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Quatrième trimestre 2015

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« Faire de la France une République numérique »

Par Mme Axelle Lemaire,
Secrétaire d’État chargée du Numérique auprès du Ministère français de l'Économie, de l'Industrie et du Numérique

Créer et développer un environnement économique favorable à l’essor des nouvelles technologies de l’information et de la communication, c’est tout l’enjeu du mandat de la Secrétaire d'État chargée du Numérique. En poste depuis avril 2014, Axelle Lemaire s’attelle à encourager l’innovation et l’interconnexion entre les start-ups, grâce notamment à la mission French Tech. Elle nous présente ici l’esprit de sa stratégie pour que la France conserve son avance dans nombre de secteurs du numérique tout en s’assurant que tous aient accès à cette révolution technologique.

Plus personne ne peut désormais le nier : le numérique est partout. Des ordinateurs aux textiles intelligents, des drones aux applications mobiles, de l’agriculture à la santé… le numérique conquiert chaque aspect de notre vie quotidienne, chaque secteur de notre économie.
Plus encore, nous assistons aujourd’hui à la troisième grande évolution de cette révolution numérique. En effet, après avoir interconnectés des documents (web 0.0), puis avoir fait émerger des entreprises de cette connexion (web 1.0), puis fait virtuellement interagir des hommes (2.0), nous relions aujourd’hui le virtuel au physique avec l’avènement de l’ère de l’internet des objets et des services (3.0).
Bien sûr, cette interconnectivité croissante est source de nombreux progrès sociaux et économiques, mais fait jaillir d’importants enjeux qu’il nous faut affronter de manière collective et responsable.
C’est cet horizon, celui d’une constante itération, qui guide mes travaux au Secrétariat d’État en charge du numérique – lesquels se sont, entre autres, traduits par la stratégie numérique du gouvernement présentée le 18 juin 2015.
Fixer un cap est fondamental, mais, et c’est là l’essence même du numérique, il est difficile de prévoir le futur, tant l’imagination conduit nos forces vives à créer ce que nous étions, quelques heures avant, pas en mesure d’imaginer !
En France particulièrement, j’ai toujours été impressionnée, et ne cesserai jamais de l’être, par la portée de l’imagination : c’est elle qui pousse nos entrepreneurs, nos artisans, notre écosystème à faire émerger l’innovation en s’appuyant sur la technologie.
Je reçois et rencontre chaque jour des porteurs de projet qui n’ont de cesse de repousser les limites de l’inconnu tout en œuvrant à la construction d’un monde digital humaniste. Qu’ils soient acteurs publics ou privés, qu’ils travaillent dans des domaines aussi variés que le droit ou l’aide au développement, leur énergie est une véritable ressource.
Ainsi, j’ai à cœur, et c’est l’objet-même de mon travail au ministère, de faire de la France une « République numérique ». Je souhaite qu’elle soit pour les citoyens, les entrepreneurs, les investisseurs, pour la recherche, l’innovation et la croissance, un solide partenaire.
Voilà pourquoi, nous œuvrons à faire de l’innovation le cœur-même de notre stratégie économique. Dynamiser, créer et développer un environnement économique favorable, un véritable état d’esprit, à celle-ci est le leitmotiv de nos politiques, au-delà même de notre seule stratégie numérique.
Pour ce faire, nous ne partons pas de néant, possédant en effet de véritables atouts – lesquels nous placent bien souvent au premier plan à l’échelle internationale.
Ceux-ci sont d’abord la qualité de nos infrastructures et l’importance de leur déploiement sur l’ensemble du territoire largement permise par le plan « France Très Haut Débit » que nous avons instauré en 2014. Il prévoit la couverture intégrale du territoire en très haut débit d’ici 2022 et vise le déploiement de réseaux en fibre optique jusqu’à l’abonné, avec le recours à des technologies alternatives pour les foyers les plus isolés.
Ce sont ces connexions très rapides et de qualité qui permettent ensuite à nos entreprises de mener à bien leur transformation numérique, de s’associer avec les jeunes pousses.
Elles permettent également l’accès de tous au très haut débit pour que l’égalité des territoires soit une réalité.
Plus encore, la France peut affirmer être à la pointe dans de nombreux domaines du numérique : pionnière du jeu vidéo avec ses grands noms désormais connus de tous (Ubisoft, Gameloft), championne de l’hébergement (OVH), initiatrice de nombreux MOOC* (France Université Numérique), moteur d’un secteur d’avenir avec les drones de Parott… la liste est longue. Nos grandes entreprises ont toutes entamées une transition numérique, de la SNCF à  nos industries d’armement, d’aviation et de réseaux, dont les succès commerciaux n’ont de cesse de croître.
L’État et les services publics ne sont bien sûr pas en reste. La mission French Tech a permis ainsi de fédérer plus de 13 métropoles et 4 écosystèmes, accueillant nos start-ups et mettant tout en œuvre pour les faire passer à l’échelle. Nos start-ups dès lors soutenues sont plus à mêmes de trouver les financements nécessaires à leur expansion, je pense par exemple à Blablacar dont la dernière levée de fonds atteste de l’attractivité des projets français à travers l’Europe entière.
Notre agenda loin de s’atteler aux seules start-ups, œuvre plus largement pour un environnement numérique serein et sécurisé. Cette confiance, nous la faisons reposer sur des règles claires et respectées en matière de neutralité du net, de confidentialité des données ou de respect de le vie personnelle.
Nos institutions, telles que la CNIL (Commission nationale de l'informatique et des libertés), y veillent activement, et l’enjeu qui est mien est de clarifier l’ensemble des normes dans mon projet de loi que je présenterai à l’automne. Je travaille également activement avec l’Union européenne et son organe exécutif qu’est la Commission. Nous avons choisis dans ce cadre de faire de la confiance la trame de notre feuille de route vers un marché numérique commun, présentée au printemps dernier.    
L’État est également un acteur de premier plan, tant en son sein qu’envers ses citoyens, surtout les plus démunis, en matière de numérique. Ainsi, je défends et travaille à des programmes de simplification administrative, de manière à faire de notre État un pourvoyeur de services publics efficaces, accessibles à tous et rationnalisés.
Les plans en cours de mise en œuvre concernent un accès à l’information et une saisie administrative simplifiés. Ainsi, avec des initiatives telles que « mes-aides » ou encore « Dites-le nous une fois »,  nous valoriserons une utilisation aisée des services publics.
Enfin, un projet qui me tient tout particulièrement à cœur et sur lequel j’ai beaucoup travaillé est le projet de Grande École du Numérique. Lancée mi-septembre 2015, cette Grande École sera celle en priorité des jeunes en situation précaire qui auront la possibilité d’y apprendre les métiers du numérique dans un environnement qui, s’il est innovant et précurseur, demeurera rigoureux et de haut niveau. Cette Grande École fédérera les initiatives existantes et à venir qui offrent aux plus fragiles et à ceux les plus éloignés de l’emploi ou de la formation, l’occasion d’apprendre les métiers parmi les plus porteurs et recherchés de notre économie.
En fin de compte, je veux dire à ceux qui, depuis l’étranger, font avancer la France l’importance de mon engagement pour la rénovation numérique de notre pays.   

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*MOOC : massive open online course (formation en ligne ouverte à tous)

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