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Troisième trimestre 2017

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Vicat célèbre le bicentenaire du ciment

Entretien avec M. Guy SIDOS,
Président-Directeur général du groupe Vicat

Immeubles, ponts, routes, le ciment est présent dans tous les aspects de la vie moderne. 2017 marque les deux cents ans de son invention par Louis Vicat, père du fondateur du groupe français Vicat. Revenant sur les atouts de ce matériau de construction, son actuel Président-Directeur général, M. Guy Sidos, nous explique le rôle qu’il a également joué dans l’essor de Vicat, aujourd’hui 3ème groupe cimentier français.

La Lettre Diplomatique : Monsieur le Président, le ciment artificiel a été inventé il y a 200 ans par Louis Vicat. Quel regard portez-vous sur le bicentenaire de cette invention et sur le rôle central qu’elle occupe encore aujourd’hui dans le développement des sociétés modernes ? 

M. Guy SIDOS : L’invention du ciment artificiel par Louis Vicat en 1817 a marqué une étape importante. Après l’âge de pierre et l’âge du bronze, l’humanité entrait dans l’âge du ciment. En effet, à quoi ressemblerait le monde sans ciment ? Moins de ponts, moins de routes, moins d’habitations protectrices…
Abondant et bon marché, il est un matériau moderne, local et facile à mettre en œuvre. Le ciment a amélioré la condition sociale de l’humanité en rendant économiquement accessible au plus grand nombre un habitat de qualité. Il a su s’adapter aux évolutions de notre société ainsi qu’aux besoins actuels de la construction. Le ciment est le matériau des économies bas carbone. Il est intégré, dès sa fabrication, dans les chaines courtes d’économies circulaires. Son usage, lui-même, colle avec notre temps. Le béton, dont le principal composant est le ciment, devient poly-sensoriel, décoratif, solaire, artistique, ludique, drainant, isolant, structurel, translucide. En un mot, le béton se fonctionnalise et contribue à l’efficacité des solutions constructives qu’il rend possibles.
Nous sommes donc très fiers de pouvoir fêter le bicentenaire d’une innovation qui a révolutionné les enjeux technologiques de la construction et amélioré nos vies.

L.L.D. : Troisième groupe cimentier en France, Vicat n’a jamais été racheté. Comment expliquez-vous cette longévité ? Quels sont les atouts de son identité familiale ?

G.S. : Sept générations d’entrepreneurs familiaux se sont succédées depuis l’invention du ciment artificiel pour développer le groupe Vicat dans un processus de consolidation, d’intégration verticale puis de développement international. Chaque génération a su adapter l’entreprise aux contingences de son époque et la développer avec passion pour la transmettre à la génération suivante dans le respect du travail effectué par les collaborateurs du Groupe, eux-mêmes passionnés, sans lesquels cette croissance n’aurait pas été possible.

L.L.D. : Présent dans 11 pays, le groupe Vicat réalise deux tiers de son chiffre d’affaires hors de France. Comment décririez-vous vos priorités en matière de développement international ?

G.S. : Le Groupe a débuté son internationalisation il y a plus de 35 ans en s’installant aux États-Unis. Présent dans cinq zones géographiques (l’Europe, l’Amérique du Nord, l’Asie, l’Afrique et le Moyen-Orient), l’entreprise poursuit son développement dans le ciment dans les pays émergents, là où la demande en matériaux de construction sera la plus forte dans les années à venir.
Dans un environnement international où les cycles économiques peuvent être décalés d’un pays à l’autre, notre modèle a privilégié une diversification géographique, source de résilience.

L.L.D. : Au-delà du ciment, votre entreprise a diversifié ses activités dans la production de béton de second œuvre ou la préfabrication. Quelle part ces activités représentent-elles dans votre chiffre d’affaires et comment souhaiteriez-vous les voir évoluer ?

G.S. : En effet, dans certains pays, le groupe Vicat s’est développé dans des activités complémentaires à ses trois métiers principaux (ciment, béton et granulats), qui lui permettent de développer des synergies, d’optimiser les coûts de production et d’améliorer le service clients.
Chimie du bâtiment, préfabrication de produits en béton, transport de matériaux… des activités complémentaires qui apportent de la valeur ajoutée à nos produits et représentaient 14% du chiffre d’affaires du groupe en 2016.

L.L.D. : En première mondiale, le groupe Vicat a récemment présenté un camion malaxeur associant motorisation GNV (Gaz Naturel pour Véhicules) et bétonnière électrique. Comment qualifieriez-vous l’enjeu du développement durable pour votre entreprise ? Quelle place occupe-t-il dans l’élaboration de vos produits et dans le fonctionnement de vos usines, notamment en matière de gestion des déchets ?

G.S. : Le développement durable est une démarche volontariste intégrée dans la stratégie globale du groupe Vicat. Les actions menées pour réduire la ponction sur les ressources naturelles, pour encourager le recyclage des matériaux de construction ou pour valoriser énergétiquement les déchets s’inscrivent dans cette logique. 
Nos cimenteries sont les maillons de chaines courtes d’économie circulaire. Plus de 20% du ciment sortant de nos usines provient de la transformation de produits autrefois stockés dans des décharges. Ces derniers sont désormais valorisés pour l’énergie qu’ils apportent, en remplacement de combustibles fossiles, ou pour la matière première qu’ils représentent. Nous avons d’ailleurs lancé la marque « Vicat Eco-Valorisation » pour généraliser ce savoir-faire. La juste utilisation des matières premières et la valorisation des déchets s’industrialisent davantage avec cette démarche volontaire, responsable et rentable.
Parallèlement, le Groupe s’est mobilisé pour promouvoir la biodiversité et la sauvegarde des écosystèmes sur les territoires où il est implanté. Nous avons acquis une expertise dans le réaménagement de nos carrières, à la fois à l’issue, mais également pendant leur phase d’exploitation.
Tout cela est rendu possible par l’attention portée aux relations avec les parties prenantes qu’elles soient externes ou internes. Nous sommes convaincus que cette approche industrielle environnementale sera plébiscitée par nos clients.

L.L.D. : Lors de la présentation du Plan climat en juillet 2017, le Ministre de l’Écologie, M. Nicolas Hulot, avait indiqué un objectif de « zéro artificialisation des terres ». Quelles réflexions vous inspire ce débat, relancé par une étude de la Fédération nationale des Safer soulignant une augmentation de l’urbanisation de l’espace agricole et par un projet de taxation des « bétonneurs », selon les termes du Ministre de l’Écologie ?

G.S. : Il est impropre d’attribuer l’artificialisation des terres au béton. Ce sont souvent des routes d’asphalte reliant d’hideux hangars métalliques qui stérilisent nos terres. À l’inverse, le béton est un matériau minimal, propre à accueillir végétaux et insectes, et capable de drainer les eaux. Nos innovations dans ce domaine offrent aux aménageurs des solutions techniques pour construire mieux en abritant la biodiversité et en évitant l’imperméabilisation des sols. En tant que fabricant de matériaux, nous sommes prêts à collaborer pour proposer des solutions en harmonie avec l’environnement. 

L.L.D. : La ville intelligente façonne l’avenir de l’aménagement urbain. Comment votre groupe prend-il part à la recherche de solution dans ce domaine ? Plus largement, comment décririez-vous les priorités de la stratégie d’innovation du groupe Vicat ?

G.S. : Le matériau de construction est la base sur laquelle la ville intelligente grandit. Le ciment, par son abondance, sa durabilité, son faible coût, sa facilité d’utilisation, sa capacité à intégrer des fonctionnalités diverses, parmi lesquelles des outils de connectivité, est le matériau de la ville du futur. 
Notre R&D est axée sur l’environnement, la facilité d’utilisation des produits et l’économie des matériaux. Le groupe Vicat travaille par exemple sur les questions de mobilité urbaine durable (ville laboratoire de Transpolis), de biodiversité (projet Odyssée), de connectivité (Hikob et 360SmartConnect), d’impression 3D, de fonctionnalisation solaire des bétons (avec l’Institut national de l’Énergie solaire – INES), de solutions de réparation expresse des voiries, etc.
La finalité de l’innovation dans la construction consiste à repenser l’habitat et la ville, à inventer de nouveaux modèles de cohabitation et de mobilité respectueux de l’environnement et de la biodiversité.


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