Jeudi 27 Juin 2019  
 

N°83 - Troisième trimestre 2008

La lettre diplometque
  Editorial
Madagascar
Nigéria
  Vers de nouvelles perspectives de coopération
 
  2008, une année prometteuse pour les relations entre la France et le Nigéria
 
  Pour un approfondissement des liens franco-nigérians
 
  France-Nigéria, vers un partenariat économique renforcé
 
  Le Nigéria compte sur l’hydroélectricité pour poursuivre son développement
 
  Le Nidoe-France, un acteur de plus en plus actif dans les liens de coopération franco-nigérians
 
  Une participation active aux missions de l’UNESCO
 
Inde
 
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     Nigéria
 

Vers de nouvelles perspectives de coopération

Par Chief Ojo Maduekwe, CFR, Commandant de la République fédérale, Ministre des Affaires étrangères de la République fédérale du Nigéria

Votre décision de faire figurer à nouveau le Nigeria au sein de votre publication, en collaborant avec notre Ambassadeur, S.E.M. Gordon H. Bristol, arrivé en France il y a à peine cinq mois, marque un signe de l’importance que vous attachez au Nigéria et surtout à des relations entre la France et le Nigeria qui ne cessent de se développer.
En effet, les relations franco-nigérianes continuent de se renforcer depuis l’établissement des relations diplomatiques entre les deux pays après que le Nigéria ait pris son indépendance de l’autorité coloniale britannique. Dans quelques cas ces relations ont certes été mises à l’épreuve par le passé, éprouvées parfois presque jusqu’à leurs limites. Néanmoins, que ces défis aient été surmontés, que notre interaction ait atteint de nouveaux sommets, témoignent de l’intérêt mutuel porté au développement et à la consolidation de nos relations.
Nos relations avec la France sont entrées dans une nouvelle phase depuis 1999, avec la restauration de la démocratie au Nigeria après vingt-neuf années presque ininterrompues de régime militaire. Inscrivant son action dans la continuité des progrès réalisés par son prédécesseur, le Président de la République fédérale, M. Umaru Yar’Adua, a saisi la première occasion qui lui a été offerte pour se rendre en France. La visite officielle qu’il a effectué du 11 au 13 juin 2008 représente ainsi sa première visite bilatérale d’importance dans un pays européen depuis sa prise de fonctions le 29 mai 2007. Celle-ci a d’ailleurs eu lieu, incidemment, trois semaines après la prise de fonctions du Président Sarkozy lui-même.
Cette visite a en effet constitué un très grand succès, puisque le Président Umaru Yar’Adua reçut un bon accueil du Président Nicolas Sarkozy, ainsi que les membres clés de son gouvernement. Non seulement elle a permis de renforcer les relations franco-nigérianes, mais elle a également hissé les liens entre nos deux pays à un niveau de partenariat stratégique dont les attributions englobent un vaste éventail de domaines - politico-militaire, économique, socioculturel, juridique, etc. Des consultations et des programmes de coopération réguliers devraient être mis en œuvre dans l’ensemble de ces domaines, et à tous les niveaux, y compris au plus haut niveau.
Le programme de coopération convenu à cette occasion vise à favoriser le développement de collaborations entre les deux gouvernements, mais aussi à inciter les secteurs privés des deux pays à contribuer aux relations bilatérales et surtout à la mise en œuvre du programme en Sept points (« Seven Point Agenda ») conçu pour faire progresser le Nigeria.
Le President Yar’Adua s’est également mis en relation avec les investisseurs français et les chefs d’entreprises lors d’une rencontre interactive qui lui a permis de prendre la parole devant les représentants du secteur privé des deux pays.
Les gouvernements de la France et du Nigeria s’engagent désormais à mettre en œuvre ce programme de coopération, tel qu’il a été synthétisé au sein du Communiqué conjoint approuvé par les deux chefs d’Etat. En fait, trois délégations françaises de haut niveau ont été reçues au Nigéria depuis cette rencontre, en vue de la mise en œuvre du programme de coopération, dont la plus récente a été conduite à la mi-octobre par Mme Anne-Marie Idrac, Secrétaire d’Etat chargée du Commerce extérieur. Lors de cette visite, un protocole d’accord concernant la coopération dans le secteur de l’énergie a été signé.
Dans beaucoup de domaines, il existe une collaboration fructueuse et mutuellement bénéfique, surtout au regard des opportunités d’investissements qui s’ouvrent aux entreprises françaises dans l’économie nigériane. Celle-ci constitue certainement le plus grand marché émergeant en Afrique, et l’un des plus grands marchés de son envergure dans le monde. Je souhaiterais pour cette raison utiliser ce média afin d’encourager le secteur privé français à profiter des immenses possibilités qui existent au Nigeria ; pas seulement dans les secteurs du pétrole et du gaz dans lesquels ils ont déjà pris part, mais aussi dans d’autres domaines définis comme prioritaires par le programme en Sept points du Président nigérian, à savoir l’énergie, l’agriculture, les transports, l’infrastructure, le Delta du Niger, etc.
L’ouverture de nouvelles perspectives de coopération entre la France et le Nigéria favorisera sans doute le rapprochement entre nos deux pays, compte tenu des affinités de vision que nous partageons sur une large variété de questions relatives à l’agenda du monde. La proximité de nos points de vues s’étend ainsi à la nécessité de l’équilibre et de l’équité au sein du système de gouvernance des institutions internationales par l’association de régions du monde sous-représentées ou peu représentées ; d’une architecture financière remodelée, garantissant l’équité et la stabilité des marchés ; d’efforts concertés pour trouver des solutions aux conflits sous-régionaux, régionaux et internationaux ; de l’éradication de la pauvreté ainsi que des infections et des pandémies comme le paludisme, la tuberculose, le HIV/SIDA ; des principes démocratiques, de la bonne gouvernance, de la transparence et de la probité, pour ne mentionner que ces questions. En vue de préparer la voie vers le développement et la croissance de l’Afrique, la réduction massive et, en fait, la résolution des innombrables conflits qui affectent actuellement l’Afrique, dont beaucoup sont d’ailleurs alimentés par une pauvreté matérielle qui se fait sentir un peu partout, constitue un objectif particulièrement important pour le Nigéria et, je le crois aussi, pour la France.
Le fait que La Lettre Diplomatique s’engage à livrer à la discussion ces questions et bien d’autres concernant les relations entre les pays du monde, ne représente pas seulement une initiative louable, mais d’autres médias devraient en faire autant. Votre publication apporte un service essentiel à l’appréhension des relations internationales et il est logique que vous opériez depuis la France, un pays dont la longue histoire et les initiatives ont largement contribué à l’élaboration de quelques-unes des normes universelles les plus solides comme les droits de l’homme, concept précurseur aux déclarations universelles des droits de l’homme et des principes de liberté, égalité et de fraternité.
Au nom du peuple nigérian, je vous adresse tous mes vœux de succès dans tous vos efforts.

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