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  Dimanche 23 Avril 2017  
 

Quatrième trimestre 2016

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« Continuer à émerveiller nos publics »

Entretien avec M. Bruno MAQUART, 
Président d’Universcience

Né en 2010 du rapprochement du Palais de la découverte et de la Cité des sciences et de l’industrie, Universcience s’est affirmé comme le premier centre dédié à la culture scientifique, technique et industrielle de France, et comme une référence à l’échelle internationale. Nommé à sa tête en 2015, M. Bruno Maquart, revient pour nous sur les spécificités qui font son succès 80 et 30 ans après la fondation de ces deux établissements d’Universcience et sa vision pour leur épanouissement futur.

La Lettre Diplomatique : Monsieur le Président, une programmation spécifique a été conçue pour la célébration des 80 ans de la fondation du Palais de la découverte en 2017, après celle des 30 ans de la Cité des sciences et de l’industrie en 2016. En quoi cette programmation reflète-t-elle le savoir-faire d’Universcience ?

M. Bruno Maquart : Nous avons, en effet, élaboré un programme qui établit une passerelle entre les deux anniversaires. Cette programmation labellisée "30-80 » est placée sous le haut patronage du Président de la République. De nombreuses expositions et plusieurs festivals ont déjà eu lieu, avec un objectif : apporter des éléments de compréhension en abordant la science dans toutes ses dimensions, de la plus fondamentale à la plus appliquée. Je pense notamment à la Semaine du Cerveau qui s’est déroulée du 14 au 20 mars 2016 ou au festival sur l’Alimentation du futur.
Par ailleurs, nous avons voulu montrer le savoir-faire de nos maisons au plan muséographique. Les deux institutions, qui sont réunies sous le même toit d’Universcience depuis 2010, proposent deux approches complémentaires. Dans l’une, le Palais de la découverte, la médiation par l’humain est privilégiée. Ce concept était déjà éminemment moderne lors de son inauguration en 1937 C’était la première fois que des chercheurs et des laborantins sortaient de leurs laboratoires à la rencontre du public. Il s’est finalement révélé si efficace et juste que ce principe constitue encore aujourd’hui la singularité du Palais de la découverte. Lorsque vous y venez en visiteur, vous pouvez ainsi choisir parmi une liste variée d’une cinquantaine de sujets scientifiques, qui sont présentés chaque jour dans le cadre de formats courts de 45 à 60 minutes.
À la Cité des sciences et de l’industrie, la médiation se fait surtout par la manipulation. Cette approche prévalut lors de sa création en 1986. À cette époque, il s’agissait de pouvoir répondre aux attentes du grand public dans un contexte où, pour résumer un peu rapidement, la problématique des relations entre la science et la société s’était complexifiée. À cette fin, elle dispose d’un bâtiment doté de vastes volumes, au cœur du parc pluriculturel de la Villette à Paris (le plus grand au monde), des équipements de très grande taille, une Géode et un planétarium, des abords extérieurs facilitant son accès, ainsi qu’une grande bibliothèque publique qui est aujourd’hui l'une des plus importantes de France.
Toutes ces possibilités constituent un ensemble extrêmement vivant consacré à la compréhension des phénomènes scientifiques et font aujourd’hui le succès de l’offre d’Universcience. Il est certain que celle-ci est appelée à évoluer avec la révolution numérique. Mais en cette année de commémoration, il faut souligner que, depuis son ouverture, la Cité des sciences et de l’industrie a attiré plus de 90 millions de visiteurs tandis que le Palais de la découverte reçoit, en moyenne, 500 000 visiteurs par an.

L.L.D. : Vous êtes Président d’Universcience depuis le 1er juillet 2015. Comment définiriez-vous ses missions ?

B.M. : À mon arrivée à la tête d’Universcience, nous avons réfléchi à la manière dont nous souhaitions projeter nos activités pour l'avenir. Après de nombreuses consultations, et l'avis du comité d’entreprise et du conseil scientifique de l'établissement, nous avons adopté un projet stratégique pour la période 2016-2020. Trois mots résument les valeurs de notre institution : ouverture, universalité, innovation.
Ouverture, parce que nous privilégions la coopération ouverte. De plus, nous considérons que tout sujet, aussi ardu soit-il, mérite d’être traité, comme récemment la santé mentale, avec l’exposition Mental désordre (5 avril-6 novembre 2016). C’est la première fois qu’un établissement culturel s’est intéressé à cette question.
Universalité, parce que l’on s’adresse à tous, quel que soit son degré de connaissance scientifique, sa familiarité avec les questions que l’on traite, son origine géographique, sociale et culturelle, et même son âge, puisque nous programmons des expositions dès l’âge de 2 ans et que nous consacrons un espace tout entier aux plus jeunes avec la Cité des enfants.
Enfin, innovation : nous entendons être originaux, montrer les choses de manière inédite et astucieuse. Pour le Festival Drôle de drone qui s’est tenu en juin 2016, nous avons, par exemple, invité Alexandru Duru, un jeune Canadien qui a inventé une planche volante, l’hoverboard, à faire plusieurs démonstrations en public. C’était une première en Europe. Autre exemple : pour l’exposition Quoi de neuf Moyen Âge ?, nous faisons appel à de nombreux dispositifs de démonstration numérique, sans doute appelés à essaimer en dehors de nos murs.
Universcience a pour vocation d'être une gigantesque vitrine. L’idée est d’avoir toujours un temps d’avance pour continuer à provoquer l’étonnement.
Lorsqu’ils sortent de nos musées, il faut que les gens se disent : c’est ici que je l’ai vu pour la première fois. Aussi, nous avons mis la technologie au cœur de nos propositions. Les visiteurs peuvent ainsi trouver à la Cité des sciences et de l’industrie tous types de dispositifs d’adresse au public, comme la réalité virtuelle ou la réalité augmentée. Nous accordons à ce processus d’expérimentation une grande importance, sans pour autant renoncer au rôle central de la médiation humaine.

L.L.D. : En mettant l’innovation au cœur de ces propositions, Universcience cherche-t-il également à sensibiliser un large public aux grandes transformations que traversent nos sociétés ?

B.M. : Tout à fait. Dans cette perspective, nous avons lancé en 2016 un nouveau format de proposition au public, avec une offre plus dense concentrée sur des journées dédiées à un thème scientifique précis.
En janvier, nous avions initié La Journée nationale de l’innovation en santé, dont la 2ème édition se tiendra du 27 au 29 janvier 2017. Nous avions alors été heureux de constater que les gens étaient venus en nombre pour voir notamment les robots-chirurgiens ou le cœur artificiel conçu par le Professeur Carpentier, dont c’était la première sortie publique.
Outre le Festival des drones que j’ai déjà évoqué, nous avons organisé les 2 et 4 décembre 2016 le Festival sur l’Alimentation du futur, À table en 2030, à travers lequel nous avons cherché à montrer la composition de nos assiettes dans le futur proche.
Plus tard, les 17 et 19 mars 2017, nous organiserons le Festival Roues Libres qui s’intéressera à tous les moyens de déplacement individuel en ville, le vélo et autres engins qui permettent aujourd’hui d’inventer la ville différemment.

L.L.D. : L’industrie reste néanmoins dans l’ADN de la Cité. Quel est le rôle d’Universcience Partenaires dont vous êtes le Vice-Président ? Plus largement comment décririez-vous les liens entre votre établissement et le monde de l’entreprise ?

B.M. : Universcience Partenaires matérialise, en effet, les liens que nous entretenons avec le monde de l’entreprise. Son origine remonte à la création de la Cité des sciences et de l’industrie (elle s’appelait alors la Fondation Villette-Entreprises). Elle regroupe deux structures : le Fonds de dotation Universcience Partenaires et l’Association Universcience Partenaires.
Sans rentrer trop dans les détails, il s’agit en somme d’un cercle d’amis qui s’intéressent à la diffusion auprès du grand public de la science, de la technique et, plus largement, de l’innovation. Ce sont donc avant tout des partenaires qui nous soutiennent, y compris pour la conception de nos offres, par le conseil, la fourniture de matériaux et de moyens.
De la même manière, nous ne pourrions rien faire sans nos partenariats avec les organismes de recherche. L’exposition Quoi de neuf Moyen Âge ? est ainsi conçue avec l’INRAP (Institut national de recherche archéologiques préventives), et Terra Data avec l’INRIA (Institut national de recherche en informatique et en automatique). Prochainement, nous allons accueillir une exposition sur le froid avec la participation d’acteurs importants de ce secteur en France.
Mais, je tiens à préciser que chacun reste dans son rôle. Le mien n’est pas de faire la promotion de produits commerciaux, et les entreprises le savent bien. Il est d’éclairer les citoyens sur le monde qui nous entoure, sans imposer une manière de penser en particulier. Notre plus-value est d’avoir la capacité d’analyser les choses, de donner au public des clés de compréhension sur les sujets les plus compliqués, y compris à caractère technique ou industriel, et qui peuvent parfois donner lieu à de vifs débats.
C’est un enjeu démocratique extrêmement fort dans la société dans laquelle on vit, d’autant plus que la culture de l’honnête homme du XXIème siècle doit, à mon sens, être aussi scientifique. Il s’agit d’une dimension indispensable pour comprendre le monde dans lequel on vit. Dès lors, les humanités classiques doivent devenir aujourd’hui des humanités numériques pour que chacun puisse vivre pleinement son temps. Notre époque est technologique et scientifique, qu’on le veuille ou pas.

L.L.D. : L’offre culturelle du Palais de la découverte s’est justement enrichie en 2016 d’une section sur l’informatique et les sciences du numérique. Quel est l’enjeu de cette initiative ?

B.M. : Cette nouvelle section vient rejoindre les autres sections qui composent le Palais, consacrant ainsi l’informatique et les sciences du numérique, comme une science fondamentale à part entière, au même titre que la physique, les mathématiques, les sciences de la Terre, etc.
Cette innovation entre bien dans le cadre de la mission de service public d’Universcience, qui est d’apporter au public, en particulier aux scolaires et aux enseignants, des clés de compréhension sur des enjeux scientifiques absolument capitaux. Or, l’informatique et l’alphabétisation numérique doivent jouer un grand rôle dans l’éducation citoyenne que nous devons favoriser.
Cependant, nous ne faisons que suivre une tendance de fond puisque le Collège de France s’est doté dès 2009 d’une Chaire informatique et sciences numériques et l’État, en France comme dans d’autres pays, a décidé d’introduire l’enseignement de l’informatique dans le cursus scolaire au même titre que les autres matières.

L.L.D. : Universcience a également annoncé la création d’un Game Lab en 2018. Pouvez-vous nous en parler ? A-t-il vocation à faire d’Universcience une référence pour la jeunesse ?

B.M. : La création du Game Lab à la Cité des sciences et de l’industrie est en quelque sorte un projet jumeau de la section sur l’informatique et les sciences du numérique au Palais de la découverte. À travers ce projet, nous comptons aussi développer un nouveau vecteur pour mieux nous adresser à la jeune génération. Le jeu vidéo est un des loisirs créatifs les plus répandus aujourd’hui, en particulier chez les jeunes, mais pas seulement. De plus, il représente un moyen assez puissant d’aborder de nombreux sujets, en permettant de convoquer les spécialistes d’une grande variété de disciplines : des artistes, des graphistes, des mathématiciens ou encore des informaticiens. Le jeu vidéo est d’autant plus intéressant que la France a une expertise reconnue dans ce domaine à travers le monde.
Mais, fidèle aux valeurs d’Universcience, le Game Lab ne sera pas un musée du jeu vidéo. Ce sera un lieu où le visiteur pourra concevoir des animations ou des séquences de jeux vidéos. C’est l’un des développements que nous permet de mettre en œuvre facilement le monde numérique. C’est ce que nous constatons avec le Carrefour numérique2 que nous avons ouvert en 2014. Nous avons conçu cet espace comme une sorte d’atelier de bricolage du XXIème siècle, à l’image de la Cité des sciences et de l’industrie où depuis trente ans on peut non seulement voir, mais aussi toucher, à la différence d’autres établissements. Il suscite d’ailleurs beaucoup d’intérêt grâce à ses deux pôles : d’une part, la Fab Lab où tout un chacun peut venir s’initier aux rudiments de la programmation et même créer ; et, d’autre part, le Living Lab où l’on teste des propositions, notamment, de chercheurs ou de professionnels.

L.L.D. : En tant qu’ingénieur agronome, vous êtes scientifique de formation, mais vous avez également évolué dans le monde de la culture en tant que Directeur général du Centre Pompidou et de l’Agence France-Muséums. Comment ces expériences vous servent-elles aujourd’hui à la tête d’Universcience ?

B.M. : L’élaboration d’une exposition repose sur l’alliance entre, d’une part, un contenu juste et rigoureux et, d’autre part, des dispositifs de démonstration technique de grande qualité. Pour y parvenir, il faut donc rassembler de la matière grise, des techniciens et des ouvriers très qualifiés. À Universcience, la somme de tous ces talents est peu commune. C’est un impératif si l’on veut accomplir notre mission première qui est de rendre à la collectivité un service culturel de très haute valeur ajoutée.
Pour diriger ces équipes riches en compétences diverses, il m’est donc effectivement utile d’avoir déjà expérimenté ce rôle. Il y a, d’ailleurs, un point commun entre tous ces établissements et toutes ces aventures : à chaque fois, vous mettez autour d'une table les plus qualifiés. Ce qui est passionnant dans les établissements culturels, c'est de voir à l'œuvre l'amour des contenus et la manipulation de concepts de grande valeur sociétale.

L.L.D. : À la tête de l'Agence France-Muséums, vous avez contribué à la mise en œuvre du projet du Louvre Abu Dhabi. Fort de cette expérience, quels sont vos objectifs en termes d'ouverture internationale pour Universcience ?

B.M. : Nous sommes une institution qui a les pieds à la fois dans la glaise de Paris et la tête dans le ciel du monde. De ce point de vue, mon ambition est qu'Universcience conforte son rayonnement comme l'un des premiers centres de science au plan européen et mondial.
L'enjeu est double. Tout d'abord, il est de servir d'instrument à la diplomatie culturelle et d'influence de l'État ; il faut se rappeler que nous sommes une institution d'État et ce dernier nous finance. Comme d'autres opérateurs culturels, nous sommes souvent appelés à participer aux saisons culturelles. À l'occasion de l'année France-Corée, nous avons par exemple présenté les 16 et 17 avril 2016 le robot Chingu, co-construit par les utilisateurs du Fab Lab de la Cité des sciences et de l'industrie et celui du Gwacheon Science Centre de Séoul.
Nous prenons part également à des événements ayant une plus large portée. Lors de la COP21, Universcience avait ainsi organisé l'exposition Climat, l'expo 360° et avait mis à la disposition de l'Institut français et de son réseau à l'étranger, les contenus numériques issus de son espace Science actualités. Ceux-ci ont ainsi été présentés dans une vingtaine de villes à travers le monde.
Ensuite, il est essentiel pour notre avenir de renforcer notre présence hors de nos frontières en vendant notre savoir-faire ou en collaborant avec nos homologues à l'étranger. Réfléchir à plusieurs est toujours très enrichissant.

L.L.D. : Vous avez effectué au printemps 2016 une tournée en Asie au cours de laquelle vous avez notamment inauguré à Macao l'exposition La voix, l'Expo qui vous parle. Pouvez-vous nous donner d'autres exemples concrets des coopérations d'Universcience à l'international ?

B.M. : Nos expositions parcourent le monde depuis de nombreuses années. Il faut relever que nous développons de plus en plus de co-productions. L'exposition Viral, du microbe au fou rire tout s'attrape, que nous avons inaugurée au Palais de la découverte le 18 octobre 2016, est, par exemple, co-produite avec nos collègues de Lisbonne et d'Helsinki, avec qui nous concevons également d'autres expositions destinées à circuler dans les trois pays alternativement et au-delà.
Autre exemple, l'exposition La Ville, mutations urbaines, qui se déroule jusqu'au 28 février 2017 à la Cité des sciences et de l'industrie, est le fruit d'un travail commun avec un musée de Singapour et elle sera présentée à Londres prochainement. D'une manière générale, l'Asie est, pour nous, une région prometteuse en termes de partenariats. J'ai encore récemment été invité à intervenir en Chine, à Shanghai, devant le Congrès des centres de sciences chinois, sur le thème de l'utilisation du numérique dans les musées.
De plus, nous avons comme zone de développement toute l'Amérique du Sud avec un pied au Brésil et un autre en Argentine où j'ai conclu début 2016 un accord avec le centre Tecnopolis. Le Moyen-Orient est une autre région qui se développe beaucoup et qui est très désireuse de se doter d'équipements comme les nôtres. En Amérique du Nord, une exposition d'Universcience, intitulée Chiens et chats, est actuellement à l'honneur au Canada. Nous avons également de forts partenariats intellectuels aux États-Unis, en particulier avec l'Exploratorium de San Francisco dont la création, en 1969, doit beaucoup au Palais de la découverte et qui, à son tour, a inspiré les concepteurs de la Cité des sciences et de l'industrie.

L.L.D. : Les 24 et 25 novembre 2016, vous avez accueilli un colloque sur l'évolution et l'avenir du Palais de la découverte et de la Cité des sciences et de l'industrie. Quelles sont vos ambitions pour l'avenir d'Universcience ?

B.M. : Ce colloque s'est tenu en deux temps, une journée au Palais et l'autre à la Cité, ouverte par la Ministre de la culture et de la communication. Il a marqué un événement important dans le cadre de nos célébrations. Il fait suite à l'adoption du projet d'établissement 2016-2020 que nous avons déjà évoqué. Mes ambitions pour le développement futur d'Universcience s'articulent autour de trois questions essentielles : à qui s'adresse-t-on ? quel type de proposition souhaitons-nous adresser au public ? et comment le fait-on ?
Universcience est résolu à conquérir de nouveaux publics, en particulier les 18-30 ans. Ce n'est pas notre seule cible évidemment, mais notre offre doit mieux s'adapter à leurs envies.
Sur l'offre, justement, l'objectif est d'avoir une programmation toujours plus vivante, plus ouverte sur la société et donc, en particulier, sur les autres champs de la créativité humaine comme les arts. C'est aussi réussir l'intégration numérique. En ce sens, le Carrefour numérique2, , qui teste en permanence de nouveaux formats très innovants, est appelé à jouer un rôle fondamental dans la transformation de l'établissement.

L.L.D. : Avec Universcience 3.0, il s'agit également d'investir un nouvel espace : les réseaux sociaux... En quoi consiste cette initiative ?

B.M. : Les réseaux sociaux et, plus largement, l'espace numérique, ne sont pas seulement des vecteurs d'information. Ils ouvrent aussi de nouveaux champs de présence pour les institutions culturelles auprès de leur public. Dans cet esprit, Universcience est à l'origine de la Museum Week qui est, aujourd'hui, le plus grand événement culturel mondial sur Twitter. Nous continuons d'ailleurs à en assurer l'administration et l'animation.
Universcience 3.0 vise en outre à renforcer de plus en plus nos relations avec nos publics avant et après la visite, et pas seulement pendant, grâce à des dispositifs embarqués sur lesquels nous travaillons actuellement. L'idée est de bâtir un « musée conversationnel », de manière à entretenir le lien avec nos visiteurs autour des expositions qui les intéressent.
Enfin, il s'agit également pour Universcience de devenir une sorte d'interface - virtuelle mais aussi physique - entre les différentes communautés que permettent d'agréger les réseaux sociaux autour de sujets ou de disciplines spécifiques (comme les jeux vidéos, les mathématiques, les nouvelles technologies...). Ce qui rejoint la logique de pluridisciplinarité chère à nos institutions.

L.L.D. : Tenant compte de toutes ces innovations, pourriez-vous affirmer que nous sommes à une étape charnière de la muséographie ?

B.M. : Partout, les institutions culturelles s'interrogent, par exemple sur l'emploi de la réalité virtuelle. C'est une technologie intéressante, mais qui a aussi ses contraintes : vous devez mettre un casque, ce qui vous isole des autres, la durée de l'expérience est relativement courte, etc. . Plusieurs technologies ou concepts sont en cours d'expérimentation, comme à la Géode. Nous avons dans nos cartons des idées passionnantes. Je suis convaincu, par exemple, que les Fab Labs sont appelés à équiper de nombreux autres établissements culturels, car c'est un moyen intéressant d'attirer les publics jeunes. Il existe mille manières d'amener à la science. Comme je l'ai déjà dit, il s'agit pour Universcience de rester un centre pionnier, ouvert sur la société et le monde, capable d'utiliser le meilleur de la technique pour continuer à émerveiller nos publics, ceux qui nous connaissent comme ceux qui ne nous connaissent pas encore.

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