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  Lundi 11 Décembre 2017  
 

Deuxième trimestre 2017

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La Francophonieplus qu’une langue en partage : des valeurs, une identité, une culture.

Entretien avec M. Adama OUANE,
Administrateur de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF)

Comptant aujourd’hui 84 États membres, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) regroupe plus de 900 millions d’habitants, répartis sur les cinq continents. Alors que s’ouvrent à Abidjan le 21 juillet 2017 les VIIIème Jeux de la Francophonie, M. Adama Ouane, revient pour nous sur son expérience d’Administrateur de l’OIF et sur les initiatives engagées pour consolider cet espace de dialogue et de coopération sous l’égide de la Secrétaire générale Mme Michaëlle Jean.

La Lettre Diplomatique : Monsieur l’Administrateur, nommé le 30 mars 2015, vous êtes entré dans la deuxième moitié de votre mandat au sein de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Quels enseignements pouvez-vous d’ores et déjà tirer de votre expérience en tant qu’Administrateur de l’OIF ? 

M. Adama OUANE : Mon mandat en qualité d’Administrateur de l’OIF découle des dispositions de la Charte de la Francophonie révisée à Antananarivo en 2005 et de la délégation que me confère la Secrétaire générale, Mme Michaëlle Jean. À ce titre, il me revient d’exécuter, d’animer et de gérer la coopération intergouvernementale multilatérale ainsi que d’assurer la gestion des affaires administratives et financières. 
Depuis ma nomination, nous n’avons de cesse de mobiliser les équipes pour mener à bien nos programmes de coopération au bénéfice des populations de nos États et gouvernements membres, en particulier les jeunes et les femmes, afin d’améliorer leurs conditions de vie grâce au facilitateur que constitue notre langue en partage, la langue française, et nos valeurs communes de paix, de partage, de diversité et de solidarité. C’est le sens du travail que nous avons réalisé pour lancer notre nouveau programme de promotion de l’emploi par l’entreprenariat chez les femmes et les jeunes, déjà actif dans 12 pays de l’Afrique subsaharienne. 
En même temps, nous devons mettre en œuvre tous les moyens pour améliorer sans cesse notre gestion administrative et financière à la recherche de la meilleure efficacité et efficience possible dans l’utilisation de nos ressources qu’elles soient financières, humaines ou matérielles au service de nos programmes de coopération. Et ce, dans un contexte marqué par la raréfaction des ressources publiques. Ainsi, le contrôle rigoureux des dépenses a déjà permis d’économiser 2,2 millions en 2017 que nous allons reverser sur nos programmes prioritaires pour la jeunesse afin de les consolider, les amplifier ou les élargir. 
Il est évident que la coopération intergouvernementale multilatérale et la gestion des affaires administratives et financières vont de pair. Nous allons continuer à marquer toutes nos actions par le renforcement d’une culture du résultat et de l’évaluation.

L.L.D. : Auparavant, vous avez occupé plusieurs postes au sein de l’UNESCO où vous avez accompli une grande partie de votre carrière. Au regard de la connaissance des institutions intergouvernementales que vous avez acquise, comment qualifieriez-vous les spécificités de l’OIF comme enceinte de coopération entre les États et gouvernements ? 

A.O. : L’OIF est une organisation internationale gouvernementale (OIG) unique en son genre. Elle rassemble 84 États et gouvernements membres et se trouve au carrefour de plusieurs espaces politiques, culturels, linguistiques et économiques. En cela, elle joue un véritable rôle d’acteur des relations internationales et contribue à la médiation et la facilitation entre les États et gouvernements.
Par sa taille plus modeste que d’autres organisations internationales, l’OIF possède également une capacité d’anticipation, d’action et de réaction qui lui permet d’expérimenter, de modéliser et d’accélérer des initiatives de terrain innovantes en lien avec les partenaires internationaux, régionaux et nationaux, en fédérant toutes les expertises du secteur public, privé, académique, associatif et plus largement de la société civile. L’OIF possède une plus grande agilité que d’autres acteurs et une plus grande flexibilité institutionnelle qui lui confèrent un avantage comparatif. En ce sens, l’OIF est à la fois acteur géopolitique et outil de coopération, médiateur et facilitateur, innovateur et accélérateur à l’image de la « Francophonie des solutions » chère à notre Secrétaire générale.

L.L.D. : Quelles réflexions vous inspire la célébration en juillet 2017 du 50ème anniversaire de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) ?

A.O. : L’APF est une institution ancienne qui a prouvé depuis longtemps son efficacité et qui est reconnue par la Charte de la Francophonie. Ce qui réunit l’APF et l’OIF, ce sont nos aspirations et nos convictions communes. Nous œuvrons ensemble pour faire progresser la démocratie, l’Etat de droit et les droits des personnes. Nous apportons par exemple, lors des élections, une assistance aux pays francophones qui nous sollicitent, en particulier dans une approche de prévention et de sensibilisation. Nous organisons également des séminaires pour améliorer les pratiques des parlementaires francophones, en particulier les jeunes parlementaires, afin de favoriser l’échange d’expertise. De réels progrès ont été réalisés grâce à la coopération entre l’APF et l’OIF illustrant parfaitement la nécessaire collaboration entre la fonction parlementaire et la fonction gouvernementale de la Francophonie multilatérale.

L.L.D. : Première femme élue à la tête de l’OIF, Mme Michaëlle Jean cherche à donner une nouvelle dimension à l’OIF sur la scène internationale, notamment au plan politique. Dans quelle mesure son intervention, inédite pour un Secrétaire général de l’OIF, devant le Conseil de sécurité, le 7 novembre 2016, marque-t-elle un tournant à cet égard ?

A.O. : Son histoire personnelle et les épreuves auxquelles elle a dû faire face au cours de sa vie l’ont façonnée et font qu’aujourd’hui Michaëlle Jean a un regard singulier sur le monde et qu’elle porte une parole différente. Il me semble que de nombreux dirigeants l’ont compris. Depuis longtemps, elle est consciente que la Francophonie est plus qu’une langue, c’est aussi un pont entre les pays, un lien entre les cultures. Elle sait aussi très bien que la francophonie ce sont aussi des valeurs, des valeurs de liberté, d’égalité, de dignité. Elle souhaite s’appuyer au maximum sur ces valeurs afin de les faire rayonner dans le monde francophone grâce à tous les leviers dont elle dispose. 
Elle fructifie ainsi l’apport exceptionnel que M. Boutros Boutros-Ghali et le Président Abdou Diouf, les précédents Secrétaires généraux, ont donné à la Francophonie. Le monde a changé et la Francophonie doit changer, être plus proche des peuples, apporter des solutions aux grands défis. C’est cela qui justifie l’engagement, la passion de Michaëlle Jean. Son intervention devant le Conseil de Sécurité le 7 novembre 2016 constitue ainsi une grande première pour un Secrétaire général de la Francophonie et correspond à une urgence. Notre contexte appelle, plus que jamais, la consolidation du partenariat très actif entre l’OIF et les Nations unies, l’utilisation de toutes les enceintes d’influence pour mobiliser et rassembler autour des questions de paix et de sécurité mais aussi tous ces enjeux de formation, d’éducation, de citoyenneté et de développement qui constituent des « armes de construction massive » comme aime à le rappeler notre Secrétaire générale.

L.L.D. : Tenant compte de l’appui apporté par l’OIF aux opérations de maintien de la paix, comment ce rôle pourrait-il, selon vous, être appelé à prendre davantage d’ampleur ?

A.O. : L'action de l’OIF dans le domaine du maintien de la paix est partie, au début des années 2000, d'un double constat : le nombre croissant d'opérations de maintien de la paix (OMP) dans les États francophones en même temps qu’une faible participation des États francophones au sein de ces opérations. Or, il va de soi que l'utilisation, par les personnels des Nations unies, de la langue parlée par les autorités et les populations d'un État dans lequel une opération est déployée est un gage de succès et de performance pour cette opération.
Le plaidoyer mené par l’OIF auprès de l’ONU et des États membres, nos actions de formation des personnels militaires, policiers et civils amenés à être déployés, ont certainement contribué aux progrès significatifs qui ont pu être réalisés ces dernières années même s’il reste de nombreux progrès à réaliser encore. C'est dans cette approche que nous avons inauguré, en mars dernier, l'Observatoire Boutros-Ghali du maintien de la paix, abrité au siège de l’OIF, une initiative menée avec la France en partenariat avec la Belgique, le Canada, et l’Égypte afin de mieux observer, analyser et agir de concert.

L.L.D. : Lors du Sommet qui s’est tenu à Madagascar les 26 et 27 novembre 2016, l’OIF s’est élargi à 84 États membres en accueillant, en tant que membres observateurs, l’Argentine, la Corée du Sud, la Nouvelle-Calédonie et le Canada-Ontario. Comment interprétez-vous les ressorts de l’attractivité de l’OIF ? Quels sont les atouts de cette diversité ?

A.O. : L’attractivité de la Francophonie n’est plus à démontrer : le français est la cinquième langue la plus parlée au monde avec près de 275 millions de locuteurs dans plus d'une centaine de pays, plus de 200 millions l'utilisent quotidiennement, le français est la quatrième langue d'Internet, la troisième langue des affaires, la deuxième langue de travail de la plupart des organisations internationales. On estime que la population mondiale francophone à 750 millions de locuteurs en 2050, et c’est le groupe linguistique qui connaît la croissance la plus forte. 
Au vu de ces chiffres, de nombreux États et gouvernements, au-delà du bassin d’origine de la Francophonie, sont intéressés par les possibilités d’échanges culturels et économiques. Si de plus en plus de pays souhaitent adhérer à l’OIF, ce n’est donc pas un hasard. Ayant perçu le poids, l’influence et les atouts concrets de la Francophonie, ils font preuve de pragmatisme. Ils savent qu’il y a des pays francophones sur tous les continents et que parler la même langue facilite les affaires par exemple. 
L’OIF a su, en outre, prouver son utilité dans la construction de réseaux. Elle dispose notamment d’une très forte capacité de mise en relation et de nombreux relais dans tout le monde francophone. L’OIF, malgré ses moyens modestes, est également de plus en plus écoutée sur la scène internationale, parvenant ainsi à faire entendre sa voix. 

L.L.D : La formation de diplomates et de fonctionnaires représente un programme clé de l’OIF pour le maintien et le renforcement du français comme langue de travail et de négociations dans les enceintes internationales. Quinze ans après son lancement, comment percevez-vous son évolution ? Pourriez-vous nous préciser les réalisations de ce programme en terme de nombre de bénéficiaires formés et d’accords de coopération avec les États membres ? Comment est-il mis en œuvre avec les organisations multilatérales telles l’Union Africaine ? 

A.O. : Depuis maintenant plus de quinze ans, la formation en français des diplomates et fonctionnaires représente une activité clé de l’Organisation qui, par ce biais, souhaite contribuer au renforcement du multilinguisme dans les enceintes internationales, seule garantie, selon nous, pour démocratiser les relations internationales. Initialement centrées sur les pays de l’Union européenne, nos activités se sont depuis élargies à d’autres espaces (Afrique, Asie) et organisations (UA, CEDEAO) et visent plus largement le renforcement des compétences professionnelles en français ainsi que le partage d’expériences. Elles s’appuient sur une volonté forte de nos États et pays partenaires de renforcer les capacités de leurs administrations ainsi qu’à promouvoir une expertise francophone dans des domaines reconnus (développement durable, diplomatie culturelle et économique, techniques de négociation internationale…) au niveau national comme international. Ces activités sont aussi l’occasion de réfléchir, dans un espace commun réunissant des pays très différents à des enjeux communs.
Si, durant ces 15 dernières années, nous constatons un net recul de la diversité linguistique à l’écrit dans la majorité des instances internationales où le français est officiellement langue de travail, nous pouvons néanmoins nous réjouir d’avoir contribué à maintenir un haut niveau de maitrise du français des représentants, cadres et experts, de haut niveau de nos pays, qui l’utilisent hors réunions officielles, là où se prennent de plus en plus les décisions. Par ailleurs, nos activités contribuent à sensibiliser nos décideurs aux enjeux de la diversité linguistique et à l’atout que cette diversité représente en termes de rayonnement international et développement professionnel.

L.L.D : Avec l’adoption d’une Stratégie économique pour la Francophonie dont vous avez présenté le Livre blanc le 24 novembre 2016, l’OIF cherche à faire du développement économique et de l’entreprenariat l’un de ses piliers. Quels en sont les dispositifs opérationnels les plus emblématiques ?

A.O. : En complément d’une Stratégie numérique adoptée lors du Sommet de Kinshasa en 2012, la Stratégie économique pour la Francophonie adoptée au Sommet de Dakar en 2014, promeut une croissance partagée, un développement économique humain et durable, et une transformation structurelle créatrice d’emplois, qui conditionnent la stabilité, la sécurité et la paix au sein de l’espace francophone. C’est le projet que porte l’OIF qui tenu ses premières Journées de la Francophonie économique et numérique en septembre dernier sur le thème du Sommet de Madagascar - « Croissance partagée et développement responsable : les conditions de la stabilité du monde et de l’espace francophone » -.
Le Livre blanc, publié à l’issue de la première édition de ces Journées, en recueille les principales conclusions opérationnelles et constitue un outil clé pour la mise en œuvre de la feuille de route de l’OIF en faveur d’une croissance partagée et d’un développement responsable. Au niveau opérationnel, quatre pôles d’intervention et d’actions ont donc été engagés par notre nouvelle Direction de la Francophonie économique et numérique : Entreprises et territoires ; Diplomatie économique commerciale ; Nouvelles technologies et numérique ; Transformation structurelle des économies. 

L.L.D : Vous semble-t-il envisageable d’institutionnaliser davantage le dialogue économique entre les pays membres ? 

A.O. : Le dialogue économique entre les pays membres se noue, s’intensifie et se développe naturellement au sein des Instances de la Francophonie tout comme dans les enceintes internationales de négociation et décision économique tels que le G20, la Banque mondiale, le Fonds monétaire international (FMI), l’Organisation mondiale du Commerce (OMC) par exemple. Dans ce cadre, nous organisons des concertations d’experts et de décideurs de haut niveau entre les pays francophones pour faciliter la recherche de positions rapprochées ou faire ensemble le plaidoyer sur des sujets et thématiques d’intérêt commun au sein des réseaux des Ministres francophones des finances et du commerce. 
La même dynamique est enclenchée aux niveaux des organisations professionnelles et des opérateurs économiques, autour des réseaux qui y œuvrent depuis des années comme le Forum francophone des affaires (FFA), la Conférence permanente des chambres consulaires africaines et francophones (CPCCAF) et de ceux qui viennent d’être créés comme Réseau international des Agences francophones de promotion des investissements (RIAFPI), Réseau des entrepreneurs francophones, Club des dirigeants de banques et établissements de crédit d’Afrique, Réseau Normalisation et Francophonie, etc.

L.L.D : Plus largement, comment décririez-vous les conclusions du sommet de l’OIF qui s’est tenu à Madagascar ? 

A.O. : Considérant la diversité socioéconomique de ses pays membres parmi lesquels des pays développés, des pays émergents, des pays en développement et surtout 23 des pays moins avancés d’une part, et des agendas universels concernant le développement en général et le développement durable en particulier d’autre part, il était de bon aloi de mener une réflexion au niveau des instances supérieures de la Francophonie sur la problématique de la « Croissance partagée et le développement responsable : les conditions de la stabilité du monde et de l’espace francophone ». 
D’autant plus que nous avons inauguré la participation des jeunes francophones du monde entier en amont, pendant et après le Sommet, en présentiel et en ligne, afin de s’assurer qu’ils puissent faire remonter leurs expériences, contribuer et enrichir nos travaux, en particulier en ce qui concerne l’enjeu de l’emploi, de la construction citoyenne, de la justice sociale. Cela fut une expérience remarquablement positive et les jeunes francophones ont été extrêmement créatifs, constructifs, responsables pour apporter leurs solutions, leurs recommandations. De manière plus générale, les chefs d’État et de gouvernement ont eu raison de réaffirmer leur volonté et d’appeler toute la communauté francophone à jouer tout son rôle dans l’élaboration de solutions politiques et économiques pour lutter contre ces crises multiples et transversales. 

L.L.D : Dix ans après sa création en 2007, le Volontariat international de la Francophonie (VIF) s’est imposé comme une des initiatives les plus représentatives de l’espace de mobilité internationale que peut offrir l’OIF aux jeunes diplômés. Comment évaluez-vous les résultats de ce programme ? Comment pourrait-il être appelé à évoluer ? Quels sont les liens entre le VIF et les incubateurs développés par l’OIF ?

A.O. : Le Volontariat international de la Francophonie a 10 ans, c’est vrai ! Déjà 10 ans… Que de chemin parcouru. Le programme répond à un réel besoin de cette jeunesse, mieux éduquée et connectée que jamais qui souhaite agir au service de nos valeurs, de la langue française que nous avons en partage, en développant leurs compétences, leur créativité. Les jeunes de 21 à 34 ans qui participent à ce Volontariat, que l’on appelle communément des « VIF », sont chaque année plus nombreux à candidater (environ 5 000 par appel à candidatures) pour un nombre limité de missions à pourvoir. Cela démontre l’engouement toujours aussi croissant des jeunes à se mobiliser pour la Francophonie. Il s’agit pour eux, pendant une année, de mettre leurs savoirs, savoir-faire et savoir-être à la disposition d’un projet de développement réalisé par l’OIF dans le monde francophone. Ils se rencontrent, ils échangent, ils s’ouvrent à d’autres cultures. 
Après dix années d’existence de ce programme, l’OIF compte près de 400 volontaires engagés et autant de structures d’accueil partenaires mettant en œuvre des actions de coopération. Pour la promotion 2018, nous comptons des volontaires pour contribuer à la promotion de l’entreprenariat chez les femmes et les jeunes, par exemple, qui accompagneront les incubateurs que nous soutenons au Burkina Faso, au Bénin, en Côte d’Ivoire et en République démocratique du Congo (RDC). Dans notre contexte mondial instable, au moment où certains discours de la peur prônent le repli sur soi et la fermeture, la Francophonie continue plus que jamais de faire le pari de l’ouverture, de la mobilité internationale, de l’engagement et du volontariat. Autant de valeurs et d’expériences positives pour contrer les discours mortifères. 

L.L.D : Solidarité et partage sont les maîtres-mots des Jeux de la Francophonie dont la 8ème édition se déroulera à Abidjan, en Côte d’Ivoire, du 21 au 30 juillet 2017. Pourriez-vous nous expliquer le sens de cette manifestation et les valeurs que l’OIF aspire à diffuser à travers elle ? Comment se déroule son organisation ? Au-delà, quelles sont vos attentes en terme d’affluence, de rayonnement pour la Francophonie, mais aussi de retombées économiques pour la Côte d’Ivoire ?

A.O. : Les Jeux de la Francophonie représentent, tous les quatre ans, un moment phare de l’espace francophone. En 2017, les Jeux ont lieu en Côte d’Ivoire. Ces compétitions sportives et artistiques permettent de mettre en lumière les meilleurs sportifs et artistes francophones. C’est aussi l’occasion de valoriser la richesse de la diversité culturelle, l’ouverture à l’Autre, la créativité, le talent et l’esprit sportif, l’occasion de promouvoir la paix. 
Les préparatifs vont bon train : à ce jour, 55 Etats et gouvernements se sont déjà engagés. Le Comité international des Jeux de la Francophonie (CIJF) et le Comité National des VIIIème Jeux de la Francophonie Abidjan 2017 (CNJF) sont pleinement à pied d’œuvre pour assurer le meilleur accueil aux délégations participantes. Les infrastructures sportives, culturelles et d’hébergements sont livrées et sont homologuées au fur et à mesure et le Village des Jeux qui accueillera les délégations est sur le point d’être livré. Tout sera prêt dans les délais.
Cette 8ème édition des Jeux de la Francophonie bénéficiera d’une couverture médiatique sans précédent. Pour rappel, à Nice, nous avions eu 250 millions de téléspectateurs. À Abidjan nous attendons 500 millions de téléspectateurs, 700 journalistes (dont 300 internationaux) attendus, près de 60 heures de programme TV avec des images en haute définition seront diffusés gratuitement auprès des chaines télévisées de l’espace francophone.
Ces VIIIème Jeux de la Francophonie à Abidjan constitueront assurément un « legs extraordinaire » pour la Côte d’Ivoire. À l’issue des jeux, la Côte d’Ivoire disposera de nouvelles compétences et d’infrastructures sportives et culturelles qui pourront lui servir à développer des politiques nationales et à initier de nouvelles actions. Ces Jeux aideront également la Côte d’Ivoire à atteindre les objectifs d’émergence à l’horizon 2020.

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