Dimanche 21 Avril 2019  
 

N°101 - Premier trimestre 2013

La lettre diplometque
  Éditorial
Kazakhstan
Lituanie
Libye
Philippines
Gabon - Diploprofil©
  Intégration régionale et ouverture économique : priorités de la diplomatie gabonaise
 
  Les relations franco-gabonaises : une nouvelle ère
 
  Un potentiel industriel en plein essor
 
  Gabon : nouveau partenariat de l’Institut Pasteur
 
  Un eldorado vert
 
opinion
Coopération internationale
Formation et Enseignement supérieur
 
La lettre diplometque
La lettre diplomatique Haut
     Gabon - Diploprofil©
 
 

Émergence économique : le Gabon accélère le rythme

Pourvu de vastes ressources pétrolières et minières, le Gabon s’est affirmé au cours de la dernière décennie comme l’une des économies montantes de l’Afrique subsaharienne. Dès son élection le 30 août 2009, le Président Ali Bongo Ondimba a lancé un vaste programme de réformes. Baptisé le « Gabon émergent », celui-ci vise à diversifier les sources de croissance et à hisser le pays parmi les économies les plus dynamiques à l’horizon 2025. Alors que le Président Ali Bongo Ondimba assume depuis juillet 2012 la présidence tournante de la CEMAC, S.E.M. Ngoyo Moussavou, Ambassadeur, Haut Représentant de la République Gabonaise en France, évoque les lignes directrices et les accomplissements de cette stratégie, ainsi que le rôle moteur du Gabon dans le processus d’intégration de l’Afrique centrale. 


La Lettre Diplomatique : Monsieur l’Ambassadeur, le Président Ali Bongo Ondimba a initié depuis son élection en octobre 2009 un vaste programme de réformes visant à hisser le Gabon parmi les économies émergentes à l’horizon 2025. Quel bilan pouvez-vous dresser des principales mutations d’ores et déjà accomplies dans le cadre de cette dynamique ?

 

S.E.M. Ngoyo Moussavou : Depuis son arrivée à la magistrature suprême, le Président de la République s’est effectivement attelé à traduire en actions concrètes les promesses faites aux populations gabonaises dans son projet de société qui porte l’ambition de faire du Gabon un pays émergent à l’horizon 2025. En presque quatre ans, c’est un bilan que nous pouvons qualifier de satisfaisant et de très encourageant pour la suite.  

En effet, le Gabon ressemble aujourd’hui à un vaste chantier à ciel ouvert, où tous les secteurs, bien qu’évoluant à des rythmes différents, font l’objet de réformes courageuses et connaissent une mue profonde. Sans faire une énumération exhaustive, je voudrais en relever quelques-uns, notamment  celui des infrastructures de transport avec 1 000 kilomètres de routes bitumées à ce jour pour un objectif de plus de 3 600 kilomètres en 2016 ; celui de la diversification de l’économie où nous avons pu attirer sur la période 2010-2012 plus de 4 milliards de dollars d’investissements directs étrangers, avec des perspectives de croissance de 7,3% en 2013.  

Ce point me permet d’attirer l’attention particulière sur l’environnement des affaires, caractérisé par une fiscalité très attractive et un climat politico-social stable. Mon pays, qui jouit de plusieurs avantages comparatifs dans la sous-région, est classé par la COFACE comme le meilleur « risque-pays » de l’Afrique centrale.

Un autre secteur d’importance, est celui de la santé, où nous procédons à la reconstruction des principaux hôpitaux publics afin de mieux accueillir une population qui bénéficie, au demeurant, d’un système de couverture maladie et d’assistance sociale renforcé pour les plus démunis. Selon le dernier rapport du PNUD sur le développement humain, le Gabon possède le meilleur Indice de développement humain (IDH) de l’Afrique subsaharienne et occupe la 6ème place à l’échelle du continent. Il en est de même du secteur de l’éducation pour lequel nous avons lancé un vaste programme de construction de structures délocalisées, afin de tirer profit des avantages comparatifs de chaque région du Gabon (Cité verte de l’éducation et du savoir, écoles forestières, École des mines, etc.).  

Toutes ces mutations rendent compte d’une dynamique profonde que nous maintenons et pour laquelle nous nous mobilisons avec détermination.  

 

L.L.D. : Adopté en novembre 2012, le budget pour l’année 2013 prévoit une forte augmentation des dépenses d’investissement dans le domaine des infrastructures. Quels projets vous semblent être les plus emblématiques de cette volonté ? Fort de la construction de deux nouvelles centrales qui viendront compléter le barrage de Poubara, quelles sont les retombées attendues de la mise en valeur du potentiel hydroélectrique du Gabon ?

 

S.E.M.N.M. : Il faut noter que ce budget s’inscrit prioritairement dans le sens de la poursuite de la mise en œuvre du « Plan stratégique du Gabon Émergent ». L’augmentation significative des dépenses d’investissement, qui s’établissent à plus de 74% et dont la tendance sera maintenue jusqu’en 2025, permet la prise en compte globale d’environ 175 projets pour un effort budgétaire total d’environ 20 milliards de dollars.

S’agissant précisément des projets les plus emblématiques, je citerais notamment la construction de logements sociaux et de structures hospitalières et scolaires, le bitumage de nouvelles routes, la poursuite de la construction des barrages hydroélectriques, le renforcement des réseaux aéroportuaire, portuaire et ferroviaire, ou les télécommunications.

En ce qui concerne la mise en valeur du potentiel hydroélectrique du Gabon, il faut noter que, de manière graduelle, la stratégie nationale de développement de l’électricité retient trois étapes majeures : une première qui porte sur la sécurisation de l’offre dans les grands centres urbains (Libreville, Port-Gentil et Franceville) ; une deuxième qui vise le développement du potentiel hydroélectrique et la mise en place du Réseau national interconnecté (RNI) ; une troisième qui permettra la pleine valorisation du potentiel énergétique gabonais en vue de son exportation vers le marché régional (environ 3 000 MW).

Le Gabon dispose, à l’heure actuelle, d’importantes ressources énergétiques qui restent, nous en sommes conscients, largement sous-exploitées. On évalue à 2% le niveau d’exploitation d’un potentiel hydroélectrique qui atteint 6 000 MW. Et cela, sans intégrer la disponibilité de la biomasse forestière qui n’est pas encore valorisée. À l’horizon 2020, nous avons l’ambition de produire 100% d’énergie propre, dont 80% renouvelable.

 

L.L.D. : Alors que le pétrole représente plus de 80% des recettes d’exportation de votre pays, le Président Ali Bongo Ondimba a fait de la diversification de l’économie gabonaise sa priorité. À l’image du complexe métallurgique de Moanda, comment le secteur minier est-il appelé à se développer ? 

 

S.E.M.N.M. : Le Gabon dispose d’un potentiel minier important mais jusqu’alors insuffisamment valorisé (manganèse, fer, niobium, minerai de phosphates, terres rares, uranium, thorium, diamant, plomb, zinc, argent, barytine, etc.). Aussi, est-ce dans l’optique de mieux l’exploiter que l’un des objectifs principaux du Plan stratégique Gabon émergent (PSGE) est de développer le potentiel minier et d’ériger une filière de métallurgie propre. Plus spécifiquement, il s’agit :

- d’encourager la recherche minière et le développement de nouvelles mines, notamment d’or et de fer ;

-
de développer la production des ferro- et silico-manganèses (le Gabon étant à ce jour le seul grand producteur de manganèse à ne pas fabriquer ces alliages) ;

-
développer une filière sidérurgique avec la production de minerai de fer puis de minerai de fer réduit à l’état solide (DRI), la transformation de l’acier en lingots puis en profilés métalliques.

Des grands chantiers ont été lancés.  C’est le cas du Complexe métallurgique de Moanda (C2M), qui permettra une production de 50 000 tonnes de silico-manganèse par an à l’horizon 2014. Le Gabon envisage d’accroître cette production en visant la transformation de 15 à 30% du manganèse extrait, afin d’être positionné parmi les principaux pays producteurs de DRI.

D’autres chantiers sont en voie de lancement. Je pense au projet Mabounié conduit par le groupe français Eramet et sa filiale gabonaise Comilog.

En outre, le développement du secteur minier au Gabon passe par une valorisation des compétences nationales spécialisées de haut niveau ; d’où le renforcement du dispositif national de formation, une politique d’allocation de bourses davantage cohérente avec les besoins futurs du Gabon émergent, tout autant que des partenariats fructueux avec de grands groupes disposés à former des jeunes Gabonais pour leur permettre d’acquérir une expérience de haut niveau.

 

L.L.D. : Représentant l’un des axes majeurs de la stratégie de développement durable promue par le chef de l’État, la filière bois constitue la deuxième source d’exportation de votre pays. Fort de la mise en service de la zone économique spéciale de Nkok, quelle approche est-elle préconisée en vue d’accroître la valeur ajoutée des exportations gabonaises dans ce secteur ? Quelles initiatives sont-elles prévues pour valoriser les ressources agricoles et halieutiques dans le cadre de la politique environnementale du « Gabon Vert » ? 

 

S.E.M.N.M. : La stratégie d’accroissement de la valeur ajoutée des exportations du bois gabonais prend forme avec la décision prise par le chef de l’État en 2009 et effective depuis mai 2010. Cette décision, il faut le rappeler, interdit l’exportation des grumes et oblige par conséquent leur transformation préalable sur place. Bien plus, cette mesure fait partie d’un ensemble plus large dont l’objectif est l’augmentation du niveau de richesse créée, qui passe par le développement d’un tissu industriel innovant et diversifié. Quatre actions majeures sont menées autour de la filière bois :

-
l’amélioration du dispositif institutionnel et règlementaire, notamment par l’actualisation du code forestier et l’adhésion au régime d’autorisation FLEGT de l’Union européenne (UE) relatif à la délivrance d’autorisation pour le bois et produits dérivés originaires de pays partenaires de l’UE et destinés à l’exportation vers l’UE ;

-
la réalisation d’infrastructures industrielles et logistiques de la filière bois telles que l’aménagement de cinq domaines industriels du bois, la construction du complexe industriel de transformation de bois d’Owendo ou encore l’aménagement d’une plateforme dédiée aux produits transformés de bois dans le cadre de l’aménagement du port en eaux profondes de Port-Gentil ;

-
le renforcement de l’appui au secteur privé à travers la mise à niveau de la filière de transformation du bois, la promotion d’un marché national du bois et la promotion internationale du bois gabonais ;

-
le développement de la formation professionnelle liée audit secteur par la création de lycées techniques du bois et d’un pôle de compétences bois à Ntoum.

S’agissant des ressources agricoles et halieutiques, l’objectif du Gouvernement est de favoriser l’émergence d’une agriculture, d’une pêche et d’une aquaculture suffisamment modernes pour garantir la sécurité alimentaire des populations. Réduire les importations alimentaires afin de permettre une autosuffisance  en produits vivriers, halieutiques et d’élevage en devenant exportateur net de produits agro-industriels, tout en respectant les principes d’agriculture raisonnée et de développement durable, tels sont les résultats que nous ambitionnons d’enregistrer.

 

L.L.D. : Le développement des services est défini comme le troisième levier de l’émergence de votre pays. Quelle approche est-elle privilégiée en vue de stimuler l’essor de ce secteur ? Comment le gouvernement gabonais compte-t-il accompagner cette aspiration en ce qui concerne la formation professionnelle et universitaire ? 

 

S.E.M.N.M. : Comme vous le rappelez, le secteur des services représente l’un des fondements de l’émergence, l’un des principaux leviers de stimulation de la croissance souhaitée. L’approche qui est privilégiée vise à faire du Gabon un pôle dynamique de services à valeur ajoutée et un pôle régional d’excellence dans le tourisme, la formation technique supérieure, les services numériques, les nouveaux services de l’économie verte, les services financiers, la santé et l’immobilier. Cette approche consiste, par conséquent, en deux objectifs stratégiques. 

Le premier vise à positionner le Gabon comme une destination de référence en matière de tourisme durable. Il s’appuie sur un cadre dénommé « Programme Sectoriel Tourisme » qui se décline en deux actions : 

-
l’élaboration d’un Plan opérationnel Tourisme 2012-2016, avec cinq objectifs :

-
développer une image mondiale de qualité autour du Gabon Vert ;

-
renforcer les compétences en ingénierie touristique et en marketing ;

-
multiplier les investissements en réceptifs d’hébergement de qualité ;

-
accroître la promotion de la destination Gabon sur les principaux marchés émetteurs de tourisme d’affaires et d’écotourisme ;

-
développer l’accès au Gabon au meilleur coût à travers une offre aérienne compétitive et le renforcement des services d’accueil (agences réceptives, services aéroportuaires) ;

-
la formation aux métiers du tourisme et de la restauration.

Le second objectif stratégique est de faire du Gabon un pôle régional de l’économie numérique et de la communication. Il s’articule autour d’un « Plan Sectoriel Économie Numérique et Communication » qui renferme entre autres actions principales :

- la réforme du cadre juridique des télécommunications et des technologies de l’information et de la communication ;

- la réforme du code de la communication ;

-
la mise en place du Fonds du développement de l’Économie numérique (FDEN)

-
la mise en place d’un Fonds d’aide à la production cinématographique de l’image et du son ;

- le passage à l’audiovisuel numérique ;

-
le déploiement national de la radio et la télévision, et d’autres mesures.

Les réformes qui sont actuellement menées dans le domaine de la formation professionnelle et universitaire obéissent à la logique d’une nécessaire compatibilité entre les secteurs identifiés comme prioritaires et la nature de nos besoins en matière de développement. C’est ainsi que nous mettons, par exemple, un accent particulier sur les métiers du bois (pour accompagner les objectifs de valorisation des potentialités de la forêt gabonaise comme contenu dans le « Gabon vert » ou en matière d’industrialisation de la filière bois, conformément au « Gabon industriel »), sur les mines, sur les nouvelles technologies de l’information et de la communication. C’est tout le sens des différents partenariats qui sont noués avec des structures bien spécifiques dans ces domaines comme en Suisse ou en France.

 

L.L.D. : Succédant au Congo-Brazzaville, le Gabon a pris la présidence de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) en juillet 2012. À la lumière des conclusions de la Commission ad hoc mise en place par le chef de l’État gabonais, comment votre pays envisage-t-il de contribuer à l’accélération de l’intégration régionale ? À l’instar de la compagnie aérienne Air CEMAC, d’autres projets communautaires pourraient-ils permettre de donner corps à ce processus ? 

 

S.E.M.N.M. : Tout en gardant la prudence qui sied, en raison du fait que le Président de la République Gabonaise, Président en exercice de la CEMAC, n’a pas encore rendu public l’agenda de la présidence gabonaise de cette institution, nous pouvons identifier un certain nombre de questions qui constituent des axes d’accélération du processus d’intégration de la sous-région.

Il s’agit de la libre circulation des biens et des personnes dans la zone CEMAC, de l’aboutissement du projet de compagnie aérienne communautaire Air CEMAC, et de la concrétisation du passeport biométrique CEMAC. Parmi les autres sujets, figurent le rapprochement entre les bourses de valeurs de Libreville et de Douala, le Programme économique régional (PER) et la sécurisation du financement de la CEMAC par la Taxe Communautaire d’Intégration (TCI).

Plus que tout, et je me permets de reprendre les propos du Président Ali Bongo Ondimba, pour qui, il y a également lieu de prendre en compte la dimension humaine du « vivre ensemble », l’impératif de construction d’une « CEMAC des peuples », afin de ne pas voir en notre institution régionale « un jeu d’affaires et de finance, mais plutôt l’œuvre puissante d’hommes qui construisent leur histoire commune ».

 

L.L.D. : Étroitement engagé dans le processus de stabilisation de la République Centrafricaine, le Gabon est partie prenante de la Mission de consolidation de la paix en Centrafrique (MICOPAX). Suite à  la prise de Bangui par les rebelles de la Seleka le 24 mars 2013, dans quelle mesure la diplomatie gabonaise compte-t-elle poursuivre sa médiation en vue de trouver un accord de paix durable ? Plus largement, quelle analyse faites-vous de cette crise ? 

 

S.E.M.N.M. : L’un des axes majeurs de la politique étrangère du Gabon est la recherche de la paix et de la sécurité. L’engagement de mon pays, tant au niveau des instances sous-régionales que continentales et internationales, en faveur de la résolution pacifique des conflits justifie aujourd’hui le rayonnement diplomatique international qui lui est reconnu. C’est au nom de ces idéaux que notre action en faveur de la résolution de la crise centrafricaine a été menée. En sa qualité de Président en exercice de la CEMAC, le Président Ali Bongo Ondimba a offert ses bons offices et accueilli tous les protagonistes à Libreville. Vous connaissez toute l’importance de la République Centrafricaine (RCA) dans le dispositif d’intégration régionale de l’Afrique centrale et les efforts que mon pays déploie pour que l’évolution de ce processus ne soit pas retardée du fait des crises, aux côtés de quatre autres membres de la CEMAC. Je veux parler du Cameroun, du Congo, de la Guinée Équatoriale et de Sao Tomé-et-Principe.

Les résultats obtenus dans le cadre de l’Accord de sortie de crise signé le 11 janvier 2013 ont permis le retour à une forme de stabilité en RCA qui a été quelque peu compromise par les derniers événements. Mais le Gabon continue de renouveler sa disponibilité à accompagner les efforts permettant le retour à une paix durable. C’est en vertu de cette volonté que le Président Ali Bongo Ondimba a pris part au Sommet des chefs d’État de la CEEAC (Communauté économique des États de l’Afrique centrale) le 3 avril 2013 à N’Djamena. Les décisions qui y ont été adoptées, notamment la formation d’un « collège » de transition, sur la base d’une élection « par les forces vives de la nation », avec à sa tête un président qui serait élu pour une période qui « ne doit pas excéder 18 mois », ont pour objectif final de permettre un retour à la paix durable et au fonctionnement normal des institutions au sein de ce pays frère qu’est la République Centrafricaine.

 

L.L.D. : Illustrant la diversification en cours des partenaires internationaux de l’économie gabonaise, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a effectué une visite officielle à Libreville les 8 et 9 janvier 2013. Quelles sont les perspectives de coopération entre les deux pays ? Quel regard portez-vous sur le choix du Président chinois de faire de l’Afrique la destination de son premier déplacement à l’étranger ? Comment appréhendez-vous enfin la montée en puissance des échanges entre votre pays et la Chine, ainsi qu’avec d’autres économies émergentes ?

 

S.E.M.N.M. : Le renforcement des relations bilatérales entre la Turquie et le Gabon s’inscrit dans une politique d’ouverture au monde, imposée par le contexte de globalisation des relations commerciales et la nécessité pour mon pays de nouer des partenariats fructueux. Les secteurs renforcés sont notamment la santé, l’agriculture, le tourisme, le transport aérien, et la formation technique et scientifique dans le domaine militaire, en plus du cadre diplomatique. 

Les perspectives, quant à elles, concernent l’industrie du bois, le tourisme, les mines, les hydrocarbures, l’énergie, les NTIC, l’habitat, les infrastructures et la finance. C’est le sens du forum économique Gabon-Turquie, qui s’est tenu en mars 2011.

En ce qui concerne la Chine et son intérêt pour l’Afrique, cela traduit la pertinence de toutes les analyses qui sont faites sur les nombreuses potentialités dont regorge ce continent.  La Chine, comme bien d’autres pays émergents, fait le pari de croire en l’Afrique, en son développement, en ses ressources humaines.  La visite du Président chinois en Afrique en est une illustration.

 

L.L.D. : Le Gabon demeure l’un des principaux partenaires politiques et économiques de la France en Afrique. Bien que cette relation ne soit plus exclusive, comment qualifieriez-vous l’héritage des liens historiques entre les deux pays que symbolise notamment la célébration du 100ème anniversaire de la fondation de l’hôpital Docteur Albert Schweitzer à Lambaréné ? Comment souhaiteriez-vous voir se manifester l’intérêt des entreprises françaises et notamment des PME à l’égard des opportunités du marché gabonais ? 

 

S.E.M.N.M. : La France et le Gabon entretiennent des relations multiformes qui sont marquées d’un profond respect mutuel et d’un attachement aux éléments de l’histoire commune. À côté des relations économiques et politiques qui sont très régulièrement rappelées, il y a ce pan culturel de nos relations que nous pouvons observer avec l’œuvre accomplie par le Dr Albert Schweitzer à Lambaréné. Le centenaire de la construction de l’hôpital Schweitzer constitue pour le Gabon l’occasion non seulement de magnifier l’homme à travers son engagement pour l’humanité, mais également de montrer combien nous sommes déterminés à maintenir intact l’esprit « schweitzerien » du respect de la vie et de tout être vivant.  

C’est le sens du projet de création d’un centre hospitalier universitaire international à Lambaréné, qui est le point de rencontre entre la science, les soins cliniques, la santé publique et la formation à travers un modèle de collaboration internationale. Cette unité permettra de coordonner les efforts de l’Hôpital Albert Schweitzer, de l’Hôpital régional de Lambaréné mais aussi de l’Université de Tübingen (Allemagne) et de l’Université d’Harvard (États-Unis). Les affections telles que la tuberculose, le VIH/sida ou le paludisme y seront étudiées et traitées.

Pour ce qui est des PME françaises, je voudrais rappeler que le Gabon est un pays doté de nombreuses potentialités qui ne demandent qu’à être exploitées. Le taux de croissance estimé de 7% en 2013 et l’inflation à 1,3% sont autant d’indicateurs appréciables. Les secteurs d’investissement sont nombreux (hydrocarbures, mines, BTP, routes, industrie forestière, tourisme, etc.). De plus, dans les secteurs où se trouvent déjà des grands groupes, les activités de sous-traitance sont multiples.  

En outre, il convient de noter les fortes demandes de PME gabonaises pour des partenariats avec leurs équivalentes françaises. Par le biais de partenariats public-privé, de joint-ventures, ou de simples contrats, les PME françaises peuvent assez aisément s’insérer dans le tissu économique, et ce d’autant plus que de nombreuses incitations fiscales ont été mises en place. Je pense notamment au fait que les bénéfices des sociétés ne sont imposables qu’à un taux de 35%, à l’exonération totale de l’impôt sur les sociétés pendant les dix premières années dans les Zones économiques spéciales, ou aux multiples dérogations des régimes fiscaux du secteur bois. Ce sont là quelques raisons qui militent en faveur d’une présence plus accrue des PME françaises dans le tissu d’investissement du Gabon.

Retour en haut de page
 
 

 
La lettre diplomatique Bas
  Présentation - Derniers Numéros - Archives - Nos Liens - Contacts - Mentions Légales