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  Lundi 26 Juin 2017  
 

Quatrième trimestre 2016

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     Suriname
 
  M. / Mr Desire Delano BOUTERSE

À la croisée des chemins

Entretien avec M. Desire Delano BOUTERSE,
Président de la République du Suriname

Alors qu’il a célébré le 40ème anniversaire de son indépendance en 2015 le Suriname cherche à accélérer sa stratégie de décollage économique. Plus petit pays d’Amérique du Sud, il dispose néanmoins de solides atouts : une position géoéconomique stratégique ouverte sur la Caraïbe et de vastes ressources naturelles. Deux ans après le début de son deuxième mandat, le Président Desire Delano Bouterse nous explique comment il entend valoriser ces atouts, sa vision de l’intégration régionale du Suriname et de la diversification de ses partenariats sur la scène internationale, notamment avec la France.

La Lettre Diplomatique : Monsieur le Président, vous avez été réélu le 16 juillet 2015 à la tête de l’État surinamais. Comment définiriez-vous les priorités de votre second mandat ? Alors que le Suriname a célébré le 40ème anniversaire de son indépendance en 2015, comment décririez-vous les spécificités de son histoire et les atouts qu’elle lui confère pour son essor futur ? 

M. Desire Delano BOUTERSE : De toute évidence, de nombreux pays du monde sont d’ores et déjà confrontés à l’impact des nouvelles forces induites par le changement.
L’ère numérique, animée par la technologie, crée de nouvelles opportunités certes, mais également de nouvelles menaces aux plans mondial, régional et national.
En ce qui concerne les impacts négatifs du changement climatique, le Suriname a été classé comme l’un des dix pays les plus exposés, en raison de la faible élévation de son littoral. De plus, pratiquement 80% de sa population et 90% de sa production agricole se situent sur ces bandes côtières étroites.
Historiquement, l’économie du Suriname se caractérise par une structure économique basée sur l’exportation de denrées uniques, dominée par le secteur minier (bauxite, alumine, pétrole brut et or).
Le Suriname est une société typiquement multi-ethnique, multiculturelle et multi-religieuse.
Sur la base de notre structure socio-économique et politique actuelle, nos principaux objectifs et priorités à long terme sont les suivants :
- L’augmentation graduelle d’une structure plus durable de diversification économique, aussi bien en ce qui concerne la capacité de production interne que les exportations ; cette structure sera couplée à une expansion des processus d’industrialisation (y compris la substitution aux importations), en vue de renforcer notre résilience économique contre les futurs chocs extérieurs économiques et financiers, dont les fluctuations des cours des matières premières qui touchent à nos principales exportations.
- Le maintien à un niveau acceptable et durable de notre système de protection sociale pour les groupes les plus défavorisés de notre société.
- L’amélioration des infrastructures économiques (routes, ponts, installations portuaires, communications, etc.) afin de favoriser et d’optimiser les investissements nationaux ainsi que les investissements étrangers directs (IDE).
- La restauration des taux de croissance réels du PIB et la création d’emplois à un niveau soutenable tout en garantissant la durabilité environnementale.
- La création du niveau nécessaire de main d’œuvre qualifiée et compétente par l’amélioration significative de la qualité de l’enseignement supérieur et de la formation professionnelle.
- Le maintien de politiques macro-économiques prudentes et saines comme prérequis de la stabilisation des prix et des taux de change.
- La réduction des inégalités de revenus et l’élargissement de l’assiette fiscale ; l’introduction d’un système fiscal plus progressif.
- L’amélioration de la sécurité publique et le renforcement du système judiciaire et de la protection des droits humains avec une attention particulière portée aux droits des femmes et des enfants.

L.L.D. : Pourvu d’importantes ressources naturelles, notamment agricoles, mais surtout minières comme le pétrole, l’or ou le bauxite, le Suriname a connu une forte croissance économique durant les années 2000. Quelle analyse faites-vous de l’impact de la chute des cours des matières premières sur l’économie surinamaise ? Quels sont les objectifs de la poursuite des investissements publics, notamment dans le secteur minier ? 

D.D.B. : Au cours de son histoire, le Suriname a toujours dépendu de ses exportations pétrolières et minières. Cette situation ne devrait pas évoluer dans un futur proche, et, dans ces secteurs, le Suriname est étonnamment concurrentiel. Notre compagnie pétrolière présente quelques-uns des coûts de pompage les plus bas du continent et l’exploitation récente de la mine de Merian s’affirme comme l’un des coûts durables intégrés les plus bas du monde. Le gouvernement ne doit pas occuper le poste de pilotage pour les investissements dans ces secteurs, qui, par essence, relèvent du secteur privé. Notre pays dispose de vastes ressources inexploitées et nous invitons la communauté internationale à venir étudier les différentes possibilités offertes en la matière.
La chute des cours des matières premières a déclenché un déclin de nos activités économiques et une diminution de nos réserves. Cette situation nous a obligé à conduire des ajustements et à élaborer un plan de réformes, dont la mise en œuvre a débuté en août 2015. Le déséquilibre de notre bilan fiscal a été notablement corrigé ; nous augmentons à nouveau nos réserves, qui couvrent aujourd’hui trois mois d’importations, et notre pays se félicite désormais d’un excédent de la balance des paiements. Cet ajustement a certes été rapide et dans une large mesure il est arrivé à son terme, mais cela ne suffit pas. Nous venons d’engager un ensemble de réformes à long terme, destinées à moderniser le système financier et notre administration publique. L’objectif est de limiter la vulnérabilité de notre pays aux chocs des coûts des matières premières, de réduire le coût des affaires, et de poser les bases pour une croissance plus dynamique et diversifiée par le biais de la simplification et de la modernisation du cadre de la concurrence et du droit des affaires pour le secteur privé. 

L.L.D. : En vue de favoriser le développement durable du Suriname, vous aspirez à faire émerger de nouveaux relais de croissance. À l’instar de l’agro-industrie, du tourisme ou des services, quels sont les secteurs d’activité les plus propices à la diversification de l’économie surinamaise ? De quelles mesures accompagnez-vous cette stratégie en matière d’éducation et de formation professionnelle ? Plus largement, comment entendez-vous accroître l’attractivité de votre pays auprès des investisseurs étrangers ?

D.D.B. : Le gouvernement vient de lancer de nouvelles initiatives afin de stimuler les investissements dans le secteur non minier, avec l’accent mis sur des projets agro-alimentaires, dont le cacao, l’huile de palme, les fruits tropicaux et les légumes. Une attention spéciale sera portée au développement du tourisme, des services, du logement, des infrastructures, de la pêche ainsi que de la production et de la distribution d’énergie. Ces secteurs non miniers doivent devenir les nouveaux moteurs de la croissance économique et du développement durable, dans le cadre d’une économie plus diversifiée.
Il va sans dire que des investissements supplémentaires dans le capital humain sont une condition préalable pour l’augmentation qualitative et quantitative de la main d’œuvre locale, en soutien au processus d’industrialisation en cours. 

L.L.D. : Pour faire face au creusement du déficit public, vous avez initié une politique de réformes volontariste. À l’image des impératifs de consolidation fiscale que vous avez identifiés, quelles sont les grandes orientations de cette politique ? Comment envisagez-vous d’employer le soutien financier d’un montant de 478 millions de dollars accordé par le Fonds monétaire international (FMI) en mai 2016 ?

D.D.B. : Nos réformes ne sont pas fondamentalement destinées à éliminer le déficit public, car cet objectif a déjà été largement atteint. En 2015, notre déficit s’élevait à 8,8% du PIB et nous avons prévu de le contenir sous les 4% du PIB en 2016. En 2017, l’élimination graduelle des subventions à l’électricité, les améliorations substantielles de la marge bénéficiaire des secteurs pétroliers et aurifères, et un retour à la croissance économique, réduiront le déficit à 1-2% du PIB. Dans le même temps, l’introduction en 2018, d’une taxe sur la valeur ajoutée (TVA) apportera encore 2,5% de plus au PIB en termes de revenus.
Mais plus important que les efforts quantitatifs, nous insistons sur nos réformes visant à réduire le coût de la conduite des affaires tout en visant à l’augmentation de l’efficience, de la transparence et de la redevabilité, via par exemple le vote d’une nouvelle loi sur la gestion des finances publiques, la révision du décret sur la dette, le vote d’une loi sur les approvisionnements, la mise en œuvre complète de notre système intégré et informatisé d’information et de gestion financière en temps réel, ou l’harmonisation de notre système d’approvisionnement du secteur public.
Tournés vers l’avenir, nous souhaitons également minimiser l’impact des fluctuations des cours des matières premières sur les finances publiques. Pour cette raison, nous avons soumis au Parlement un projet de loi pour la création d’un fonds souverain dont l’objectif principal sera de limiter la volatilité des revenus nationaux liés aux matières premières. De plus, le fonds souverain absorbera les recettes supplémentaires induites par l’augmentation des exportations de marchandises ainsi que la plus grande partie du choc d’éventuelles baisses de revenus. Dans le futur, les finances gouvernementales devraient être alimentées de manière stable à hauteur de 4,5% du PIB, par des revenus provenant des exploitations pétrolières et minières. Une autre réforme de stabilisation des revenus interviendra grâce au passage d’un régime fiscal basé sur les revenus à un régime fiscal basé sur la consommation ; cette dernière représente une base fiscale beaucoup plus stable, particulièrement dans une économie reposant sur les matières premières comme le Suriname. La première étape sera la mise en œuvre en 2018 d’une TVA, suivie d’une simplification du régime d’imposition directe, pour laquelle nous recevons une assistance technique des Pays-Bas.
Quant aux fonds du FMI, ils seront exclusivement utilisés pour soutenir les réserves nationales. Le FMI n’accorde pas de prêts à des gouvernements, mais aux banques centrales et nous avons des limites très strictes relatives à la capacité de la banque centrale à financer le gouvernement. Les paquets d’assistance technique qui accompagnent l’accord de confirmation du FMI sont encore plus importants que le soutien financier de cette institution. Sachant que les vastes et complexes réformes administratives et légales constituent la pierre angulaire de notre programme, nous nous félicitons de l’apport de l’expertise technique du FMI, qui nous a permis de bénéficier de la présence d’experts de classe mondiale dans notre pays. 

L.L.D. : Au cours de votre premier mandat, avant la décélération de l’économie surinamaise, vous aviez initié un programme de renforcement des infrastructures routières, notamment à Paramaribo. Comment ce programme est-il appelé à se poursuivre ? À l’instar du pont reliant le Suriname à la Guyane, quels autres projets, y compris de transports portuaires, aéroportuaires et logistiques, pourraient, selon vous, mieux favoriser l’insertion régionale de votre pays ? 

D.D.B. : Divers projets d’infrastructures ont déjà été lancés au cours du premier mandat et d’autres sont au stade initial. Ces projets, qui concernent la construction de ponts, de routes, l’entretien de voies navigables, ainsi que la restauration d’infrastructures existantes, vont non seulement améliorer la connectivité locale mais également les conditions de vie de la population du Suriname en général.
Le pont entre le Suriname et la Guyane fait partie de la politique IIRSA (Initiative d’intégration de l’infrastructure régionale de l’Amérique du Sud) de liaison des pays d’Amérique Latine par la route, l’eau et les télécommunications.
Ce projet est une proposition commune Suriname-Guyane soumise pour financement au gouvernement chinois. Nous pensons que des étapes concrètes seront réalisées à cet égard en 2017.
Le dragage des fleuves Suriname et Nickerie est essentiel pour améliorer nos activités commerciales. Ce projet, actuellement à l’étude, est prévu pour un avenir proche. Nous souhaitons évoquer également le fait qu’au cours des dernières années, le port de Paramaribo a été reconnu comme l’un des ports les plus efficaces de cette région.
L’étude de faisabilité portant sur l’optimisation de l’utilisation de l’aéroport du Suriname, au regard de sa position géographique intéressante, en est au stade final. Les négociations pour une réalisation de ce projet sont en cours. Les installations de télécommunications doivent être améliorées afin de faciliter et améliorer le commerce, la coopération et la connectivité au niveau régional. 

L.L.D. : En 2013-2014, le Suriname a assumé la présidence tournante de l’Union des Nations d’Amérique du Sud (UNASUR). Rétrospectivement, comment évaluez-vous les retombées de cette responsabilité pour votre pays et son rayonnement international ? 

D.D.B. : En tant que membre actif de l’Union des Nations sud-américaines (UNASUR), le Suriname a assuré la présidence tournante de cet important instrument d’intégration régionale au cours d’une période où la perception de l’unité en Amérique Latine était plus ou moins sur le déclin. Les différents gouvernements avaient des visions divergentes sur de nombreuses questions, ce qui faisait de l’idée même d’une Union une vague improbabilité. Cette situation a permis au Suriname d’examiner des voies permettant de restaurer l’esprit original de coopération, tel qu’il avait été imaginé par les fondateurs de cette Union en 2008. La réunion des chefs d’États, qui s’est tenue à Paramaribo en août 2013, a présenté une occasion plus qu’adéquate de cimenter les anciens liens existants, dans un esprit d’amitié et de solidarité. Cette présidence de plus de 14 mois a permis au Suriname d’engranger une solide expérience et d’établir des liens fermes d’amitié et de compréhension, ouvrant de nouvelles possibilités pour toutes les parties concernées. Si l’on tient compte du fait que nous sommes le plus petit pays du continent sud-américain avec une histoire différente, un héritage culturel unique, nous sommes très fiers d’avoir réussi à recréer un esprit d’unité. Depuis que le Suriname est membre du bloc UNASUR, notre pays, qui a accédé à l’indépendance en 1975 et qui était relativement inconnu, est devenu un acteur à part entière du continent sud-américain, au sein duquel il partage des liens concernant divers aspects comme la jeunesse, les échanges entre les peuples et le commerce. 

L.L.D. : Tenant compte des difficultés économiques que traverse la région, quelle est votre perception de la poursuite du processus d’intégration sud-américain ? 

D.D.B. : Aujourd’hui, nous nous situons au carrefour de l’Amérique du Sud. Nous avons observé des changements politiques au Brésil, en Argentine et dans de nombreux autres pays sud-américains. Un processus de changement est en cours et je suis convaincu que nous devons attendre et voir l’évolution des choses, car beaucoup de ces prétendus problèmes sont également fortement ancrés dans la crise économique à laquelle nous sommes tous confrontés. Ainsi, de notre point de vue, nous devons encore attendre que les marchés se reprennent et permettent aux pays de notre région de surmonter les problèmes économiques qui perdurent. 

L.L.D. : À la lumière de la coopération linguistique engagée avec la Colombie pour la formation des diplomates, comment se matérialise ce processus ?

D.D.B. : Compte tenu du fait que nous sommes le seul pays néerlandophone de ce continent, ce qui nous isole des processus internationaux, le choix de l’élargissement des compétences linguistiques, en particuliers pour les membres du gouvernement, relève d’une évidence. En conséquence, en 2013, un accord a été passé avec le gouvernement colombien pour le lancement d’un cours spécial d’espagnol à Paramaribo. Depuis, plus de 500 officiels gouvernementaux se sont inscrits et apprennent l’espagnol. Nous pouvons donc affirmer aujourd’hui que ce fut une excellente décision et le processus se poursuit en accord avec le gouvernement de Colombie. 

L.D.D. : Situé à la charnière de l’Amérique du Sud et de l’espace caribéen, votre pays est également membre de la Caricom et de la CELAC. Pouvez-vous nous préciser le rôle qu’il compte jouer dans la construction d’un destin commun des pays d’Amérique latine ? Fort de votre participation à l’initiative Petrocaribe, quelles autres alternatives de coopération économique envisagez-vous dans la région ? 

D.D.B. : Nous sommes convaincus que la position géographique du Suriname sur l’épaule nord-est du continent sud-américain doit être comprise comme une passerelle naturelle entre la Communauté caribéenne (Caricom) et les pays membres de la Communauté des états d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC). 
Notre relation spéciale avec ces deux instruments d’intégration nous place dans une position d’ouverture à de nouvelles possibilités dans les domaines du commerce, des échanges culturels et beaucoup d’autres encore, fort utiles au développement durable. En tant que membre du Caricom, le Suriname travaille en étroite collaboration avec les autres états membres à l’amélioration des échanges interrégionaux entre la Caricom et les tierces parties.
Le Suriname est actuellement membre de Petro Caribe et attend beaucoup du partenariat avec le Mercosur, ce qui apportera de nombreuses opportunités commerciales dans un marché élargi. 

L.L.D. : Partageant une frontière de 520 km le long du fleuve Maroni, le Suriname et la France entretiennent une coopération transfrontalière croissante. Compte tenu des enjeux liés à l’immigration illégale, notamment en provenance d’Haïti, comment s’articule la coopération bilatérale en matière de sécurité ? Comment percevez-vous les accomplissements des liens noués à travers l’Agence française de Développement (AFD) ? En dépit de ce contexte favorable, comment expliquez-vous la modestie des échanges économiques bilatéraux et comment entendez-vous les amplifier ? 

D.D.B. : Le Suriname partage une frontière avec la Guyane française, donc avec la République française. Le Suriname considère que cette frontière de 520 km représente une opportunité d’amélioration des échanges commerciaux et de la coopération entre les deux pays. Nous sommes convaincus que notre connectivité prendra corps avec la réalisation d’un pont qui améliorera considérablement les échanges entre les deux rives. 
Actuellement, les échanges entre le Suriname et la France sont à un très bas niveau en raison des réglementations de l’Union européenne (UE). La création d’une chambre de commerce franco-surinamaise à Paramaribo constituerait une initiative importante en vue d’améliorer les relations commerciales entre les deux territoires. Une telle institution pourrait être fondamentale pour tous les départements d’Outre-Mer français dans cette partie du monde et pourrait faciliter les activités des exportateurs du Suriname confrontés à la bureaucratie de l’UE. Les départements français devraient à nouveau réfléchir à la possibilité de rejoindre la Caricom, ce qui pourrait éliminer toutes les barrières commerciales dans une région Caraïbe élargie.
En ce qui concerne l’immigration illégale et le trafic de stupéfiants, que vous évoquez dans votre question, nous pouvons affirmer que les services judiciaires et policiers sont en alerte et actifs dans tous les aéroports, sur toutes les routes et les voies navigables afin de lutter contre les trafics illégaux et prendre toutes les mesures nécessaires. La coopération bilatérale dans le domaine de la sécurité est renforcée avec tous nos partenaires et ce en permanence.
Pour les contrôles aux frontières, nous pensons que la France peut particulièrement jouer un rôle encore plus crucial dans la lutte contre la criminalité aux frontières.
Les liens avec l’AFD s’améliorent progressivement. Des travaux d’infrastructures sont menés à bien et les contacts avec cette Agence sont réguliers. 

L.L.D. : Au-delà de ses partenaires traditionnels, votre pays a accentué son ouverture internationale vers la Chine et les pays de l’Organisation de la Coopération Islamique (OCI). Comment en appréhendez-vous les retombées ? Au regard du soutien financier apporté depuis 2015 par l’OCI au redressement économique du Suriname, à travers quels accomplissements se traduit ce programme d’aide ? Comment sont appelés à s’approfondir ces liens ? 

D.D.B. : Une large portion de la population du Suriname a ses racines en Afrique, en Chine, en Inde et en Indonésie. Ces populations vivent en harmonie avec les habitants d’origine amérindienne. Après l’accession à l’indépendance en 1975, le Suriname n’a porté qu’une attention limitée aux possibilités de coopération et d’échange, avec ces pays. Notre gouvernement actuel a adopté une politique volontariste de coopération Sud-Sud. L’une des options pour mettre en œuvre cet objectif a été de rejoindre l’OCI (l’Organisation de Coopération Islamique). Cette organisation a déjà des décennies de coopération avec des pays d’où viennent nos ancêtres. 
Le Suriname a formalisé ce partenariat avec l’OCI à Djakarta, le 9 décembre 1996.
En tant que nouveau membre de l’OCI, nous bénéficions des possibilités que nous offrent ses structures et que nous considérons nécessaires pour le développement de notre pays et le progrès de notre population.
Par la suite, le Suriname est devenu partie prenante de la Banque Islamique de Développement, une décision qui sera utile au développement de notre pays. Entre temps, un prêt conditionnel de 1,8 milliard de dollars a été obtenu pour le financement de projets de développement.

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