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  Dimanche 22 Juillet 2018  
 

Troisième trimestre 2017

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L’enjeu de l’innovation ouverte

Par M. Martin KERN,
Directeur par interim de l’Institut européen d’innovation et de technologie (EIT)

 De nombreuses discussions ont récemment été engagées sur l’innovation en Europe. Considérant les sept années d’expérience accumulées par la plus large communauté d’innovation européenne, l’Institut européen d’innovation et de technologie (EIT), je suis convaincu qu’il est temps pour l’Europe de renforcer sa cohérence pour concentrer son action sur les défis sociétaux concrets et sur l’innovation ouverte.
Permettez-moi de commencer par évoquer Navya, une entreprise française qui a levé plus de 30 millions d’euros d’investissement en 2016. Navya est spécialisée dans la conception de systèmes électriques autonomes dans le domaine de la mobilité durable. Ses principaux produits d’innovation sont des navettes 100% autonomes, sans conducteur et électriques qui peuvent transporter jusqu’à 15 passagers, rouler en sécurité jusqu’à 45 km/heure et disposer d’une autonomie de 13 heures entre chaque recharge. Cette solution permettra d’optimiser le transport au sein de sites privés (comme les aéroports, les hôpitaux ou les campus).
L’exemple de Navya atteste du soutien que peut apporter l’EIT Digital – notre communauté œuvrant à la transition numérique de l’Europe – pour transformer un fort potentiel en succès commercial. Lorsqu’elle a rejoint la communauté de l’EIT en 2015, Navya avait besoin de lever des fonds. EIT Digital lui a permis de changer d’échelle et d’obtenir l’appui de son écosystème d’affaires européen en l’introduisant auprès d’investisseurs, au Royaume-Uni et en Finlande, et auprès de l’un de ses premiers grands clients potentiels.
L’expérience de Navya témoigne ainsi de la valeur de l’écosystème qui sous-tend les communautés de l’innovation de l’EIT. Celui-ci regroupe les réseaux d’affaires, de formation supérieur et de recherche. Il transforme les meilleures idées en produits, services et emplois, apportant tous types de soutien pour parvenir à percer sur le marché. C’est ce que j’appelle l’innovation ouverte. Le rapport d’évaluation de l’EIT publié par la Commission européenne en octobre 2017 désigne d’ailleurs l’EIT comme étant unique. De son côté, le magazine américain Forbes classe nos entrepreneurs sur leur liste « 30 under 30 » tandis qu’il met en évidence l’importance du travail d’organisations comme l’EIT.
Pour quelles raisons ce travail est-il important ? Nous ne permettons pas seulement l’accès au financement. Nous nous appuyons également sur notre réseau pan-européen de plus de 1 000 partenaires pour aider les start-ups à faire germer leurs idées sur les marchés à travers l’Europe. Je me permets de citer quelques-uns de nos partenaires dans le monde des affaires : Philips, Siemens, Ericsson, Eramet, Engie, S’Tile, Veolia Environnement, Thales, Sanofi-Aventis ; dans le monde académique : l’Université Pierre et Marie Curie, l’Institut national Polytechnique de Toulouse, l’Institut Polytechnique de Grenoble, l’Université Paris-Sorbonne ; dans le monde de la recherche : l’Institut national de la Recherche agronomique, la Fondation de coopération scientifique Campus Paris Saclay, l’AgroParisTech, le Commissariat a l'Energie atomique et aux Énergies alternatives (CEA), l’Institut de Recherche technologique Matériaux, Métallurgie et Procédés. 
La connectivité représente une composante clé de l’innovation ouverte, laquelle constitue un moteur de premier plan de la croissance économique et de la création d’emplois qualifiés. Dans un autre domaine, nous apportons des solutions pour relever des défis sociétaux majeurs. Nous soutenons les innovateurs et les entrepreneurs ayant les meilleures idées dans les secteurs du climat, des énergies durables, du numérique, de l’alimentation, des matières premières et de la santé. Tous les projets que nous soutenons ont pour finalité de bénéficier aux citoyens européens.
L’EIT dispose de plateformes régionales disséminées dans toute l’Europe. En France, elle est présente à travers cinq plateformes d’innovation :
- l’EIT Climate-KIC qui aspire à construire une économie bas carbone en catalysant l’innovation et en apportant sur le marché des solutions de la façon la plus la rapide et la plus efficace, pour lutter contre le changement climatique. 
- l’EIT Digital qui a construit une forte communauté en France, par le biais d’un hub d’innovation siégeant à Paris, dans les locaux de l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (INRIA). C’est un site unique et dynamique où les étudiants, start-ups et partenaires peuvent se rencontrer. Ils coopèrent avec l’Université de Rennes 1 en Bretagne et l’Université Nice-Sophia Antipolis en Provence. 
- l’EIT Health qui a son siège français à Paris et travaille en étroite concertation avec ses partenaires de Grenoble, et qui réunit des partenaires du secteur de la santé dans les domaines de l’industrie pharmaceutique, des technologies médicales, des biotechnologies, des soins de santé et du big data. 
- l’EIT InnoEnergy French Innovation Hub dont le siège est à Grenoble. Il dispense une formation en entreprenariat et soutient les entrepreneurs et les innovateurs. 
- Enfin, l’EIT Raw Materials’ French Innovation Hub, basé à Metz, qui cherche à encourager l’innovation, la création commerciale et la formation dans le secteur des matières premières – tout au long de la chaine de valeurs. 
Des parcours comme celui de Navya sont la preuve que le modèle de l’EIT fonctionne. Et nous avons bien d’autres histoires comme celles-ci. Jusqu’à présent nous avons créé plus de 300 start-ups et soutenu quelque 800 start-ups et scale-ups. Plus de 1 200 étudiants ont obtenus leur diplôme dans le cadre des programmes de formation en entreprenariat de l’EIT et nous en projetons plus de 5 000 d’ici 2020. Des dizaines de milliers ont participé à d’autres activités innovantes et projets d’entreprenariat. Ces étudiants ne cherchent pas seulement des emplois ; ils créent des emplois. À ce jour, nous avons ainsi créé plus de 6 000 emplois et lancé 400 nouveaux produits et services sur le marché utiles aux citoyens européens. Les start-ups et les scale-ups soutenus par la communauté de l’EIT ont levé plus de 600 millions d’euros de capital externe, dont seulement 150 millions d’euros en 2016. Cela montre que les investisseurs externes sont prêts à mettre des moyens financiers sur la table et à encourager les innovations des entrepreneurs de l’EIT. 
Maintenant il est temps d’élargir nos horizons. Vers de nouveaux pays, de nouveaux genres de formation entrepreneuriale, ou encore pour relever de nouveaux défis de société qui incluraient la sécurité et la résilience, l’inclusion, l’intégration, les migrations, l’eau ou encore les enjeux maritimes. Pour cela, nous avons besoin de votre encouragement et de votre soutien. L’avenir de l’Europe dépend de l’innovation ouverte. Nous existons pour qu’elle se concrétise.


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