$tabnombandeau  
  Vendredi 20 Octobre 2017  
 

troisieme trimestre 2016

La lettre diplometque
  Préfaces | Les Émirats Arabes Unis et la France : 45 ans de renforcement des liens
Préfaces | France-Émirats Arabes Unis : une relation solide et ambitieuse
Le Dialogue stratégique franco-émirien, fruit de 45 ans de coopération privilégiée
Une puissance arabe de plus en plus influente
Finance, transports, aéronautique, espace : une économie au cœur de la mondialisation
  Les Émirats Arabes Unis célèbrent leurs 45 ans : un chemin vers une croissance durable
 
  Les Émirats Arabes Unis, un partenaire stratégique pour IFP Énergies nouvelles dans le domaine des hydrocarbures
 
  L’eau et les énergies renouvelables : secteurs clé de l’innovation franco-émirienne
 
  Émirats Arabes Unis « des perspectives économiques favorables »
 
  Consolider notre position d’investisseur étranger
 
  Le tourisme : secteur porteur de la nouvelle économie émirienne
 
  Avec les Émirats Arabes Unis, Veolia relève le défi de la rareté des ressources
 
  Le secteur spatial atout des Émirats pour la transition vers une économie de la connaissance
 
  L’espace, vecteur dynamique de la coopération franco-émirienne
 
  Abu Dhabi, troisième implantation du GIFAS dans le monde
 
  Les Émirats et la France : une histoire de croissance mutuellement bénéfique
 
  Fujairah : l’autre facette du hub portuaire émirien
 
Les Émirats, caisse de résonance d’influences culturelles multiples
 
La lettre diplometque
La lettre diplomatique Haut
     Finance, transports, aéronautique, espace : une économie au cœur de la mondialisation
 
 

Pourvus de vastes réserves de pétrole, au sixième rang mondial, les Émirats Arabes Unis se sont pourtant transformés en quelques années seulement, en un pays en pointe de l’innovation dans les énergies renouvelables. Un paradoxe illustrant les ambitions de cet État du Golfe. Loin de se contenter de cette rente, ils ont, en effet, investi massivement pour bâtir une économie de la connaissance. Résultat, ils font aujourd’hui figure de laboratoire de la mondialisation. En dépit d’un environnement géopolitique compliqué, les entrepreneurs du monde entier s’y pressent, à commencer par les fleurons de l’industrie française. 


28 juin 2016, le groupe français Alstom remporte un succès de taille aux Émirats Arabes Unis. À la tête du consortium Expolink, auquel participent également le groupe de BTP espagnol Acciona et la compagnie turque de transports Gulermak, il s’est vu attribuer le contrat du « Road 2020 project ». Portant sur l’extension du métro de Dubaï vers le site de l’Exposition universelle 2020, sa réalisation nécessitera la construction de 15 km de ligne et l’acquisition de 50 trains. Un contrat d’un montant global de 2,6 milliards d’euros, dont 1 milliard pour le seul spécialiste français du transport ferroviaire. Celui-ci a su convaincre, notamment grâce à  une première expérience réussie avec la mise en place du réseau de tramway de Dubaï, l’un des plus modernes au monde, et dont la première ligne a été officiellement inaugurée le 1er novembre 2014.

Une bonne nouvelle pour Alstom, que l’ancien Premier Ministre français, devenu Ministre français des Affaires étrangères et du Développement international, Jean-Marc Ayrault, n’a pas manqué de souligner : « La France confirme ainsi, sur un marché de référence mondiale et fortement concurrentiel, le savoir-faire exceptionnel de son industrie ferroviaire et son implication en faveur de la réussite des grands événements internationaux. » Ce d’autant que les Émirats Arabes Unis figurent parmi les dix marchés cibles identifiés par la campagne Creative France lancée fin 2015 par le Premier Ministre Manuel Valls. 

Les préparatifs de l’Exposition universelle qui se déroulera en 2020 ont, en effet, suscité une multiplication des projets d’infrastructures, et de fait un surcroît d’appétit des entreprises étrangères. Outre Alstom, la RATP est également sur les rangs. Fort du partenariat signé en 2014 avec la Dubai Road and Transport Authority (RTA) en vue de développer la gestion intégrée des systèmes de transport dans l’émirat, elle a annoncé début 2016 la création d’une co-entreprise aux Émirats Arabes Unis entre sa filiale RATP Dev et la société Zain Capital, branche d’investissement du groupe Lakhraim Business pour lui permettre de « répondre aux projets de planification urbaine et de transport » du pays.  

Autre domaine stratégique pour l’accueil de l’Expo 2020, les infrastructures aéroportuaires. Dans ce secteur, la filiale d’Aéroport de Paris ADPI, a acquis une grande expérience auprès des autorités dubaïotes. En charge de la rénovation et de l’extension du terminal 2 de l’Aéroport international de Dubaï, elle y a mis en service, en janvier 2013, le « satellite A », bâtiment aéroportuaire le plus grand du monde, que le groupe Emirates dédie exclusivement aux Airbus A380. 

Plus récemment, ADPI s’est vue confier les études d’aménagement de la première phase de développement du nouvel aéroport international Al Maktoum. Situé à 50 km au sud de la ville, celui-ci aspire à devenir le plus important du monde. Si ses capacités actuelles sont de 5 millions de passagers par an, elles devraient être portées à 160 millions de passagers par an d’ici 2025. D’un montant de 30 milliards de dollars, ce chantier s’inscrit dans le cadre d’un vaste projet, le Dubai World Central, structure qui s’étendrait sur 140 km² incluant une cité logistique, une cité de l’aviation, une zone commerciale et résidentielle et une cité du golf.

De quoi conforter la dynamique de croissance de l’économie émirienne. Selon la banque d’investissement Arqaam Capital, spécialisée dans les marchés émergents, l’Expo Dubaï 2020, devrait ajouter 5% de croissance au PIB national, soit 23,4 milliards de dollars supplémentaires, en particulier grâce aux retombées générées par la consommation et le tourisme. 

Une manne qui, si elle se concrétise, ferait de l’Expo Dubaï 2020 une opération plus que rentable : Arqaam Capital évalue à 9,4 milliards de dollars les investissements publics consentis pour son organisation, soit presque le double des investissements consacrés à l’exposition qui s’est tenue en 2015 à Milan. Et c’est bien là l’autre bénéfice escompté : la construction des infrastructures d’accueil pour les quelque 25 millions de visiteurs étrangers attendus, s’inscrit dans le cadre d’une stratégie d’émergence économique savamment pensée plus large. 

Avec des réserves estimés à plus de 98 milliards de barils, les Émirats Arabes Unis ont largement fondés leur prospérité sur la rente pétrolière. Un secteur d’activité dans lequel les entreprises françaises ont su prendre une position de premier plan. En septembre 2016, le groupe Technip a, par exemple, remporté auprès de l’Emirates national Oil Company (ENOC) le projet d’expansion de la raffinerie de Jebel Ali. D’un montant de 1 milliard de dollars, celui-ci vise à accroître ses capacités de traitement à 210 000 barils par jour. 

C’est toutefois le groupe pétrolier Total qui joue dans ce secteur les premiers rôles. En 2015, il a confirmé son partenariat avec la compagnie nationale Abu Dhabi National Oil Company (ADNOC) qui lui a renouvelé sa concession au sein de l’Abu Dhabi Company for Onshore Petroleum Operations Limited (ADCO), à hauteur de 10% et pour une durée de 40 ans. Une décision importante puisque l’ADCO assure près de la moitié de la production de pétrole du pays, soit 1,6 million de barils/jours. Total s’est également vu confier le rôle de leader technique sur le champ de Bu Hasa et le groupe de champs Southeast (couvrant les champs de Sahil, Asab, Shah, Qusahwira et Mender), qui représentent environ les deux tiers de la production d’ADCO.

Implanté depuis 1939 en terre émirienne, Total y est le premier investisseur français. Il participe à d’autres projets d’envergure du secteur des hydrocarbures comme le pipeline qui transporte et commercialise du gaz produit aux Émirats Arabes Unis et au Qatar dans le cadre de la société Dolphin Energy Ltd, dont il détient 24,5%. Total s’est en outre engagé dans la formation des Émiriens aux métiers de l’industrie pétrolière au travers de la Total Academy qui bénéficie chaque année à une trentaine de jeunes, de Alreyda, un séminaire de licence destiné à une quarantaine d’étudiants et à une dizaine de jeunes professionnels du Moyen-Orient, ou encore du partenariat récemment conclu par le groupe avec l’Université Zayed. Plus significativement encore, le groupe Total est également devenu un acteur clé de l’essor d’un savoir-faire émirien en matière d’énergies renouvelables. Il est ainsi l’un des partenaires de la centrale solaire Shams 1 qui alimente aujourd’hui 20 000 foyers.

Le développement du mix énergétique émirien représente l’une des priorités de la stratégie nationale de diversification économique. Si les entreprises françaises ont échoué à imposer leurs solutions dans le secteur du nucléaire, elles ont, en revanche su convaincre dans celui des énergies renouvelables et du renforcement de l’efficacité. En 2015, le groupe Veolia a ainsi été chargé, via Enova, co-entreprise qu’il détient avec le groupe émirien Majid Al Futtaim, par l’Autorité d’Électricité et de l’Eau de Dubaï (ADEWA) d’améliorer l’efficacité énergétique globale de différentes infrastructures des Émirats. Conduit en partenariat avec Etihad ESCO, ce contrat a pour objectif de réduire de 31% les consommations d’électricité et d’eau de la zone franche de Jebel Ali à Dubaï (Jafza) d’ici six ans. 

La gestion et la production d’eau potable constituent un autre défi pour les Émirats Arabes Unis. Pour le surmonter, Abu Dhabi a, là encore fait appel, à l’expertise française. Outre celle de Veolia, le groupe Suez a également apporté ses solutions pour mettre en service l’usine de dessalement d’eau de mer construite par le groupe français Suez à Ghantoot, à 90 kilomètres au nord-ouest d’Abou Dhabi. Inaugurée en novembre 2015 par le groupe émirien Masdar, elle permet une production d’eau potable de 100 m3 par jour pour une consommation électrique inférieure à 3,6 kWh/m3.

L’ensemble de ces projets participent, plus largement, à la modernisation de l’économie émirienne. Un processus dans lequel s’impliquent les autorités de l’État au plus haut niveau. Autre caractéristique du marché émirien, celles-ci n’hésitent pas à solliciter les meilleures technologies, à l’instar de celles de la filiale Morpho du groupe français Safran pour la mise en place depuis le printemps 2015 de son système multi-biométrique aux frontières du pays. Baptisé « e-border », ce projet est une première mondiale en matière de contrôle aux frontières, grâce à l’alliance des dernières technologies biométriques, d’automatisation et d’intégration dont 96 e-Gates (portes automatiques de passage des frontières), 94 e-Counters (comptoirs électroniques d’immigration), ou encore le déploiement de la technologie « Finger On the Fly » solution unique au monde d’acquisition d’empreintes digitales « à la volée » et sans contact dans cinq grands aéroports des Émirats arabes unis. CH



Retour en haut de page
 
 

 
La lettre diplomatique Bas
  Présentation - Derniers Numéros - Archives - Nos Liens - Contacts - Mentions Légales