Mardi 16 Juillet 2019  
 

N°123 - Troisième trimestre 2018

La lettre diplometque
  Éditorial
Côte d'Ivoire
Suède
  Un partenariat entre la Suède et la France fondé sur des valeurs communes
 
  Un rapprochement porté par des intérêts stratégiques communs
 
  La Suède, un partenaire pionnier dans la lutte contre le changement climatique
 
  L’innovation au cœur des relations entre la France et la Suède
 
  400 ans de coopération militaire entre la Suède et la France
 
  « Nos entreprises pourraient mieux faire en Suède »
 
  Une économie européenne en pointe de la R&D
 
  Un partenariat engagé dans l’approfondissement de la coopération économique
 
  La CCSF : un pont entre les milieux d’affaires franco-suédois
 
  Energie : des proximités plaidant pour une coopération active
 
  L’âge d’or des relations culturelles franco-suédoises
 
  Une culture française très prisée en Suède
 
  Des relations d’amitié marquées par le sceau de l’Histoire
 
  Un soutien engagé à l’UNESCO et au système onusien
 
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Innovation, Europe, défense : priorités du dialogue franco-suédois

Entretien avec S.E.Mme Veronika WAND-DANIELSSON,
Ambassadeur de Suède

Deux cents ans après l’accession au trône de Suède de Jean-Baptiste Bernadotte, les liens franco-suédois restent privilégiés. À l’occasion des célébrations de ce bicentenaire, S.E.Mme Veronika Wand-Danielsson, Ambassadeur de Suède en France, nous explique le renouveau de la coopération bilatérale à travers la mise en œuvre d’un partenariat stratégique pour l’innovation et les solutions vertes. Dans un contexte politique suédois modifié par les élections législatives du 9 septembre 2018, elle aborde également pour nous l’impact des migrations sur la cohésion de l’Union européenne et les défis de la diplomatie suédoise en matière de défense.

La Lettre Diplomatique : Madame l’Ambassadeur, les célébrations en 2018 du bicentenaire de l’accession au trône de Suède de Jean-Baptiste Bernadotte mettent en relief les liens singuliers que partagent la Suède et la France. Comment se manifeste cet héritage historique dans les relations franco-suédoises contemporaines y compris au plan des affinités culturelles ?

 S.E.Mme Veronika WAND-DANIELSSON : Tout d’abord, je souhaiterais vous faire remarquer qu’il est quand même fabuleux qu’une famille française règne en Suède depuis deux cents ans. Tous les Suédois savent que Bernadotte est d’origine française, ce qui crée forcément des affinités. 
Un des événements phare des célébrations du bicentenaire de l’accession au trône de Suède de Jean-Baptiste Bernadotte a été la visite le 8 octobre 2018 de S.M. le Roi Carl XVI Gustaf à Pau, où il a réinauguré le musée Jean-Baptiste Bernadotte. Il y a quelques années déjà, il avait constaté sa vétusté. Grâce à la mobilisation et la générosité de la ville de Pau et surtout celle Maire, M. François Bayrou et de l’engagement de mécènes suédois et de l’association des Amis du Musée Bernadotte, l’établissement a pu être rénové.
D’autres membres de la famille royale, ainsi que de prestigieux invités suédois et français ont participé à cet événement. S.M. Carl XVI Gustaf et la Princesse héritière Victoria ont également planté un chêne au Parc Beaumont, à l’endroit même où son ancêtre, le Roi Oscar II, avait planté un magnolia en 1899. De manière très symbolique, une petite branche de cet arbre sera rapportée en Suède à la future princesse héritière Estelle, fille ainée de la princesse Victoria. 
Tout au long de l’année, plusieurs concerts, expositions et séminaires ont en outre été organisés autour de l’histoire de Bernadotte, mais aussi de l’ensemble de la famille royale, qui est très populaire en Suède, depuis Oscar 1er jusqu’à aujourd’hui.

L.L.D. : Au-delà du symbole, dans quelle mesure la visite officielle effectuée à cette occasion par S.M. le Roi Carl XVI Gustaf peut-elle contribuer à l’approfondissement des liens d’amitié entre la Suède et la France ?

S.E.Mme V.W-D. : Le Roi représente l’image de la Suède à l’étranger. Il incarne l’histoire du pays et sa grandeur. Lorsque je suis arrivée en poste en France, l’une de mes premières missions a été de préparer la visite d’État du couple Royal qui s’est déroulée du 2 au 4 décembre 2014. Il était alors accompagné d’une grosse délégation composée d’une quarantaine de chefs d’entreprises et de ministres. Le programme de cette visite était très riche, avec la tenue d’une Conférence de haut niveau sur l’environnement et l’énergie renouvelable organisée à l’initiative des deux pays. Au nom de S.M. la Reine Silvia, le Prix franco-suédois pour les jeunes chercheurs en France a été remis à l’hôpital Necker de Paris. La recherche et la haute technologie avaient également été des thèmes clés avec la visite du Centre spatial de Toulouse (CST).
Ce déplacement fut la première visite d’État en France du Roi de Suède depuis celle qu’il avait effectuée sous la présidence de M. Valéry Giscard d’Estaing, en juin 1980. Elle promettait donc d’insuffler un nouvel élan à nos relations bilatérales. Mais un mois après, le terrible attentat terroriste de Charlie Hebdo du 7 janvier 2015, a interrompu cette dynamique. Pour des raisons compréhensibles, les enjeux de sécurité et de la lutte contre le terrorisme sont alors devenus les priorités de l’agenda politique en France et en Europe. Le Premier Ministre Stefan Löfven, qui venait d’être nommé à la tête du gouvernement suédois en septembre 2014, a d’ailleurs effectué sa première visite officielle en France à l’occasion de la marche organisée le 11 janvier 2015 en mémoire des victimes de l’attentat de Charlie Hebdo.

L.L.D. : Le 17 novembre 2017 le Premier Ministre suédois Stefan Löfven et le Président français Emmanuel Macron ont lancé un partenariat stratégique franco-suédois pour l’innovation et les solutions vertes. Pourriez-vous nous en expliquer les origines et les objectifs ?

S.E.Mme V.W-D. : Le partenariat entre la Suède et la France résulte d’une initiative suédoise visant à renforcer la coopération économique et scientifique entre nos deux pays. Une initiative similaire existe aussi avec l’Allemagne, mais je dois dire qu’en peu de temps nous avons su avancer très vite avec la France. 
Notre objectif est d’impulser une nouvelle dynamique aux relations franco-suédoises. Au-delà de l’essoufflement provoqué par les attentats de janvier 2015, j’ai pu constater le manque d’intérêt des entreprises suédoises pour le marché français lors de ma nomination en tant qu’Ambassadeur de Suède en France en 2014. Celles-ci étaient davantage tournées vers les marchés britannique ou allemand. Le groupe Wallenberg, par exemple, réalisait alors 50% d’investissements de plus en Allemagne qu’en France. Comme ambassadeur de Suède en France j’ai essayé de promouvoir, et surtout de mieux expliquer les atouts du marché français. Les propositions d’inspiration suédoise développées dans beaucoup de discours du candidat Emmanuel Macron durant la campagne présidentielle – et aujourd’hui comme président de la République, encouragent à rehausser notre concertation. 
Nous avons identifié de grands secteurs de coopération en matière d’innovation : les transports, les énergies propres et les villes intelligentes, la finance verte, la transformation numérique, l’industrie intelligente et les start-up ainsi que l’innovation en matière de santé et de science de la vie. 
Le gouvernement français s’est rapidement enthousiasmé pour ce projet de partenariat qui a été conclu et signé par le président Macron et le premier ministre suédois Löfven à Göteborg le 17 novembre 2017. 
Une année après, nous avons déjà obtenu de nombreux résultats en particulier dans le domaine des transports. Les ministres respectifs de nos deux pays, Mme Élisabeth Borne et M. Tomas Eneroth, se sont personnellement beaucoup impliqués dans sa mise en œuvre. La Suéde fut invitée comme pays d’honneur au grand salon de Solutrans à Lyon au mois de novembre dernier. Un atelier conjoint, au niveau ministériel, réunissant aussi les principaux acteurs industriels français et suédois s’est tenu en marge de Solutrans.  Le 19 juin de cette année, Mme Borne a visité Göteborg sur l’invitation du ministre Eneroth, pour co-présider le troisième dialogue de haut niveau sur les véhicules autonomes et connectés. Mme Borne a eu alors l’occasion de visiter l’usine du groupe Volvo dont le siège se trouve à Göteborg. J’ajouterais que ce partenariat est également ouvert à d’autres types de coopération européenne. Dans cet esprit, la France pourrait ainsi se joindre au partenariat germano-suédois pour les systèmes de routes électriques (Electric Road Systems).

L.L.D. : En dépit de sa résilience économique, la Suède a vu l’extrême droite progresser à nouveau lors des élections législatives du 9 septembre 2018. Quels enseignements retenez-vous de ces résultats ?

S.E.Mme V.W-D. : Les résultats ne sont pas très étonnants. Les deux grands blocs du paysage politique suédois se sont retrouvés au coude-à-coude : d’une part celui de centre-gauche, alliant le parti Social-démocrate (SAP) et le parti de l’Environnement-Les Verts (MP), et, d’autre part, celui de centre-droit, alliant quatre formations dont le parti des Modérés (M) et le parti du Centre (C) qui veulent présenter une alternative au gouvernement actuel. 
La grande crainte, notamment pour les journalistes et les observateurs étrangers, était celle d’une poussée de l’extrême-droite [le parti des Démocrates de Suède (SD)] à hauteur de 20 à 25%. Finalement, leur score a été plus modeste avec 17,5% des suffrages, ce qui, il faut le reconnaître, constitue une progression tout de même de 5 points en quatre ans. 
Au cours de la campagne électorale, dont la durée est traditionnellement plus courte qu’en France par exemple, beaucoup d’événements ont marqué le débat public, dont les migrations en provenance des pays en guerre du Moyen-Orient et d’Afrique, les prises de positions de pays comme l’Italie et, plus généralement, la montée des populismes en Europe. La sécurité a été un thème moins important qu’on aurait pu le penser, alors que l’éducation, la santé, la situation des retraités, qui sont des enjeux plus classiques, sont revenus en tête des préoccupations des Suédois. 
Cependant, l’extrême droite n’a pas été le seul parti à progresser. Je pense notamment au parti des Chrétiens-démocrates (KD), qui, sous la conduite de la jeune présidente du parti, a beaucoup progressé vers la fin de la campagne en recevant un soutien significatif de l’électorat féminin. 
D’une manière générale, je ne pense pas que ce scrutin remette en cause fondamentalement le paysage politique suédois. Il existe un consensus au centre-gauche ou au centre-droit pour ne pas laisser une grande influence aux partis extrémistes, de droite comme de gauche. Le parti de la Gauche (Vp) ne participait pas au gouvernement de la coalition SAP-MP de centre-gauche, mais le dialogue était maintenu avec lui et celui-ci avait voté le budget fin 2014. On ne peut pas préjuger des résultats des négociations en cours dans la formation d’un nouveau gouvernement, mais avec près de 60 sièges (sur 349) pour le SD au Riksdagen, il est certain que le poids politique de celui-ci ne peut plus être ignoré.

L.L.D. : Alors que la politique d’asile suédoise a été durcie dès la fin 2015, comment expliquez-vous que le thème de l’immigration soit devenu décisif lors de ce scrutin ?

S.E.Mme V.W-D. : De fait, la crise migratoire a influencé les élections législatives de septembre 2018 et elle continuera d’influencer le débat européen. 
En 2015, l’afflux de migrants en Suède a été massif et intense. Face à la situation d’urgence humanitaire, nous avons alors décidé d’accueillir un nombre substantiel de ces réfugiés, dont 163 000 ont obtenu le droit d’asile. 
Nous nous sommes assez rapidement rendu compte des difficultés engendrées par cette situation. Nos bonnes intentions n’ont pas suffi pour accueillir ce grand nombre de réfugiés. Notre système d’accueil s’est trouvé dépassé en termes de capacités techniques, d’autant que près de 30% des réfugiés étaient des enfants non accompagnés, ayant donc des besoins spécifiques différents de ceux des adultes. Les centres d’accueils, y compris les écoles, surtout au sud du pays, se sont retrouvées débordées. 
La Suède est un pays très attaché à ses valeurs. Nous voulons être un pays généreux et solidaire, mais nous sommes également soucieux du respect de nos valeurs par ceux que nous accueillons. Ces questions n’étaient peut-être pas aussi importantes il y a quelques années, je crois qu’elles font maintenant consensus dans les partis de gauche comme de droite. 
Dans ce contexte, le gouvernement suédois a fermé sa frontière avec le Danemark dès décembre 2015. Cette décision s’accompagnait d’une profonde déception suscitée par le manque de solidarité européenne. Avec l’Allemagne, la Suède a compté parmi les pays les plus engagés sur cette question. Bien entendu, nous avons reçu notre lot de critiques selon lesquelles nous serions allés trop vite, sans consulter les autres pays de l’UE. Notre gouvernement avait très tôt plaidé pour l’adoption d’un système de partage équilibré entre les membres de l’Union Européenne et demandé à ce que la Commission européenne joue un rôle de coordination en matière de politique d’asile commune : autant de mécanismes qui n’ont pas été respectés ou mis en œuvre pleinement par certains États membres. Or, la Suède n’a fait que respecter les valeurs européennes et appliquer les conventions internationales en accueillant ces populations fuyant la guerre dans leur pays. 
Je note aujourd’hui une certaine prise de conscience au sein de l’UE, notamment au travers des discussions relatives au futur budget européen. Ainsi, le gouvernement suédois n’a pas hésité à établir un lien entre la contribution suédoise aux fonds européens de cohésion et le partage des responsabilités en matière migratoire. D’autres mécanismes sont également évoqués, par exemple pour compenser les pays, les régions ou les communes d’accueil.

L.L.D. : Pensez-vous qu’il soit plus difficile pour un pays comme la Suède, qui n’a pas de passé colonial, de faire face à cette immigration au plan culturel ? Comment considérez-vous les solutions à plus long terme évoquées au sein de l’UE pour surmonter ce défi ?

S.E.Mme V.W-D. : Je ne pense pas que les difficultés d’intégration soient liées à des questions ethniques ou religieuses. Nous avons une tradition historique d’accueil qui résulte sans doute du fait que nous avons nous-mêmes été un peuple de migrants. À la fin du XIXème siècle, alors que la Suède était très pauvre, 20% des hommes et 15% des femmes ont ainsi émigré aux États-Unis. 
Tout au long de notre histoire récente, nous avons accueilli des populations en provenance notamment du Chili, à l’époque de Pinochet, des Balkans, de l’Iran, et plus récemment d’Irak en 2003. Ces dernières, dont une large partie était de confession sunnite et chiite, se sont bien intégrées à la société suédoise.
Mais ces différentes vagues ne sont pas comparables à l’afflux de migrants auquel nous avons eu à faire face en 2015. C’est plutôt l’ampleur et la rapidité des arrivées qui a modifié la perception suédoise des migrations, laissant craindre, à tort ou à raison, qu’elles peuvent remettre en question nos traditions et nos valeurs. 
Nous devons continuer à nous montrer solidaires, au sein de l’UE, pour faire face à ce genre de crises migratoires d’ampleur. Il faut également s’efforcer de trouver des solutions à plus long terme car la question migratoire représente un défi pour l’Europe à l’horizon des dix, vingt ou trente prochaines années. Elles pourraient passer par une coopération accrue dans ce domaine avec des pays de transit de l’Afrique du Nord, dans le respect de leur souveraineté et en tenant compte des défis auxquels ils se trouvent eux-mêmes confrontés. 
À plus longue échéance, nous devons accentuer notre coopération avec les pays en développement en général. Je suis convaincu que la véritable solution se trouve dans le soutien à l’émergence d’économies solides. Certains pays sont déjà sur cette voie comme le Nigeria où j’ai vécu cinq ans. Les solutions doivent également être de nature intra-africaines, plutôt que de continuer à assister à ces vagues de populations déracinées, bien trop souvent à la merci de trafiquants et, qui plus est, qui ne parviennent pas à trouver d’emploi et à s’intégrer, dans des sociétés loin de leurs pays d’origine.

L.L.D. : L’immigration, mais aussi la gouvernance politique et économique et financière, l’État de droit, ou encore la politique- étrangère et de défense figureront parmi les grands enjeux des élections européennes qui se dérouleront du 24 au 26 mai 2019. Quelle analyse faites-vous de la portée de ce scrutin pour l’avenir de l’Union européenne (UE) et de sa construction au plan politique ?

S.E.Mme V.W-D. : Ce scrutin représente en effet un enjeu majeur pour l’agenda européen. À la lumière des résultats, la priorité devra être la consolidation de la cohésion de l’UE. Il faut bien garder à l’esprit le Brexit et le basculement de l’équilibre au sein de l’Union européenne qu’il implique. 
Au cours de ma carrière, je me suis beaucoup consacrée aux questions européennes. Je retiens de cette expérience que chaque pays a ses propres critères pour définir les enjeux de l’avenir de l’UE. Par exemple, les questions identitaires ne sont pas les mêmes partout. En matière de sécurité et de défense, des pays comme la Suède et la France ne partagent pas nécessairement les mêmes défis ou priorités : pour la Suède c’est l’Est qui nous inquiète, tandis que pour la France c’est plutôt le Sud.
La force de l’UE, c’est justement de chercher à répondre aux préoccupations de chacun tout en valorisant les apports des visions et des cultures qui la composent, du nord au sud et de l’est à l’ouest. Aussi, devrait-on prendre garde à ne pas essayer d’aller trop vite dans la poursuite de la construction européenne. 
Je suis préoccupée par les risques de certaines dynamiques laissant entrevoir l’affirmation d’une Europe à plusieurs vitesses. Cela peut paraitre comme une bonne solution à court terme, mais représente un risque à long terme pour la cohésion et l’unité de l’UE. Certains États membres pourraient sentir qu’ils ne font plus pleinement partie de la famille européenne et peuvent donc se comporter ainsi. Je peux comprendre que certaines dérives suscitent des mécontentements. Mais, je pense que nous avons intérêt à accorder davantage de temps à ces pays pour qu’ils puissent s’adapter, et ainsi éviter que les écarts se creusent entre Etats Membres, qu’ils soient de nature économique, politique ou en termes de niveau de développement. L’Europe ne peut se résumer aux intérêts et aux points de vue de deux ou trois grands pays. Mon gouvernement soutient pleinement le travail du Conseil et de la Commission européenne et les priorités rappelées par le président de la Commission Juncker ainsi que les efforts de construire une Europe encore plus unifiée. L’Union européenne peut avoir un impact aussi au niveau global si elle reste unie, forte et efficace.

L.L.D. : Le Brexit a marqué un tournant dans l’histoire de l’UE. Quel regard portez-vous sur ses conséquences ?

S.E.Mme V.W-D. : Le départ de la Grande-Bretagne représente, en effet, un événement désastreux et regrettable. Nous en sommes très malheureux car c’est un pays ami et voisin avec lequel nous partageons tant de choses en commun. Qui plus est, elle représente un grand marché pour notre pays car elle accueille aujourd’hui quelque 100 000 ressortissants suédois. 
Il faut maintenant parvenir à un divorce à l’amiable et mutuellement acceptable pour les deux parties afin que l’on puisse se concentrer sur l’avenir et la conclusion d’un nouvel accord de coopération ambitieux. Surtout, nous ne devons jamais fermer les portes à un éventuel retour des Britanniques au sein de l’UE. 
Bien entendu, il convient de rester très clair. Il n’y a pas de place pour le « cherry picking », autrement dit, le marché intérieur ne doit pas être remis en question. C’est une priorité importante que nous partageons avec le gouvernement français. 
Il faudra aussi savoir se montrer pragmatique et chercher à compléter l’avenir des relations des États membres de l’UE avec la Grande-Bretagne, aussi au plan bilatéral. Je pense à cet égard que la France a été assez subtile en trouvant une entente en matière de coopération de défense et de sécurité, ce qui représente un enjeu prioritaire pour les deux pays. De la même manière, notre pays identifiera les sujets les plus importants dans la poursuite de notre partenariat bilatéral avec la Grande-Bretagne. 
Comme je l’ai évoqué auparavant, le Brexit a entrainé un basculement de l’équilibre au sein de l’Union européenne et de ses institutions, ne serait-ce qu’en raison du poids qu’occupait la Grande-Bretagne au sein de l’UE. Il faut maintenant que la construction européenne puisse se poursuivre. Même si nous reconnaissons le rôle moteur du couple franco-allemand, il faut veiller à préserver les principes de consensus de l’Union. Plus concrètement, la Suède salue par exemple les propositions françaises pour revitaliser la coopération européenne. Mais, encore une fois, il faut également prendre garde à ne pas aller trop vite, à tenir compte des intérêts stratégiques de tous les États, ainsi que de leurs différences culturelles et de fonctionnement institutionnel.

L.L.D. : La Suède a voté par referendum en faveur de l’adhésion à l’UE il y a 24 ans. Quel bilan faites-vous de cette appartenance ? Alors que votre pays n’est pas membre de l’euro, dans quelle mesure envisagez-vous un renforcement de son engagement dans la construction européenne ?

S.E.Mme V.W-D. : La Suède est un pays très attaché à l’UE. Dès notre adhésion, qui a résulté du référendum de 1994, l’UE nous a, en quelque sorte, permis de sortir de nos propres frontières et nous a ouvert une plateforme de consultation, de coopération et d’action commune. Cette appartenance s’est avérée très positive pour notre pays. Tous les sondages le confirment encore aujourd’hui.
Je tiens à vous faire remarquer que lors de l’élaboration du traité de Lisbonne, nous n’avons même pas demandé d’option de retrait. En revanche, la population suédoise a eu plus de mal à accepter l’introduction de l’euro, ayant perdu un referendum sur la question en 2003. Nous avons en effet vu des États-membres s’accommoder des critères de convergences sans toujours les respecter, alors qu’une forte pression était mise sur d’autres pays pour qu’ils respectent ces mêmes critères. Dès lors que l’on n’est pas sûr d’être traité de la même manière, nous préférons ne pas être candidat, ce qui ne veut pas dire que nous ne sommes pas aptes à adopter la monnaie unique. 
Enfin, j’ajouterais que l’appartenance de la Suède à l’UE n’est plus remise en cause au plan politique, y compris par l’extrême-droite qui semble avoir abandonné l’idée de quitter l’UE.

L.L.D. : Avec une croissance du PIB supérieure à 3% depuis plusieurs années, un taux d’endettement de 38%, des comptes publics excédentaires et un taux de chômage de 6,1%, la Suède est une des économies les plus solides et dynamiques de l’UE. Comment caractériseriez-vous ses atouts notamment en terme de compétitivité et d’attractivité auprès des entreprises étrangères ?

S.E.Mme V.W-D. : Un des grands atouts de la Suède est qu’elle est historiquement tournée vers l’extérieur. Depuis le temps des grands navigateurs Vikings au moins, nous avons toujours cherché à nous adapter à nos spécificités géographiques et démographiques, à savoir un vaste territoire relativement peu peuplé. 
C’est aussi pour cela que la question migratoire ne nous est pas étrangère comme je vous l’ai déjà expliqué. La population suédoise a elle-même émigré en s’ouvrant à de multiples sources d’influences économiques et culturelles tout au long de notre histoire. Au XVème siècle, l’allemand était très parlé à Stockholm, cette langue ayant été adoptée par l’administration après la période des Vasa (1523-1611). Sous le règne de Gustav III, ce fut plutôt la culture française qui influença la Suède. 
Aujourd’hui, notre pays compte 10 millions d’habitants. À l’inverse de la France, nous ne pouvons pas compter sur un grand marché intérieur. Nous sommes donc très dépendants de nos exportations, ce qui nous contraint à innover toujours davantage pour rester compétitifs. 
Ces conditions ont constitué un terreau favorable à l’esprit d’initiative et d’adaptation. Notre aptitude à nous remettre en question et à nous réformer est une caractéristique de notre pays. Il n’y a qu’à voir à quel point les modes vestimentaires y passent vite et combien la réactivité des grands noms de la mode suédoise est le moteur de leur succès à l’étranger. Dans un tout autre domaine, des entreprises comme Scania, spécialisée dans la construction de bus et des camions, a paradoxalement su faire de la protection de l’environnement son fer de lance. 
Nos entreprises ne s’efforcent pas seulement d’innover dans leur production, mais également dans leurs méthodes de management. Beaucoup d’efforts sont ainsi consacrés à la formation continue. Dans la mentalité suédoise, protéger le travailleur revient à protéger l’entreprise. Patronat et syndicats tentent d’anticiper les nécessaires phases d’adaptation à la demande du marché. Grâce à cette concertation, à la protection sociale et au système de formation et de reconversion, jusqu’à 80% des salariés retrouvent du travail. C’est ce que l’on appelle la « flexisécurité ». 
Tout l’écosystème de l’économie suédoise repose sur la solidarité. Cette culture du consensus tient à notre attachement au respect des règles adoptées. C’est sans doute un héritage de notre culture protestante mais aussi une valeur de la social-démocratie à laquelle nous sommes attachés, à savoir le respect de l’autorité et du consensus présidant à la prise des décisions. 

L.L.D. : La visite officielle du chef de l’État français en Suède en novembre 2017 s’inscrivait dans le cadre du Sommet social européen de Göteborg. Comment avez-vous accueilli ses propos sur les atouts du modèle social suédois ?

S.E.Mme V.W-D. : Nous sommes sensibles à l’intérêt que portent le chef de l’État français et, plus largement, le gouvernement du Premier Ministre Édouard Philippe, au système suédois. Cependant, la récente visite d’État au Danemark du Président Emmanuel Macron témoigne aussi de la source d’inspiration que représente aujourd’hui le fonctionnement des pays nordiques.

L.L.D. : La Suède et la France partagent un engagement militaire sur plusieurs théâtres d’opérations commun en Afrique et, notamment, au sein de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA). Comment définiriez-vous la coopération de défense entre les deux pays ?

S.E.Mme V.W-D. : Nous avons en effet commencé à approfondir la coopération militaire entre nos deux pays. Après les attentats de Paris et de Saint-Denis le 13 novembre 2015, la Suède a été l’un des premiers pays à répondre présent quand la France a déclenché l’article 42.7 du traité de Lisbonne sur la solidarité européenne en cas « d’agression armée » sur le territoire d’un État membre. Par la suite, nous avons fourni une capacité de transport aérien aux forces françaises au Mali, et nous avons renforcé notre participation à la MINUSMA ainsi qu’à la Mission de l’UE pour la formation de l’armée malienne. Aujourd’hui c’est un général suédois Dennis Gyllensporre, qui a pris le commandement de la MINUSMA. 
Nos deux pays entretiennent également des liens étroits dans le domaine du renseignement et de plus en plus en matière d’armement, dans le cadre notamment des programmes Bonus (BVRAAM) et du missile air-air Meteor.

L.L.D. : État membre participant à la « Coopération structurée permanente » (CSP) établie le 11 décembre 2017 par le Conseil de l’UE, la Suède a été critiquée pour son choix en faveur du système de défense anti-aérien américain. Comment percevez-vous ces critques ? Au-delà de son attachement au non-alignement, comment votre pays entend-il renforcer sa contribution à l’affirmation d’une Europe de la défense ?

S.E.Mme V.W-D. : Nous comprenons la déception suscitée par notre choix en faveur du système de défense anti-aérien Patriot. Mais nous l’assumons pleinement. La Suède souhaitait pouvoir acquérir cet équipement dans des délais très courts, un impératif auquel l’industrie française ne pouvait répondre. Notre choix ne remet donc absolument pas en question notre participation au renforcement de l’Europe de la défense.
Comme je l’ai évoqué, la Suède participe à plusieurs programmes d’armement européen. Elle est membre de la Coopération structurée permanente (CSP) mise en place en novembre 2017. Cet engagement résulte néanmoins d’un consensus que nous avons dû prendre le temps de réunir. La Suède cultive, en effet, une politique de défense indépendante, qui a évolué en cherchant à se préserver d’une adhésion à part entière à toute forme d’alliance. 
De même, nous sommes très attachés aux liens transatlantiques, tout comme la France d’ailleurs – qui occupe des postes au plus haut niveau du commandement de l’OTAN. Mais, paradoxalement, la perspective d’une adhésion à l’OTAN ne réunit pas un consensus suffisant au sein de la société suédoise. Nous essayons néanmoins d’utiliser au maximum les possibilités de coopération dans ce cadre.
De notre point de vue, les outils de la défense européenne, tout en tenant compte du poids de pays comme la France ou l’Allemagne, restent largement insuffisants face aux menaces actuelles et aux capacités militaires de pays comme la Russie. Dès lors, nous restons très attachés au maintien de liens stratégiques et militaires étroits avec l’Alliance atlantique et avec les États-Unis, indépendamment des désaccords que nous pouvons avoir avec l’actuelle administration sur certains points. L’Europe de la défense ne peut pas encore se faire sans le soutien transatlantique.

L.L.D. : Le dernier sommet de l’OTAN s’est tenu les 11 et 12 juillet à Bruxelles dans un climat de tensions. Quel regard portez-vous sur la volonté de certains États d’accélérer le renforcement de l’autonomie de défense européenne comme le souhaite la France ?

S.E.Mme V.W-D. : Il est certain que les États membres de l’UE ont le devoir de mettre en place une Europe de la défense qui finira par émerger, peut-être, d’ici 30 ou 40 ans. Mais, l’Europe ne dispose pas pour le moment d’une autonomie en matière de défense. Pour avoir été Ambassadeur, Représentant de la Suède comme pays partenaire auprès de l’OTAN pendant sept ans, je crois pouvoir affirmer que les capacités européennes sont clairement insuffisantes dans un grand nombre de domaines. Le lien transatlantique en matière de défense reste donc essentiel pour la sécurité européenne et l’idée d’une « autonomie stratégique européenne » nous semble plus théorique que réel. 
L’Europe a pourtant fait de grandes avancées ces dernières années avec de nouveaux instruments et outils destinés à renforcer la coopération entre les Etats membres en matière de défense. Un pas essentiel était la décision des dirigeants de l’UE en juin 2017 de lancer une coopération structurée permanente afin de renforcer les capacités de défense européennes. Mais nos leaders ont aussi décidé d’approfondir la coopération entre l’UE et l’OTAN surtout en matière de lutte contre le terrorisme, les menaces hybrides ainsi que la cybercriminalité. L’importance du lien transatlantique était à nouveau reconnue et reconfirmée, aussi par l’UE. 
Et à ceux qui prétendent que les prochaines guerres seront hybrides, je me permets de leur rappeler le conflit ukrainien. Le conflit de 2008 en Géorgie avait représenté un premier avertissement. En 2014, la crise ukrainienne a marqué un grand tournant : le risque d’un conflit est redevenu un vrai sujet. Depuis lors, la priorité des efforts militaires suédois se concentre de nouveau dans le domaine de la défense territoriale qui a trop longtemps été négligée. Nous avons rétabli un service militaire obligatoire qui avait été abandonné il y a quelques années seulement. Cette stratégie s’inscrit en outre dans le cadre d’une politique d’étroite coopération avec nos partenaires régionaux comme la Finlande, mais aussi, par exemple avec l’Allemagne, la Grande-Bretagne ou encore, bien sûr, les Etats-Unis. 
Après la chute du mur de Berlin, avec le rétablissement de la paix en Europe, notre pays s’était engagé dans des missions à l’étranger. Nous avons ainsi participé à la Force d’assistance et de sécurité en Afghanistan (ISAF). Nous sommes également intervenus dans les Balkans et nous avons été l’un des rares États non membre de l’OTAN à intervenir en Libye. Une grande partie de ces interventions dans des pays en crise ont été possibles parce que notre sécurité territoriale était assurée. Aujourd’hui nous devons de nouveau nous reconcentrer sur notre défense territoriale.

L.L.D. : Depuis la fin de la guerre froide, la défense des valeurs de la démocratie est devenue l’élément fédérateur de l’OTAN. Comment analysez-vous l’impact sur la cohésion de l’Alliance atlantique de la dérive de certains États membres vers des régimes autoritaires comme certains observateurs le pensent de la Turquie ?

S.E.Mme V.W-D. : La défense des valeurs de la démocratie est non seulement l’élément fédérateur de l’OTAN mais aussi de l’UE. Nous avons dans l’enceinte de l’UE déjà un nombre de défis à surmonter en termes de défense de nos valeurs européennes. N’étant pas membre de l’Alliance, ce n’est pas à l’ambassadeur de Suède de se porter juge d’une discussion sur la cohésion de l’Alliance atlantique. Je ne pense pas non plus qu’il y ait un lien direct entre la montée des populismes et la cohésion au sein de l’OTAN. Pour ce qui est du cas de la Suède c’est plutôt l’insécurité dans notre voisinage qui a eu pour effet même de renforcer les arguments des partisans d’une adhésion. À mon sens, l’OTAN fonctionne très bien et le renforcement de la présence de l’OTAN en Europe du Nord renforce la sécurité dans notre voisinage et nous nous en réjouissons.

L.L.D. : Jusqu’en décembre 2018, la Suède a siégé comme membre non permanent au sein du Conseil de sécurité des Nations unies. Quel bilan pouvez-vous dresser de ce mandat ?

S.E.Mme V.W-D. : Notre participation au Conseil de sécurité des Nations unies, qui s’achèvera en décembre 2018, s’est avérée très positive. Nous en avons assumé la présidence à deux reprises pendant un mois aux cours de ces deux années de mandat.
Dans ce cadre, la diplomatie suédoise a eu l’occasion d’intervenir davantage sur les grands enjeux internationaux. Notre activité diplomatique a aussi été facilitée par le fait que nous n’avons pas « d’agenda caché » : la Suède n’est pas une ancienne puissance coloniale et n’a pas d’intérêts stratégiques, géographiques ou militaires. Nous sommes perçus comme un pays européen qui essaie de trouver des solutions concrètes pour répondre à des besoins sécuritaires et humanitaires. De plus, notre pays est un grand bailleur de fonds humanitaires. Nos homologues au Conseil de sécurité ont également perçu notre participation de manière positive, nous considérant comme un interlocuteur objectif entre les membres permanents du Conseil de sécurité. L’Ambassadeur Olof Skoog, Représentant permanent de la Suède auprès des Nations unies, a accompli un excellent travail pour faciliter un dialogue plus constructif, comme l’a illustré l’organisation du traditionnel séminaire annuel de réflexion informelle en présence du Secrétaire général des Nations unies, à Backåkra, dans le sud de la Suède, dans la ferme de l’ancien Secrétaire général de l’ONU, Dag Hammarskjöld. C’était d’ailleurs la première fois que cette réunion se tenait à l’extérieur des États-Unis.
Par ailleurs, en tant qu’Ambassadeur à Paris, ce mandat nous a permis de renforcer davantage notre concertation avec le Quai d’Orsay. Nos relations sont en effet excellentes.

L.L.D. : À l’initiative de la Ministre suédoise des Affaires étrangères, Mme Margot Wallstrom, le gouvernement suédois a publié, le 23 août 2018, un livret sur la politique étrangère féministe de la Suède. Pourriez-vous nous expliquer les motivations de cette initiative ?

S.E.Mme V.W-D. : Ce livret a été conçu pour faire un bilan de la diplomatie féministe lancée par le gouvernement suédois dès septembre 2014 et pour en partager les leçons avec les ONG et les chancelleries du monde entier. Il s’inscrit directement dans le prolongement des objectifs du gouvernement paritaire mis en place alors par le Premier Ministre social-démocrate Stefan Löfven. 
C’est en effet la Ministre suédoise des Affaires étrangères, Mme Margot Wallström, qui est à l’initiative de cette politique de soutien au rôle des femmes dans la diplomatie. Celle-ci découle d’un engagement féministe de longue date. Avant d’être ministre, elle avait occupé le poste de Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations unies chargée de la lutte contre les violences sexuelles dans les conflits armés. Cette expérience, dont elle est encore très émue, lui avait permis d’observer la situation terrible de femmes dans des pays en guerre. En 2017, elle a d’ailleurs reçu le prix Agent for Change des Nations unies pour son action en faveur des femmes.
Au début, cette mesure a été souvent raillée. Mais je pense qu’elle est devenue une source d’inspiration, y compris en France, comme j’ai pu le constater en participant à deux audiences de la Délégation aux Droits des Femmes á l’Assemblée nationale. 
Une phrase clé de ce livret est qu’aucune décision qui concerne les femmes ne doit être prise sans la présence d’une femme. Même si la Suède est un pays assez avancé, la parité n’est pas une réalité à tous les niveaux de la société, en particulier dans le secteur privé. On compte beaucoup plus de femmes au sein des conseils d’administration en France qu’en Suède. Au plan salarial, des progrès doivent encore être accomplis. Ce sont autant de déséquilibres qu’il est nécessaire aujourd’hui de changer, en particulier dans le domaine de la diplomatie. La Suède compte aujourd’hui près de 40% de femmes ambassadeurs accréditées. Mais au sein des Nations unies, on peut par exemple constater que seulement 7% de l’ensemble des médiateurs de l’organisation sont des femmes. Et ce, bien qu’il soit démontré que les femmes aient joué à maintes reprises un rôle majeur dans la recherche de terrains d’entente dans le cadre de nombreuses négociations de paix internationales. 
Notre Ministre des Affaires étrangères a désormais identifié une douzaine de femmes diplomates suédoises dotées de solides compétences en matière de médiation en vue de contribuer aux efforts de l’ONU dans le règlement de différends.

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