde, traditionnellement axée sur les maladies infectieuses et parasitaires, est en train de s’adapter en fonction de l’évolution de l’état sanitaire du pays. Les problèmes de santé liés aux maladies dites de « civilisation » arrivent en tête : les maladies cardiovasculaires deviennent la première cause de décès (9,5 millions /an) et 35 millions d’Indiens souffrent du diabète. Ainsi, d’autres thèmes de collaboration apparaissent tels que les maladies cardio-vasculaires, la cancérologie, les maladies génétiques, la recherche sur les cellules souches, la nutrition, les maladies neurologiques, les questions éthiques.
La recherche clinique fait également l’objet d’une demande des autorités indiennes, conscientes du besoin crucial de développer la recherche translationnelle dans un pays où les interactions entre centres de recherche institutionnels et hôpitaux du gouvernement sont insuffisamment développées. L’Inserm peut apporter son aide dans la mise en place de projets de recherche cliniques de qualité.
Le bon niveau de la coopération scientifique franco-indienne a abouti à la signature, en février 1989, d’un accord de coopération avec l’Indian Council for Medical Research (ICMR). Cet accord qui ne prévoyait à l’origine que des échanges de chercheurs, a été re-négocié en 2000 pour permettre le financement de projets conjoints de recherche et la réalisation d’ateliers et de colloques scientifiques bilatéraux sur des thèmes d’intérêts communs.
Depuis 2000, vingt projets ont été soutenus. Les directions de l’Inserm et de l’ICMR se réunissent régulièrement dans un Joint Working Group (JWG) alternativement en France et en Inde. Ces réunions permettent de faire un bilan de la coopération, de choisir les futurs projets qui seront sélectionnés à la suite d’appels d’offres annuels. Elles permettent également de faire le choix du colloque bilatéral annuel et sont l’occasion pour les participants de visiter dans chaque pays un certain nombre de laboratoires et de mieux connaître ainsi les possibilités de coopération.
Des colloques réunissant généralement une dizaine de participants Inserm et une trentaine de participants indiens sont régulièrement organisés et bénéficient de l’appui logistique et financier du service scientifique de l’Ambassade de France à Delhi. Depuis 2000 se sont déroulés, pour l’essentiel en Inde, des colloques sur la tuberculose, la neuroprotection du nourrisson, l’éthique et les essais cliniques, la recherche clinique, les biomarqueurs dans les pathologies cardiovasculaires et le diabète. Le dernier colloque a eu lieu en novembre 2008 à Hyderabad, sur la recherche translationnelle et les biothérapies. Il sera suivi de la réunion du Joint Working Group.
C’est à la suite de l’un de ces colloques qu’en 2003, s’est mise en place une collaboration dans le domaine de la neuroprotection du nouveau-né entre une unité de recherche Inserm à l’hôpital Robert Debré à Paris et un laboratoire du National Brain Research Center de Gurgaon. Cette coopération a abouti, début 2008, à la création entre nos deux Instituts d’un Laboratoire international associé (LIA) pour une durée de quatre ans.
Il vise d’une part à permettre une mise en commun effective des différents champs d’expertise des laboratoires; le laboratoire indien apportant ses compétences en biologie moléculaire et dans le domaine des cellules souches embryonnaires, le laboratoire français apportant son expertise dans les domaines de la neuropédiatrie, de la périnatalité, de la physiopathologie, de la pharmacologie et de la thérapie. Il vise d’autre part à favoriser et mieux encadrer les échanges, et à favoriser les demandes de financement conjointes auprès des bailleurs nationaux et internationaux.
Ce projet a pour ambition d’améliorer les connaissances concernant la compréhension des maladies touchant le cerveau en développement, d’identifier de nouvelles cibles de neuroprotection et de tester l’efficacité et la faisabilité, dans ces maladies, de stratégies de thérapies cellulaires par les cellules souches embryonnaires.
La santé constitue un des enjeux majeurs de ce pays qui a mis un accent particulier ces dernières années sur les recherches à finalité sociale. Compte-tenu du niveau et de la qualité des scientifiques indiens, de la volonté des autorités indiennes de développer la coopération dans ce domaine et compte-tenu par ailleurs de la diversité des pathologies de ce sous continent, nul doute que la collaboration est appelée à s’intensifier dans les années à venir.

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