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  Vendredi 20 Octobre 2017  
 

troisieme trimestre 2016

La lettre diplometque
  Préfaces | Les Émirats Arabes Unis et la France : 45 ans de renforcement des liens
Préfaces | France-Émirats Arabes Unis : une relation solide et ambitieuse
Le Dialogue stratégique franco-émirien, fruit de 45 ans de coopération privilégiée
Une puissance arabe de plus en plus influente
  Les énergies renouvelables : vecteur d’une diplomatie émirienne sur tous les fronts
 
  La durabilité : objectif phare de la stratégie de développement émirienne
 
  « Connecter les Esprits, Construire le Futur » Expo 2020 Dubaï, source d’innovation
 
  Par M. Vicente G. Loscertales, Secrétaire général du Bureau international des Expositions (BIE)
 
  Aéronautique et armement : nouveau fer de lance de l’attractivité émirienne
 
  L’économie de la connaissance : un atout du modèle émirien 
 
  L’Union européenne et les Émirats Arabes Unis : une relation en pleine évolution marquée du sceau d’un intérêt réciproque
 
  Une diplomatie originale
 
Finance, transports, aéronautique, espace : une économie au cœur de la mondialisation
Les Émirats, caisse de résonance d’influences culturelles multiples
 
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     Une puissance arabe de plus en plus influente
 
 

Alors qu’ils viennent de célébrer le 45ème anniversaire de leur indépendance, les Émiriens ont déjà leurs regards tournés vers 2020. Ils accueilleront alors l’Exposition universelle, la première à se dérouler dans un pays du Moyen-Orient, en attendant les festivités du Jubilé de la Fédération émirienne en 2021. Son rayonnement international devrait atteindre un apogée, dont l’emblème sera, idéalement, le lancement de la sonde Hope Probe vers Mars. Les Émirats Arabes Unis deviendront alors le premier pays arabe à s’engager dans l’aventure de l’exploration spatiale.

Lutte contre le terrorisme, transition énergétique, aide humanitaire, dialogue interreligieux, conquête spatiale… Il n’est plus aucun enjeu global ou presque que la diplomatie émirienne n’ait pris à bras le corps. Conscient de cette montée en puissance, mais aussi des responsabilités qu’elle implique, le Ministre des Affaires étrangères, S.A. Sheikh Abdullah bin Zayed, pouvait déclarer le 24 juin 2015 : « la diplomatie des Émirats Arabes Unis est entrée dans une nouvelle ère ». Il s’exprimait alors devant le conseil d’administration de la toute nouvelle Académie diplomatique émirienne (EDA) dont les premiers élèves ont été diplômés en octobre 2016. 

De fait, l’affirmation des Émirats Arabes Unis sur la scène internationale au cours de ces dernières années est incontestable. Quatrième producteur de pétrole de la planète, ils sont un acteur stratégique de l’économie mondiale. Situés au cœur du Moyen-Orient, ils ont su savamment équilibrer leur politique étrangère et diversifier leurs partenariats, notamment en renforçant leurs liens avec les géants asiatiques que sont la Chine et l’Inde. 

Un stratégie gagnante consacrée par l’attribution aux EAU de l’organisation de l’Exposition universelle en 2020. Pas moins de 25 millions de visiteurs sont attendus à Dubaï, ville hôte de l’événement. Un défi pour un pays de quelque 9 millions d’habitants au plan logistique et de la sécurité. Mais aussi une véritable victoire au plan diplomatique, remportée à Paris, le 27 novembre 2013, à la faveur du vote d’une majorité des délégués nationaux du Bureau international des Expositions (BIE).

Ce succès est en quelque sorte le legs du père fondateur et architecte de la Fédération, S.A. Sheikh Zayed bin Sultan Al Nahyan. Décédé le 2 novembre 2004, c’est lui qui dès 1970, avait pris l’initiative visionnaire de présenter un pavillon sous la bannière d’Abu Dhabi à l’Exposition universelle d’Osaka, au Japon. Or, celle qui allait devenir la capitale des Émirats Arabes Unis n’était encore que celle de l’un des États de la Trêve sous protectorat britannique. Par la suite, une fois l’indépendance acquise, les Émirats Arabes Unis ne manqueront pas d’être présents à toutes les expositions universelles qui suivront, leurs pavillons successifs témoignant des transformations du pays et de son émergence.

Parallèlement, la politique étrangère émirienne n’a cessé de gagner en influence. « Des lieux qui n’étaient que des villages de pêcheurs il y a quelques décennies, sont désormais des puissances globales » explique Sultan Sooud Al Qassemi (Al Monitor, 8 octobre 2013), célèbre écrivain émirien. Pour lui, les cités du Golfe, à commencer par Abu Dhabi ou Dubaï, seraient en train d’éclipser les centres traditionnels d’influence du monde arabe comme Le Caire, Bagdad, Beirout ou Damas. 

Une dynamique qui semble, en effet, se confirmer depuis le « printemps arabe » et notamment la chute d’Hosni Moubarak en Égypte en septembre 2011. Jusque là plutôt discrète, la diplomatie émirienne a commencé à jouer un rôle croissant dans la recherche d’un nouvel équilibre politique régional. Outre son soutien économique et politique au Président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, élu en mai 2014, elle appuie l’idée d’une intervention militaire contre Daesh. Dès la formation de la coalition emmenée par les États-Unis, Abu Dhabi rejoint d’ailleurs sans hésiter l’effort pour contrer l’organisation terroriste par les airs. 

Les premières frappes de l’armée de l’Air émirienne débutent ainsi le 23 septembre 2014. Elles seront interrompues à partir de mars 2015 en Syrie et un peu plus tard en Irak. Mais les Émirats Arabes Unis resteront un partenaire clé de la lutte contre le terrorisme dans la région. Ils constituent à cet égard un point d’appui logistique pour les opérations des forces françaises qui y disposent d’une base militaire depuis 2009 (cf. p.23). Surtout, ils rejoignent un autre front, dans le cadre des opérations Tempête décisive, puis Restaurer l’Espoir déclenchées par l’Arabie Saoudite au Yémen. 

Les forces armées émiriennes s’illustrent alors par leur maitrise stratégique lors de deux batailles clés : en avril 2015, à Aden, pour expulser les rebelles chiites houtistes et en avril 2016, à Mukalka, pour reprendre la cité portuaire aux djihadistes d’Al-Qaïda. Les chars Leclerc émiriens déployés au Yémen fin juillet-début août 2015 auraient même « fortement impressionné les militaires de la région » selon Stéphane Mayer, Président-Directeur général du groupe Nexter.

Pour la Fédération émirienne, l’ennemi déclaré est le radicalisme quel qu’il soit. Dans son discours d’ouverture de la première édition de l’Abu Dhabi Strategic Debate, en octobre 2014, le Ministre d’État aux Affaires étrangères, Dr Anwar Gargash précise la position émirienne: « Au cours des dernières années, les Émirats Arabes Unis ont constamment attiré l’attention sur la menace croissante que posent des acteurs et des idéologies extrémistes sur notre région (…) L’essor de Daesh confirme l’ampleur de la menace. » Mais Daesh n’est pas la seule organisation se réclamant du fondamentalisme qui est dans le colimateur : Al Qaïda, bien entendu, mais aussi les Frères musulmans, parmi d’autres, le sont tout autant. De ce point de vue, il est fallacieux de faire une distinction entre des formes d’idéologies « radicales » et « modérées ». En effet, « ils sont fondamentalement opposés aux valeur de tolérance et à l’agenda modéré qui nous unis au sein des Émirats Arabes Unis avec beaucoup de nos partenaires internationaux. » 

Tout l’enjeu pour les Émirats Arabe Unis reste de préserver l’environnement d’ouverture qui forme la clé de voûte de son succès. Ses porte-voix les plus brillants sont aujourd’hui des femmes, comme le Dr. Amal Qubaisi, Présidente du Conseil fédéral national ou Sheikha Lubna Al Qassimi, Ministre d’État pour la Tolérance. De fait, forte des 200 nationalités qui la composent aujourd’hui, la Fédération se revendique fièrement comme un modèle de coexistance. Une spécificité que n’a pas manqué de souligner S.A. Sheikh Mohammed bin Zayed Al Nahyan, lors de son entretien avec le Pape François, au Vatican, le 15 septembre 2016. Une rencontre qualifiée d’historique qui laisse entrevoir une visite non moins historique du Pape François à Abu Dhabi en 2017. Les deux États devraient d’ailleurs approfondir leur coopération en matière d’aide humanitaire, autre domaine dans lequel les Émirats Arabes Unis s’illustrent parmi les pays les plus engagés. CH



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