Dimanche 21 Avril 2019  
 

N°83 - Troisième trimestre 2008

La lettre diplometque
  Editorial
Madagascar
  Madagascar sur la voie de la transformation
 
  Pour un partenariat privilégié entre la France et Madagascar
 
  Entre Madagascar et la France, des liens d’amitié interparlementaires anciens et fructueux
 
  Madagascar : Un pays qui se transforme en profondeur
 
  La Grande Ile, ses projets miniers et leurs promesses de décollage économique
 
  Madagascar, l’île aux opportunités
 
  Œuvrer au renforcement des liens d’affaires entre Madagascar et la France
 
  « A l’instar de la Chine, Madagascar pourrait proposer sa médecine dans le monde entier »
 
  Madagascar : deuxième implantation du Cirad à l’étranger
 
  Le Consulat de Madagascar à Amiens au cœur du développement de liens franco-malgaches privilégiés et décentralisés
 
  Lyon au cœur d’une coopération décentralisée franco-malagache en plein essor
 
  Le fihavanana, comme pivot de la démarche malgache au sein de l’UNESCO
 
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     Madagascar
 

Le fihavanana, comme pivot de la démarche malgache au sein de l’UNESCO

Par S.E.Mme Irène Rabenoro, Ambassadeur, Déléguée permanente de Madagascar auprès de l’UNESCO, Représentante personnelle du Président de la République de Madagascar auprès de la Francophonie

Elu en décembre 2007, Madagascar préside le Groupe des 77 et la Chine à l’UNESCO en cette année 2008. Des différents groupes de l’UNESCO, c’est le G77 et la Chine qui rassemble le plus grand nombre de pays : 130 pays sur les 193 Etats membres de cette agence spécialisée des Nations unies. Le Groupe des 77 et la Chine comprend quatre des six groupes électoraux : groupes Afrique, Amérique latine-Caraïbes, Etats arabes et Asie-Pacifique.
A l’UNESCO, tous les Etats membres ont les mêmes droits, quels que soient leur taille, leur niveau de développement et l’importance de leur contribution au budget de l’Organisation. Chaque Etat y dispose d’une voix. Au milieu des 193 Etats membres, il est plus facile de passer inaperçu que de se rendre visible. Il s’agissait donc pour la délégation permanente de Madagascar auprès de l’UNESCO de s’assurer une certaine visibilité.
Ayant pris mes fonctions en mai 2007, il fallait, en qualité d’Ambassadeur, Déléguée permanente de Madagascar auprès de l’UNESCO, faire vite car la 34ème session de la Conférence générale de l’UNESCO devait se tenir quelques mois après, en octobre de la même année. Or, c’est lors de la Conférence générale qu’ont lieu les élections des Etats membres pour siéger au Conseil exécutif ou dans les différents comités, commissions et autres organes subsidiaires de l’UNESCO.
Pour avoir voix au chapitre, pour y voir plus clair, pour protéger les intérêts de l’Etat malgache, pour être en mesure de faire des recommandations et d’avancer des propositions au gouvernement malgache, il fallait non seulement participer activement aux réunions des différentes instances de l’UNESCO mais aussi être élu membre du Conseil exécutif (le conseil d’administration de l’Organisation) et/ou membre des divers comités, commissions et organes subsidiaires.
Le travail soutenu mais aussi et peut-être surtout une démarche inspirée du fihavanana (fraternité, solidarité), alliant principe et pratique de fraternité, ont permis à Madagascar d’être élu à tous les organes pour lesquels il a été candidat. Ceci dit, Madagascar était déjà membre, et ce jusqu’en 2009, d’un comité particulièrement convoité par les Etats membres, le Comité du Patrimoine mondial.
L’Etat malgache est donc actuellement membre du Conseil exécutif, du Comité du patrimoine mondial, de la Commission océanographique intergouvernementale (COI), du Conseil international de coordination du Programme sur l’homme et la biosphère (MAB), du Conseil intergouvernemental du programme international pour le développement de la communication (PIDC) et du Comité intergouvernemental de bioéthique (CIGB). Il convient de souligner que le Directeur général de l’UNESCO, M. Koïchiro Matsuura, a tout récemment nommé le Dr Rajaona Andriamananjara, membre à titre personnel de la Commission mondiale d’éthique des connaissances scientifiques et des technologies (COMEST). Le Dr Rajaona Andriamananjara, qui est donc depuis quelques jours un des 18 experts indépendants à siéger dans la COMEST, est Président de l’Académie nationale des Arts, des Lettres et des Sciences de Madagascar et Président du Comité malgache d’éthique pour les sciences et les technologies créé il y a deux ans au sein de l’Académie.
En tant qu’Etat membre de l’UNESCO, Madagascar est certes pleinement reconnu, il fait le consensus autour de lui, mais quel profit tire-t-il de cette position prestigieuse ?
Pour contribuer à l’accomplissement des objectifs du Plan d’action Madagascar 2007-2012, notamment en matière d’éducation, de culture, de science et de communication, la délégation permanente de Madagascar auprès de l’UNESCO s’efforce non seulement de participer aux innombrables réunions, forums et conférences à l’UNESCO, mais aussi de transmettre aux autorités nationales compétentes ses réflexions, propositions et recommandations. C’est ainsi que la délégation permanente estime contribuer à une meilleure intégration de Madagascar dans le monde au plan conceptuel tout autant qu’au niveau pratique, dans les actions à mener. Madagascar bénéficie de l’appui de l’UNESCO pour l’élaboration d’une politique scientifique nationale, pour la formation des maîtres (TTISSA, Teacher Training Initiative in Sub-Saharan Africa), pour l’élaboration d’une politique du livre, et prochainement du financement sur fonds-en-dépôt japonais de la reconstruction du Rova (le Palais de la reine situé dans la capitale malgache), pour ne citer que ce genre d’assistance.
Toutefois, les intérêts de Madagascar allant de pair avec ceux des autres Etats membres, la délégation permanente participe activement aux différents groupes auxquels elle appartient : le groupe Afrique, le groupe des 77 et la Chine, le groupe francophone et le groupe des pays non alignés. Peut-être sa participation au groupe francophone de l’UNESCO a-t-elle contribué à la décision prise par le XIIème Sommet de la Francophonie tenu à Québec du 17 au 19 octobre 2008 de choisir Madagascar comme pays hôte du Sommet de 2010. Je tiens à souligner à cet égard que j’assume également les fonctions de Représentante personnelle du Président de la République de Madagascar auprès de la Francophonie.
A l’UNESCO comme à la Francophonie, la pratique du consensus est de mise - et donc la pratique du fihavanana. Pour l’une autant que pour l’autre organisation, la construction de la paix dans le monde est leur raison d’être - un objectif difficile à atteindre sans le fihavanana.

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