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troisième trimestre 2013

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La BEI dynamise la croissance et la compétitivité en Europe et en France

Par M. Philippe de Fontaine Vive,
Vice-Président de la Banque Européenne d’Investissement (BEI)

Les années de crise que nous connaissons depuis 2007 ont non seulement durement frappé l’Europe en y exportant les défaillances américaines, mais surtout profondément affecté le financement de nos économies et induit une anémie généralisée. Pour une partie grandissante des opinions européennes, il en est résulté un sentiment de perdre la maîtrise de leur destin et un scepticisme grandissant à l’égard du projet européen, comme envers la capacité des gouvernants à agir sur le long terme.
Dès lors, dans un monde en profonde mutation où la compétition est désormais redoutable, il est plus que jamais indispensable de faire fonctionner les outils de solidarité et d’efficacité européens. Et la BEI est, par nature, un de ces mécanismes. Créée avec l’Europe en 1958 pour que les pays de l’Union européenne (UE) convergent vers une économie sociale de marché, la BEI finance des investissements utiles et efficaces par des prêts européens qu’elle alimente en levant ses ressources au meilleur coût – grâce à sa notation Triple A – sur les marchés mondiaux des capitaux.
Orientateur et transformateur de l’épargne européenne et mondiale, la BEI est donc un instrument efficace pour soutenir la croissance et la compétitivité en Europe dans une perspective contra-cyclique et ce, sans coût pour le contribuable. C’est ainsi qu’en réponse aux chocs les plus violents de la crise, la Banque avait accru ses financements de 30% en 2009-2011. C’est ainsi également que, à la demande du Conseil européen du 28 juin 2012, elle s’est engagée à apporter quelque 180 milliards d’euros à l’économie européenne sur les trois années 2013, 2014 et 2015. Par ce nouveau sursaut de ses activités, de l’ordre de 40%, la BEI contribuera à la formation de quelque 550 milliards d’investissements nouveaux en Europe.
C’est donc un véritable plan de relance européen qui est engagé par la Banque au profit des priorités européennes. Et dans cet ensemble, la BEI met un accent particulier sur l’économie française puisque ses volumes de prêt y progresseront de plus de 60% en passant d’un montant annuel de 4,3 milliards en 2012 à 7 milliards les années suivantes. Cette mobilisation exceptionnelle traduit notre volonté de valoriser les atouts de l’économie française, à la charnière des économies divergentes du Sud et du Nord de la zone euro, pour contribuer à la relance européenne.
Pour être pleinement efficace, la Banque a adapté ses outils financiers afin de tenir compte des trois enseignements de la crise :
L’épargne doit retrouver le chemin de l’investissement productif : par eux-mêmes, les 70 à 80 milliards d’emprunts annuels de la BEI sont un des canaux efficaces de la mobilisation de l’épargne vers l’investissement. Mais il faut aller plus loin et permettre que nos modes d’intervention contribuent à réorienter sur le long terme une partie des quelque 16 000 milliards d’euros d’épargne privée actuellement sous gestion en Europe. Alors qu’environ un tiers de ces ressources est en placement monétaire ou de très court terme et que seul 1% est orienté vers le financement des infrastructures, modifier, même de manière marginale, ces tendances d’allocation d’épargne serait une réponse efficace au besoin de financement de nos infrastructures et des entreprises qui les réalisent.
Les banques commerciales doivent retrouver leur rôle principal : financer l’économie. La BEI a accru ses interventions en faveur des banques commerciales pour le financement des petites infrastructures et des PME. Ses produits (refinancements à long terme, garanties et autres accords de partage de risques) ont pour objectifs d’apporter des financements longs tout en allégeant les contraintes de capital des banques dans un environnement particulièrement difficile.
Comme l’opinion publique commence à le comprendre, les dépenses budgétaires doivent être repensées en termes d’efficacité pour la collectivité. Là encore, l’intervention de la BEI est une bonne illustration : plutôt que de distribuer 10 milliards d’euros de subventions – qui, par nature, n’ont qu’un faible effet de levier –, les États européens ont préféré investir 10 milliards d’euros dans notre capital pour permettre de mobiliser 60 milliards de financements additionnels sur trois ans. Le Conseil européen de juin 2013 a repris le raisonnement en accroissant l’adossement des concours du Groupe BEI-FEI (Fonds européen d’investissement) à davantage de moyens budgétaires européens afin de développer des instruments de portage de risques, de garantie ou d’ingénierie financière.
En sa qualité de « banque de l’Union européenne », la BEI guide son action en répondant à deux impératifs : celui de la solidarité européenne et celui de la proximité.
Être un levier de solidarité européenne, c’est être actif dans chacun de nos pays comme une force de cohésion et de transfert d’expérience au bénéfice des pays qui souffrent le plus de la crise. Ainsi, en Grèce, la BEI réussit – avec le soutien des fonds structurels européens – à apporter 1,5 milliard d’euros aux PME grecques et à lancer un programme de financement des exportations courantes, à hauteur de 500 millions d’euros, pour permettre la survie des entreprises grecques qui ne trouvent plus à financer leurs flux de court terme. En Allemagne et en Europe centrale, la BEI finance non seulement la réparation d’infrastructures après les inondations du printemps 2013, mais également des entreprises fortement innovantes.
Mais être la banque de l’Union européenne, c’est aussi démultiplier son action en s’appuyant sur des partenaires puissants et fiables au niveau local, pour rester accessible au plus grand nombre. En prenant l’exemple de la France, il est possible de mieux comprendre ce que signifie cet effort nouveau.
Si, traditionnellement, la BEI est à l’écoute des « champions européens » que sont nos grandes entreprises ayant des projets d’un montant supérieur à 100 millions d’euros (Airbus, PSA, Renault, ST Microelectronics, Illyad, Pierre Fabre, Guerbet, Valéo, etc.), la Banque et sa filiale spécialisée dans le financement des PME, le FEI, touchent les porteurs de petits projets en intermédiation bancaire ou financière. Pour ce faire, la BEI travaille en étroite concertation avec 370 banques en Europe, dont chaque groupe bancaire français. Pour densifier cette coopération, nous avons développé de nouvelles formes d’action en proximité des PME, dont on peut citer deux exemples récents : d’une part, l’accord de garantie du FEI en faveur d’Isodev, nouvel acteur du prêt participatif en France, qui sera ainsi en mesure de lever des fonds obligataires bénéficiant à quelque 3 000 TPE/PME en phase de création ; d’autre part, deux opérations de cautionnement intéressant le groupe BPCE (Banque Populaire Caisses d’Épargne) qui sécuriseront un total de 2 milliards d’euros de prêts, dont une enveloppe de 250 millions spécifiquement dédiée aux PME innovantes.
En sus de notre collaboration avec les banques commerciales, nous engageons une coopération structurée avec Bpifrance. Au lieu de travailler au coup par coup avec les différentes entités composant la nouvelle banque publique, nous pouvons à présent organiser l’aditionalité des outils européens et français au profit des PME et ETI, mettant à leur disposition toutes les innovations financières que l’Europe rend possible : financement à moyen et long termes, prêts participatifs, fonds propres et d’amorçage, garanties, microfinance, etc. Au 25 septembre 2013, ce partenariat avait déjà trouvé une expression tangible par un accord de refinancement et de garanties de la BEI, à hauteur de 950 millions d’euros, dont une part essentielle sera consacrée par Bpifrance à la mise en place des « Prêts Pour l’Innovation – PPI » aux PME.
Ce nouveau dispositif de la BEI en faveur du secteur privé permet de fixer un horizon de 2,5 à 3 milliards d’euros pour les entreprises françaises en 2013, dont environ 100 000 PME et ETI qui bénéficieront de nos concours en intermédiation bancaire ou financière.
S’agissant des collectivités publiques autres que l’État - qui portent près des deux tiers de l’investissement public en France -, nous nous en sommes également rapprochés. Nous avons réussi à créer des relations directes avec chacune des Régions françaises, soit pour financer leurs compétences directes (comme les lycées ou les matériels roulants ferroviaires), soit pour leur apporter les meilleures modalités au soutien des investissements dans les énergies renouvelables ou l’efficacité énergétique. De même, nous entretenons une coopération étroite avec les principales conurbations de France pour le financement de leurs projets de développement urbain et de leurs services collectifs dans le domaine des transports, de l’assainissement, de l’éducation ou de la santé, que ce soit en maitrise d’ouvrage publique ou en gestion déléguée.
Pour aller au-delà de cet échelon régional, la BEI s’appuie désormais sur les réseaux bancaires commerciaux, mais aussi sur un partenariat renforcé avec la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) et son réseau régional. Les deux institutions de financement à long terme de l’économie vont assurer un guichet unique pour les porteurs de projets de moyenne dimension. Les priorités de ce dispositif sont les structures d’enseignement (notamment la refonte du patrimoine universitaire), le logement social et le déroulement des réseaux à très haut débit dans les départements ruraux. Le récent accord de financement, à hauteur de 72 millions d’euros en faveur du très haut débit (THD) de Haute-Savoie, en est une illustration exemplaire et originale, conjuguant les efforts de la CDC et de la BEI et la mobilisation de trois banques à forte implantation régionale.
Ainsi la Banque peut-elle envisager un horizon de 3 à 3,5 milliards pour les infrastructures et les collectivités territoriales françaises en 2013, malgré un contexte économique peu favorable à l’émergence de grands investissements nouveaux.
À l’heure où paraissent ces lignes, les nouvelles opérations signées en 2013 totalisent près de 80% de notre objectif d’apporter plus de 7 milliards d’euros de financements à l’économie française. Avec nos partenaires décentralisés, nous devons prolonger cette mobilisation sur les années qui viennent et contribuer ainsi au retour d’une croissance plus pérenne et durable.
Ce faisant, nous poursuivons un double objectif : d’une part, celui de mettre à disposition du plus grand nombre de promoteurs notre capacité financière issue de notre qualité de premier emprunteur quasi souverain sur les marchés mondiaux des capitaux et, d’autre part, catalyser le maximum de ressources de l’épargne privée pour soutenir l’innovation de nos entreprises ainsi que les projets qui améliorent la qualité de vie de nos concitoyens.
Mais, au-delà de nos financements, il s’agit de restaurer la confiance dans le potentiel de notre économie. Au cours des trois dernières années, nous évaluons qu’à l’échelle européenne près d’un demi-million d’emplois auront été confortés par nos financements pour des projets d’infrastructures ou de recherche et développement (R&D) par des grandes entreprises. Par ailleurs, nos apports de crédit ou de fonds propres en faveur des PME auront sécurisé ou créé 2 millions de postes de travail. Avec le sens du devoir qui l’anime et sa capacité d’adaptation aux évolutions économiques, la BEI contribue, sur le terrain, à refaire du projet européen, un « rêve européen ».    

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