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premier trimestre 2014

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Horizons diplomatiques : démocratie et commerce international à la croisée des chemins

Année du lancement des commémorations du Centenaire de la Première Guerre mondiale, qui inaugura un siècle de fer et de sang, 2014 n’aura pas apporté - contrairement à tous les espoirs - la paix et la stabilité dans le monde.
En effet, les combats en Syrie, s’ils avaient donné l’impression de diminuer en intensité, se sont intensifiés en début d’année, continuant de provoquer des milliers de victimes et des centaines de milliers de personnes déplacées, le seul Liban en accueillant près du million, la Jordanie et la Turquie un demi million, l’Irak 200 000 et l’Egypte 120 000. Nous verrons si la destruction de l‘arsenal chimique syrien, envisagé au 30 juin, dont le coût a été estimé à un milliard de dollars deviendra effective, alors que les délais prévus à l’origine pourront être difficilement tenus. Le sort de l’Irak dépendra également dans une certaine mesure des événements syriens. D’autres foyers de crises ont aussi sollicité l’attention des chancelleries et des médias internationaux.
En Afrique, dans le pays le plus jeune de la planète, le Soudan du Sud, l’affrontement fratricide a gravement compromis son œuvre de reconstruction.
Au Proche-Orient l’introuvable dialogue entre Israël et les Palestiniens, dont l’ONU a proclamé 2014, année de solidarité à leur égard, dépassera-t-il le stade des velléités ? Les Etats-Unis, semblaient décidés à se départir de leur rôle d’arbitre dans lequel ils s’étaient cantonnés pour adopter un rôle plus actif en proposant un accord-cadre comportant des propositions précises sur les principales questions divisant les deux parties. Il est aujourd’hui peu vraisemblable que cette solution jugée, par ailleurs, peu réaliste par nombre d’observateurs, ait des chances d’être retenue. S’ajoute la conclusion d’un accord de réconciliation entre le Fatah de Mahmoud Abbas et le Hamas à Gaza qui ne reconnaît pas Israël et que celui-ci qualifie d’organisation terrosriste avec laquelle il exclue toute discussion. Dans ce contexte, Il n’est pas certain que la poursuite unilatérale du plan d’adhésion mis en œuvre par la direction palestinienne à une soixantaine d’instances de l’ONU et d’accords internationaux soit de nature à apaiser les tensions.
Mais c’est en Europe, là ou tout un chacun espérait l’émergence d’une vaste zone de paix, de prospérité et de coopération, réunissant toutes les parties du continent, que sont survenues en Ukraine, précisément sur la ligne séparant historiquement l’Europe centrale de l’Europe orientale, une série d’événements qui illustrent le nouveau rapport de force qui s’est instauré entre la Russie et l’Occident.
A l’issue d’un vaste mouvement populaire réunissant le spectre le plus large des forces politiques ukrainiennes, des démocrates aux ultranationalistes de droite, le régime de l’ancien Président « pro-russe » Viktor Ianoukovtich a cédé à la pression populaire et aux pressions des Européens, dont la médiation tardive, intervenue le 21 février, a joué un rôle non négligeable dans le changement intervenu au sommet de l’Etat. Profitant de ces soubresauts, la population largement russophone de la péninsule de Crimée, et de la ville à statut spécial de Sébastopol, qui n’avaient cessé  de demander, depuis 1991, leur rattachement à la Fédération de Russie, ont organisé dans l’urgence un référendum le 16 mars jugé « illégal » par l’UE et les Etats-Unis qui s’est prononcé avec une large majorité pour le rattachement à la Fédération de Russie.
Cette « réunification » pour Moscou, « annexion » pour les Occidentaux, a donné naissance à la crise la plus aigue intervenue depuis la chute de l’URSS, et conduit Européens et Américains à édicter un train de sanctions à l’égard d’un cercle de responsables russes, à stopper les discussions portant sur l’allégement du régime des visas et la suspension de la Russie du G8. Ces divergences dont la gravité ne saurait être sous-estimée n’ont, pour le moment, pas eu de conséquences au plan économique et bien qu’après une phase de tensions intenses, la parole soit momentanément revenue à la diplomatie, chacun s’interroge sur les perspectives de désescalade que pourraient entrainer les récents accords de Genève, les discussions de Vienne où plus probablement une médiation de l’OSCE.
En Turquie, bien des événements ont contribué à rendre plus complexe la situation de ce pays charnière engagé sur plusieurs fronts et dont l’ambition était de se hisser parmi les puissances régionales émergentes. Il reste à voir dans quelle mesure Recep Tayyip Erdogan parviendra à maintenir sa position de leader incontesté au sein du Parti de la Justice et de la Liberté (AKP), ce qui l’autoriserait à modifier la Constitution, lui permettant de briguer la succession du Président Abdullah Gül, avec des pouvoirs renforcés. Quelles en seraient alors les conséquences sur le processus d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne, jamais abandonné, mais qui après une période de sommeil semble s’être animé ?
Quoi qu’il en soit de ces foyers de tensions, l’année 2014 sera pour la démocratie une année chargée. A peu près dans tous les endroits de la planète les électeurs ont été ou seront appelés aux urnes. A commencer par ceux des 28 membres de l’Union européenne du 22 au 25 mai, où les députés du Parlement européen seront élus pour la huitième législature. Le principal enjeu de ce scrutin est connu : renouer le lien entre les citoyens et les institutions européennes. Dans les pays riches, le taux de participation baisse constamment, de plus de 80% dans les années 1970 il est tombé à moins de 70%, voir 60-65% à compter de 2010. Pour les élections européennes, pour lesquelles l’électeur ne s’est jamais senti directement et émotionnellement impliqué, ce taux qui avait atteint 62% pour les premières élections de 1979, est descendu à 43% en 2009. Cette année, il risque fort de descendre au-dessous des 40%, phénomène qui s’ajoutera à la forte poussée attendue des partis extrémistes, nationalistes et anti-européens.
Si cette hypothèse se confirmait, cela augurerait mal de la vitalité de la vie politique européenne. Ce fossé entre le « peuple européen » apparaît d’autant plus préoccupant que 2014 sera l’année du renouvellement quasi complet des postes les plus en vue au sein de l’exécutif européen. Sont à pourvoir les postes de Président de la Commission européenne, du Président du Conseil européen qui représentera les Etats membres, celui du Haut Représentant de la politique étrangère, le Commissaire aux Affaires économiques et monétaires, ainsi qu’un peu plus tard, le Président de l’Euro groupe. Toutes ces nominations donneront lieu aux habituels marchandages entre les capitales européennes. La Grèce qui assume la présidence de l’Union européenne au cours du premier semestre aura fort à faire pour les mener à bien avant de passer le relais à l’Italie à partir du 1er juillet. Ce, d’autant plus que l’Union européenne demeure confrontée à d’importants défis. Après l’instauration de l’Union bancaire de la zone euro, qui confère à la BCE la tâche de superviser les 130 banques principales à risques de la zone, elle devra œuvrer dans une seconde étape à la résolution des crises bancaires en recapitalisant ou en mettant en faillite ordonnée les établissements les plus mal gérés.
Alors que la France poursuit dans la zone sahélienne son œuvre de stabilisation dans les conflits du Mali et de République Centrafricaine, la question du renforcement de la capacité des Européens en matière de défense est revenue en tête de l’agenda de la construction européenne, Paris demandant à ses partenaires de ne pas se limiter à une aide financière ponctuelle, ni à des soutiens logistiques limités, mais d’avancer en direction de la création d’un fonds de financement permanent pour les interventions extérieures.
Des scrutins tout aussi décisifs se tiendront dans les plus grands pays du Sud. En Inde, 800 millions d’électeurs sont appelés aux urnes, dont 150 millions pour la première fois. Selon les observateurs, les chances du Parti du Congrès aux commandes depuis 2002 apparaissent faibles pour l’emporter cette fois-ci. C’est le parti du peuple indien (BJP) avec à sa tête Narenda Mori, Ministre en chef du Gujarat, dirigeant énergique qui a le vent en poupe. En Afrique du Sud où se sont déroulées début mai les cinquièmes élections générales post-apartheid (législatives et présidentielles), l’ANC a remporté une nouvelle victoire. L’Egypte retournera également aux urnes avec des élections présidentielles et législatives. Renouant avec la tradition historique du pays poursuivie depuis les années 1950, c’est l’homme fort du régime, le général Abdelfattah Al-Sissi, qui briguera la présidence lors du scrutin des 26 et 27 mai. Sans oublier les élections générales qui se déroulent également en Indonésie et dont la première partie (élections législatives) vient d’être remportée par le principal parti d’opposition, donnant de fortes chances au gouverneur de Jakarta, Joko Widodo d’être bien placé pour les présidentielles de juillet. Au Brésil, la Présidente Dilma Rousseff sera en lice en octobre pour un deuxième mandat.
Aux Etats-Unis, où se tiennent les élections de mi-mandat, les enjeux ne sont pas moindres, compte tenu de la volonté des Républicains, non seulement de conserver ou d’accroître leur majorité à la Chambre des représentants, mais de s’emparer également du Sénat. Dans ce cas, Barak Obama aura le plus grand mal à faire passer le reste de son programme de réformes (politique d’immigration, lutte contre le changement climatique, ou le rétablissement des crédits destinés à l’éducation et aux infrastructures) sans compter qu’il aurait les coudées beaucoup moins franches à l’extérieur, domaine où il lui reste à obtenir des résultats concrets qui lui permettront de laisser sa trace dans l’histoire. Seul, apparemment, une percée sur le dossier iranien décidera du jugement que portera l’histoire sur sa politique étrangère.
Il convient d’espérer que l’accord intérimaire portant sur le nucléaire iranien, signé à Genève le 24 novembre 2013, conduira à un accord durable, équilibré et vérifiable, susceptible de clore un des chapitres les plus épineux de l’agenda international de cette dernière décennie. Un accord entre l’Iran et le groupe de P 5 + 1, renforcé par l’aval de la communauté internationale mis en œuvre sous le contrôle effectif de l’AIEA, serait de nature à relâcher les tensions dans cette région du monde. Il ne manquerait pas d’avoir des conséquences directes, sur la crise syrienne, et la situation au Liban où une récente vague d’attentats a aussi ravivé le spectre de nouveaux affrontements. Un tel accord contribuerait certainement à apaiser les tensions au sein du monde arabo-musulman partagé entre sunnites et chiites.
D’un autre côté, s’agissant de cette question de la non prolifération nucléaire, peut on espérer que la Corée du Nord, qui a déjà effectué trois essais d’arme nucléaire, se résoudra au dialogue, ne poursuivra pas dans la voie de la miniaturisation de ses armes, ou de perfectionnement de son arsenal balistique, et s’acheminera vers l’apaisement avec la Corée du Sud, les Etats-Unis et le Japon. L’Asie du Nord-Est, une des régions clefs de l’économie mondiale, tirerait des bénéfices accrus de cette réduction des tensions. Peut-on espérer également que la question de la souveraineté portant sur les ilots de Senkaku/Diayou en mer de Chine du Sud ne conduira pas à une nouvelle surenchère. De toute façon, le Japon ne manquera pas d’accélérer le processus de réforme de sa Constitution en abolissant son article 9 confinant le rôle de ses forces armées qu’à la seule autodéfense de l’archipel.
Alors qu’un nouveau Secrétaire général devrait prendre en septembre la tête de l’OTAN, organisation qui a rénové sa stratégie « smart defense » et noue un réseau de partenariats avec plus d’une vingtaine de pays, 2014 sera aussi cruciale pour l’Afghanistan, où ont eu lieu les élections présidentielles. En fin d’année, les Etats-Unis retireront leur contingent militaire et clôtureront ainsi un engagement militaire, le plus long de leur histoire, qui leur aura coûté 3000 victimes. Ils y laisseront un contingent résiduel de 15 000 hommes, ainsi qu’une promesse d’aide annuelle de 4,1 milliards de dollars, une partie provenant des membres de la coalition internationale. Certes le régime afghan est doté d’une légitimité populaire et il est plus stable que celui qu’avaient laissé les Soviétiques lors de leur départ. Mais Kaboul ne pourra pas éviter de dialoguer, voire de pactiser avec les Talibans, qui occupent la plus grande partie du territoire à l’Est et au Sud de Kaboul. Certains d’entre eux accepteraient une présence américaine sur cinq bases afghanes au-delà de 2014 - telle que le prévoit l’accord stratégique Etats-Unis-Afghanistan ratifié par le Parlement afghan en avril 2012 - à condition que les militaires américains n’interfèrent pas dans la vie religieuse et politique du pays. Ils sont disposés à un cessez-le-feu dans le cadre d’une solution globale du conflit, à la condition qu’il ne soit pas interprété comme une capitulation de leur part. Quelle politique, dans ces conditions mèneront l’Inde et le Pakistan, les deux puissances de l’Asie du Sud, en Afghanistan, Delhi laissant le champ libre à Islamabad pour se concentrer sur ses rapports avec Pékin ?
L’année 2014 aura été celle de grandes manifestations sportives, de grandes compétitions internationales, qui auront célébré la passion du sport, stimulé les fiertés nationales. Le cycle s’est ouvert à Sotchi, le 7 février pour les XXIIème Jeux Olympiques d’hiver. Il se poursuivra en juin avec la Coupe du monde de football au Brésil. Ces grands événements augureront sans doute d’une période plus favorable pour le commerce international, en cette année du 20ème anniversaire de la fin de l’Uruguay Round, le cycle de négociations internationales, qui a débouché sur la création de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC). La percée opérée à Bali, en décembre 2013, même si elle n’est pas complète, renforcera la croissance des échanges, qui ont progressé deux fois plus que la croissance mondiale, atteignant les 18 400 milliards de dollars. L’aboutissement des négociations portant sur les accords de libre-échange régionaux en cours comme le Partenariat transpacifique (TPP) qui comprend 12 pays de la zone mais pas la Chine, ou le Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TTIP) entre l’Union européenne et les Etats-Unis, ne pourrait que jouer le rôle d’un puissant stimulant supplémentaire.
La croissance de l’économie mondiale devrait atteindre 3,4%, contre 2,8% en 2013, tirée par les Etats-Unis, où le cycle de désendettement du secteur privé est achevé, le marché immobilier stabilisé, le renouveau technologique assuré et la « révolution » des hydrocarbures non conventionnels en marche. L’Asie et la Chine, qui reconvertit son modèle économique vers une croissance plus lente et qualitative plus orientée vers la satisfaction de la demande intérieure restent dans une dynamique de croissance soutenue. Le Japon continue de bénéficier de la politique de relance budgétaire du Premier Ministre Shinzo Abe, malgré sa dette gigantesque. En Europe, les pays sortent peu à peu de la récession d’abord les Britanniques, avec 2,7% de prévision de croissance pour 2014 suivis par ceux de la zone euro où la croissance devrait avoisiner 1%. De même, les matières premières (cuivre, zinc, aluminium) qui avaient fortement chuté en 2013, affectés par le ralentissement des pays émergents particulièrement la Chine, amorcent un cycle de reprise.
Bien des conférences internationales de caractère plus technique se réuniront cette année  (sur les télécommunications en juillet à Berlin, sur le changement climatique au Pérou en décembre, avant celle de 2015 en France, mais aussi le Forum économique d’Astana au Kazakhstan du 21 au 23 mai).
Toutefois, les grands rendez-vous attendus dans les grands pays développés et émergents ne sauraient faire oublier la place des pays plus modestes ou moins médiatisés. Les Nations unies ont, en effet, déclaré 2014 « Année internationale des petits Etats insulaires en développement ». Dans ce cadre, une conférence internationale doit se tenir du 1er au 4 septembre à Samoa, dans le but de mobiliser l’intérêt et le soutien au développement durable dans ces pays, de souligner leurs efforts pour surmonter les défis uniques pour le développement auxquels ils font face, ainsi que de célébrer leur riche patrimoine culturel et leurs contributions à la communauté mondiale. Auparavant, Moroni capitale des Iles Comores accueillera le 26 juillet le sommet de la Commission de l’Océan Indien (COI) pour discuter, entre autres sujets, de l’ouverture de l’organisation à d’autres pays (Sri Lanka, Maldives) et des questions de son autonomie financière.
Le prochain sommet de la Francophonie qui doit se tenir à l’automne à Dakar verra également s’achever le troisième mandat de l’ancien président sénégalais Abdou Diouf comme Secrétaire général de l‘Organisation internationale de la Francophonie. Outre le développement de l’usage du français, ce dernier peut s’énorgueuillir d’avoir donné une stature politique à l’organisation en lui attachant la défense des valeurs démocratiques et de bonne gouvernance qui ont incontestablement ajouté à son influence. Les défis restent cependant immenses pour celui des candidats déclarés qui parviendra à se hisser à la tête de l’OIF et qui devra concilier la valorisation de l’élargissement à d’autres Etats qui s’est développé ces dernières années, avec le désir de recentrage émis par quelques pays fondateurs.
En France, en dehors du renouveau attendu de la nomination d’un « Gouvernement de combat » pour la croissance et l’emploi, dont le président François Hollande a fait ses priorités, c’est déjà l’année du Vietnam, pays avec lequel elle partage une longue histoire, militaire et de sécurité, mais également des liens humains et culturels, qui se doivent d’être ravivés dans l’optique de sa politique asiatique.
La France et la Chine célèbrent également le 50ème anniversaire de l’établissement de leurs relations diplomatiques, marqué par le séjour en France du Président chinois XI Jinping trois jours durant. Une occasion de souligner la qualité des relations entre les deux pays et d’en valoriser les dimensions, notamment dans les domaines économique, culturel, scientifique, de l’enseignement supérieur et du tourisme.
2014 marquera enfin la commémoration du 70ème anniversaire de la Résistance, des débarquements, de la Libération et de la victoire sur l’horreur et la barbarie nazies.
« Les guerres prenant naissance dans l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes que doivent être élevées les défenses de la Paix ». Gageons que cet extrait de l’Acte constitutif de l’UNESCO, fait à Londres le 16 novembre 1945, encore d’une telle actualité, puisse inspirer nos dirigeants politiques et les appelle à en méditer le sens profond.    
François Béranger

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