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Troisième trimestre 2017

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France - Monde Arabe la diplomatie économique en marche !

Par M. Vincent REINA,
Président de la Chambre de Commerce Franco-Arabe (CCFA)

Les pays du monde arabe avec lesquels nous entretenons des liens historiques et humains profonds, sont en pleine transformation, en pleine modernisation, avec une part inhérente de risques, mais aussi d’opportunités à saisir pour nos entrepreneurs. Si l’influence française y est toujours présente, elle est désormais très concurrencée, voire parfois menacée. C’est pourquoi notre réseau diplomatique dans la région reste dense, traduisant un fort investissement de la part de notre pays et la volonté de continuer à y jouer un rôle majeur.
Nous avons un destin commun et c’est ce qu’a bien compris le nouveau président français en dressant une feuille de route audacieuse au Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères avec pour objectif premier de dynamiser notre diplomatie économique. 
Le lien de la France avec la région est avant tout humain quand on se rappelle que plus d’un million de Français, souvent binationaux, vivent dans les pays arabes qui ont bien souvent en partage la pratique de la langue française. Outil de commerce par excellence, notre langue participe sans aucun doute à la construction d’une identité commune entre les Français et une grande partie du monde arabe. C’est aussi pour cela que le Président Macron a mis en exergue dans son premier discours aux ambassadeurs réunis à l’Élysée la nécessité de soutenir massivement la Francophonie.  
La première réception d’État à l’Élysée fut symboliquement pour le Liban, lors de la venue à Paris du Général Michel Aoun, une belle occasion de réaffirmer notre détermination à accompagner tous les efforts internationaux entrepris pour aider ce pays ami, en confirmant l’engagement financier de la France notamment à travers l'action de l'Agence française pour le Développement (AFD) qui a signé depuis 1999 une trentaine d'autorisations de financement pour un montant cumulé d’un milliard d'euros.
Le Premier Ministre Édouard Philippe n’est pas en reste en axant notamment son action par des déplacements de haut niveau au Maghreb avec de nombreuses entreprises, ce qui est fondamental car c'est avec le Maroc, l'Algérie, la Tunisie et la Libye que nous commerçons le plus : 27 milliards d'euros d'échanges en 2015, contre 19,3 la même année avec les pays du Golfe.
Quant au Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, fort d’une expérience personnelle exceptionnelle, il sillonne le Levant, le Mashrek et les pays du Golfe ce qui en dit long sur la volonté affichée au plus haut niveau de l’État de conquérir de nouvelles parts de marché. 
Et saluons déjà les premiers résultats, le dernier en date étant la signature d’un mémorandum d’entente le 9 novembre 2017 à Dubaï entre Mubadala Investment Company, CDC International Capital et Bpifrance, en vue de la mise en place de deux nouveaux fonds d’investissement conjoints à hauteur de 1 milliard d’euros au total. 
Ce qui me permet de m’attarder quelque peu sur les Émirats Arabes Unis qui constituent un réel enjeu pour la France, comme en témoigne le rythme de nos échanges bilatéraux qui en font le 2ème partenaire commercial de la France dans le Golfe, après l'Arabie Saoudite, avec près de 4,7 milliards d'euros d'échanges en 2016, allant de l'aéronautique aux produits de luxe. Culture et éducation, ces deux piliers fondamentaux sont loin d’être remisés au second rang de nos préoccupations et constituent également une priorité car, outre le Louvre, la France est présente avec l'Université Sorbonne Abu Dhabi et y développe des projets communs dans le secteur des énergies renouvelables. Le nombre de Français vivant dans les Émirats est toujours à la hausse, à près de 30 000, et l’on dénombre désormais 600 filiales françaises implantées. C’est donc une zone d’intérêts stratégiques pour nos entreprises avec des projets phares comme l’Exposition universelle Dubaï 2020.
Toujours dans le cadre de notre diplomatie économique, le Président français a par ailleurs affiché un objectif majeur, souhaitant créer un axe intégré entre l’Afrique, la Méditerranée et l’Europe, axe dont les pays du Maghreb seront des partenaires privilégiés, dans tous les domaines de notre coopération, qu’elle soit économique, politique, mais également culturelle.
Cet objectif peut être atteint par un effort accru pour aider nos PME à s'installer sur les marchés extérieurs où nous faisons, hélas, moins bien que certains de nos partenaires européens.
La mesure de la réussite française sera l'augmentation du nombre d'entreprises exportatrices et la pérennisation de leurs flux d'exportation : le Président de la République a confié aux nouveaux dirigeants de Business France la lourde mission de coordonner et de mettre en œuvre ces orientations avec l’objectif de 200 000 entreprises exportatrices d’ici à 2022 contre 125 000 aujourd’hui, et à la clé la création d’un véritable « service public de l’export ». 
Comment participer efficacement à la réalisation de cet enjeu vital pour notre pays ? C’est tout le questionnement qui est le mien et celui de mon équipe depuis mon élection à la présidence de la Chambre de Commerce Franco-Arabe : je milite sans relâche pour la multiplication des actions communes avec l’équipe de France de l’Export qui fait souvent du bon travail - il faut le souligner - même s’il arrive parfois que ces différents protagonistes jouent solo dans leur coin, avec une déperdition d’énergie au final dommageable pour tous.
C’est pour toutes ces raisons que j’ai souhaité établir un partenariat avec Business France qui s’est concrétisé lors d’une signature officielle le 15 novembre 2017 à l’occasion d’un séminaire de travail consacré aux atouts du Proche et Moyen-Orient, marché potentiel de 375 millions d’habitants.
Je pense, en effet, profondément que c’est par la mutualisation des moyens et le mariage des compétences que nous pourrons utilement démultiplier nos actions communes en faveur du redressement du commerce extérieur de la France. 
Cette coopération entre nos deux institutions doit servir le renforcement des relations commerciales et économiques entre les entreprises et les organisations  professionnelles françaises et arabes. Elle est naturelle : Business France, forte de sa puissance institutionnelle comme opérateur officiel de l’État et la Chambre de Commerce Franco-Arabe (CCFA) avec son organisation paritaire qui en fait sa singularité et un atout par son lien direct avec les Chambres de Commerce et d’Industrie des 22 pays de la Ligue des États Arabes.
Chaque partie associera désormais l’autre à l’organisation d’opérations de promotion en montant conjointement des événements thématiques, en renforçant les échanges d´informations et d´expérience. Au-delà du développement des synergies entre nous, nous avons décidé de mettre en œuvre au moins chaque année deux actions concrètes de manière collaborative, sur la base de nos programmations respectives dans la zone de compétence de la Chambre de Commerce Franco-Arabe qui regroupe le Maghreb, le Mashrek et les Pays du Golfe. 
Notre action n’est peut-être pas révolutionnaire mais néanmoins résolue avec une ligne directrice claire : faire toujours plus simple, plus lisible, et plus efficace pour nos entreprises. Nous devons être des facilitateurs, un pont entre deux mondes qui certes travaillent aujourd’hui ensemble mais toujours en deçà de l’excellence des relations politiques qui unissent la France et les pays arabes. Nous sommes des voisins qui avons une longue histoire commune, et notre mission est de faire de cette proximité un atout au service du progrès économique et du développement commercial. C’est toute la raison d’être de la Chambre de Commerce Franco-Arabe et tout ce qui motive avec force mon action à la tête de cette institution. 


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