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  Mardi 21 Novembre 2017  
 

Deuxième trimestre 2007

La lettre diplometque
  Editorial
Ghana
  50 ans après l’indépendance du Ghana, l’Afrique est de retour
 
  La Francophonie et le Ghana
 
  Des relations amicales entre la France et le Ghana
 
  La mission diplomatique du Ghana à Bruxelles
 
  Ghana : étoile montante de l’Afrique
 
  Le Ghana stock exchange (GSE) : une place boursière africaine en plein essor
 
  La coopération franco-ghanéenne : des objectifs ciblés, un réseau dynamique
 
  L’Alliance française, vecteur de référence pour l’enseignement du français au Ghana
 
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Le Ghana stock exchange (GSE) : une place boursière africaine en plein essor

Par M. Philippe-Henri Latimier, Ph.D., Président de Montserrat Economic Development Advisory Services (MEDAS)

Le passage de l’économie d’endettement à l’économie de marché des capitaux s’est vu concrétisé dans tous les pays industriels par l’essor et la sophistication des marchés financiers.
On doit à la vérité d’affirmer que c’est le développement des marchés financiers qui permet de résoudre le problème de l’accès au financement long-terme dans un système intermédié. Les marchés financiers ont pour mission cardinale d’assurer le financement de l’économie par appel public à l’épargne en organisant la négociation des titres de propriété et des titres de créances à long terme. L’importance de toute place boursière est à mettre en résonance avec le poids économique du pays d’appartenance. L’Afrique dans sa globalité ne représente aujourd’hui pas plus de 5 % de la capitalisation boursière mondiale. S’agissant du continent africain, les marchés financiers plus qu’ailleurs encore font figure d’élément indissociable à la croissance et à l’essor économique, puisqu’ils offrent aux entreprises la possibilité d’accéder à des financements à long terme à des conditions souvent plus avantageuses que les crédits bancaires. Même si près de 75% de la capitalisation boursière africaine se situe sur le marché sud africain, il convient de retenir ici que l’évolution à ce jour depuis juillet 1991, date du lancement effectif de la Bourse des valeurs du Ghana, est spectaculaire. Le ratio de la capitalisation boursière au PNB rend compte ici du fait que près d’une trentaine d’entreprises publiques ou étrangères ont été privatisées ou introduites en bourse. On compte à cet égard des banques comme la CAL Bank Ltd, Ecobank Ghana Ltd, la Ghana Commercial Bank Ltd, HSF Bank Ltd, la Trust Bank Ltd et aussi une filiale de la Société Générale, la SG-SSB Ltd sur les 29 entreprises cotées au GSE. S’y échangent également les titres de grandes sociétés telles la Total Petroleum Ghana Ltd, Unilever Ghana Ltd, British American Tobacco Ghana Ltd, AngloGold Ashanti Ltd, CFAO Ghana Ltd pour ne citer ici que quelques noms.
Force est de constater que c’est la bourse du Ghana qui a connu ces dernières années la plus forte progression dans toute l’Afrique après celle du Nigeria.
Et il se trouvera de nombreux observateurs pour dire qu’elle constitue à cet égard, un exemple de réussite susceptible d’inspirer un grand nombre de pays africains.
Trois marchés distincts au Ghana permettent aux entreprises de s’introduire en bourse : le premier marché ( FOL), le second marché (SOL), et le troisième marché (TOL).
Le premier marché est le marché sur lequel sont présentes les entreprises de grande taille.
Dans le cadre de ses attributions et prérogatives, le Conseil de la Bourse du Ghana veille au contrôle de l’information, à l’organisation et au contrôle des prestataires de services d’investissement agréés ainsi que des sociétés de gestion de portefeuille.
Il est urgent de rappeler ici qu’à l’économie d’endettement, l’on oppose l’économie de marchés financiers.
Le particularisme du Ghana vient de ce qu’en l’absence d’un marché du crédit à long-terme, une forte majorité des entreprises ghanéennes financent leur croissance en empruntant à court terme auprès des banques. La notion de dette financière est remplacée de fait par celle de dette court-terme « revolving ». Certains accusent ce phénomène de perturber les « bonnes » lois naturelles du financement moyen et long-terme de l’économie, et d’en freiner le développement.
D’autres y voient la raison du succès spectaculaire du marché boursier d’Accra.
Pour notre part, nous estimons que l’existence d’un marché obligataire destiné à assurer le financement à moyen et long-terme des entreprises est le complément indispensable en marge du crédit-bail, au soutien d’un marché boursier actif.
On le voit, en dépit de ses mérites incontestables, il reste encore du chemin à parcourir pour voir le Ghana se hisser au niveau de sophistication d’une place financière occidentale, mais les lignes devraient bouger dans un proche avenir. Et il est utile de dire qu’à Accra, l’efficacité opérationnelle des marchés boursiers s’est fortement accrue, sous l’effet conjugué de la dérégulation, de la technologie et de la concurrence entre marchés. Cette tendance devrait encore s’intensifier, ou la consolidation de l’industrie des marchés financiers n’en est qu’à ses débuts. A l’instar d’Ecobank, la multi-cotation des sociétés sur plusieurs places boursières africaines appartenant à des fuseaux horaires différents devrait s’accélérer, améliorant la qualité des informations dont disposent les investisseurs et renforçant l’importance croissante prise par les marchés financiers dans le système financier global.
Dans la même veine, nous sommes de ceux qui pensent que la présence d’un marché obligataire destiné à mobiliser les ressources pour le financement de grands projets industriels est un élément essentiel de cette dynamique. Développements technologiques, dérégulation accrue, consolidation de l’industrie, baisse des coûts de transaction, amélioration des flux d’informations disponibles, tout ceci devrait rendre les marchés financiers du Ghana encore plus efficients qu’ils ne le sont déjà. Gageons que le Ghana s’impose comme le moteur d’une évolution de l’économie africaine qui sera de plus en plus marquée par l’élargissement consubstantiel de ses marchés boursier et obligataire sur lesquels la qualité des informations communiquées aux investisseurs et leur nécessaire harmonisation comptable à l’échelle internationale, constituera le meilleur gage de transparence et d’appréciation !
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