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Deuxième trimestre 2012

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L’Arrivée de l’ambassadeur et la présentation des Lettres de créance

Par S.E.M. Carlos Antonio Carrasco, Ancien Ministre, ancien Président de l’Ottawa Diplomatic Association (ODA), Ambassadeur, Observateur permanent de l’Union latine auprès de l’UNESCO.

Après nous avoir présenté les chapitres correspondant à la réponse d’agrément, l’accréditation et les Lettres de créance, extraits du Manuel du Diplomate* dont il est l’auteur et parus dans le N°97 de La Lettre Diplomatique, S.E.M. Carlos Antonio Carrasco, nous présente ce qu’il est coutume d’appeler « l’Arrivée de l’ambassadeur » et la « Présentation des Lettres de créance », deux temps forts de la vie diplomatique et protocolaire.

L’arrivée de l’Ambassadeur
Dans certains pays (pas dans la majorité), un agent du protocole reçoit l’ambassadeur à l’aéroport pour l’aider avec les procédures migratoires. Cependant, il est absolument certain que l’ambassadeur sera reçu par des membres du personnel de la mission qui le conduiront à la résidence de l’ambassade, dûment préparée pour son arrivée.
Naturellement, s’il n’y a pas de résidence officielle, l’ambassadeur séjournera dans un grand hôtel.
La Convention de Vienne sur les relations diplomatiques stipule que les bagages de l’ambassadeur sont inviolables et, par conséquent, non assujettis à la révision douanière. Cependant, ce privilège peut être levé à la demande bien fondée des douaniers et, une fois le consentement de l’ambassadeur donné, les bagages peuvent être ouverts et révisés. Dans le cas où cette mesure voudrait être évitée, les bagages pourraient être scellés avant le départ.1
Ce privilège s’étend au conteneur dans lequel arrivent les meubles et autres biens personnels des diplomates ainsi qu’à la sortie du pays de ces mêmes biens une fois la fonction diplomatique terminée.2
La première tâche de l’ambassadeur sera de demander un entretien au chef du Protocole de l’État hôte à qui il remettra une note verbale demandant une date et une heure pour la présentation de ses lettres de créance au chef de l’État. Dans quelques pays, il est de coutume de faire parvenir préalablement la copie des lettres au Premier Ministre ou au Ministre des Affaires étrangères.
Tant que la présentation des lettres de créance au chef d’État n’a pas eu lieu, l’ambassadeur désigné doit se considérer comme incognito (a non-person en anglais), c’est-à-dire qu’il ne pourra effectuer de visites aux autorités nationales, ni assister à des manifestations publiques dans l’exercice d’une fonction qui n’est pas encore reconnue par l’État hôte.
De la date d’arrivée à la remise des lettres de créance, des jours, des semaines et même des mois peuvent passer. Il s’agit là d’une période très incommode pour l’ambassadeur.

Présentation des lettres de créance
- La réception des lettres de créance du nouvel ambassadeur par le chef d’État est la confirmation d’une fonction, d’une mission et d’un rang. Ainsi, l’importance de cet acte se traduit par une cérémonie protocolaire qui varie d’un pays à l’autre. Par exemple, l’ostentation de la cérémonie sera plus élaborée dans les monarchies comme le Royaume-Uni, les Pays-Bas et l’Arabie Saoudite, et plus simple dans les démocraties fonctionnelles telles que la Suisse, le Costa Rica ou la Tunisie.
Au cours de la première visite, le chef du Protocole expliquera, probablement à l’aide de graphiques, toutes les étapes de la cérémonie. Le nouvel ambassadeur devrait s’efforcer d’obtenir des réponses claires et précises aux questions suivantes :
1- Code vestimentaire : Quelle est l’exigence protocolaire concernant la tenue ? (Nous avons déjà mentionné que dans certains pays la jaquette est exigée et, dans d’autres, un simple costume foncé suffit)
2- Lieu : Dans quelques pays, le bureau du protocole enverra un de ses agents dans une voiture officielle pour escorter le nouvel ambassadeur de sa résidence au palais ou à la résidence du gouverneur, où il sera reçu par le chef d’État.
3- Escorte : l’ambassadeur pourra être accompagné par sa femme (exemples : États-Unis, Canada ou Bolivie) et du personnel de son ambassade (le nombre d’accompagnateurs est parfois limité).
4- Déroulement : à l’arrivée au palais ou à la résidence du gouverneur, le chef du Protocole (anciennement appelé « l’introducteur des ambassadeurs ») vous attendra pour vous conduire en présence du chef d’État qui sera accompagné de son ministre des Affaires étrangères ou en son absence, un haut fonctionnaire de ce ministère.
Avant de remettre les lettres de créance, l’ambassadeur prononcera un bref discours (il n’est pas recommandé de le lire) dans lequel il exprimera sa complaisance de représenter son pays auprès de cet illustre gouvernement.
Le chef d’État répondra immédiatement, vous invitera à vous asseoir à sa droite et commencera une conversation protocolaire au cours de laquelle aucun sujet n’est généralement abordé de manière approfondie.
Quelques anecdotes recueillies lors de ces occasions ont été incluses à la fin du manuel du diplomate.
Après un maximum de trente minutes, un geste délibéré du chef d’État indiquera que l’entrevue est terminée et le cortège se retirera en respectant les préséances observées à l’arrivée.
À ce moment, si le protocole le permet, une photographie du chef d’État avec l’ambassadeur pourrait être prise.
Un dernier détail : étant données les multiples tâches de l’État, il est coutume de fixer une seule journée pour la réception successive des lettres de créance d’un maximum de cinq ambassadeurs.
Conclusion : dans peu de pays, des fanfares militaires jouent les hymnes nationaux du pays hôte et du pays accréditant à la sortie du palais ou de la résidence du chef d’État.
Toast : une fois la cérémonie terminée, et le cortège de retour à la résidence, l’ambassadeur peut offrir un toast au chef du Protocole, à quelques fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères et, s’il le désire, aux ambassadeurs des pays les plus proches du sien.   

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1 Dans le seul but de prouver ce point, souvenons-nous du triste cas de l’ambassadeur mexicain accrédité auprès du gouvernement de Bolivie en 1963, Don Salvador Pardo Boland, qui s’est vu confisquer 25 kilos de sulfate de cocaïne par les services douaniers de l’aéroport de New York. Par la suite, il fut condamné à 11 ans de réclusion dans la prison d’El Paso.
2 Un abus de cette licence a causé beaucoup de maux de tête à l’éminent ambassadeur vénézuélien auprès de l’Union Soviétique, Don Regulo Burelli Rivas qui, en 1978, n’obtint pas l’autorisation officielle de sortir du pays cinq conteneurs soi-disant remplis d’antiquités classées biens patrimoniaux par les autorités locales. Des effets personnels que l’ambassadeur, collectionneur passionné, avait acquis légalement au cours de sa mission en payant avec des roubles évidemment dévalués. Le gouvernement vénézuélien soutint Burelli et le transféra en Chine. D’autre part, il ne permit pas à l’Union Soviétique de confisquer ses biens et, à ce jour, ils demeurent la propriété de l’Ambassade du Venezuela à Moscou.

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