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Deuxième trimestre 2012

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Le Lac Baïkal :  valeur montante  du tourisme en Russie

Entretien avec M. Mikhail Slipenchuk, Fondateur du Groupe Metropol, Président du Conseil de surveillance de la Fondation pour la protection du Lac Baïkal

Surnommé la perle de la Sibérie, le Lac Baïkal se niche dans la lointaine Russie orientale. Sa faune et sa flore uniques au monde lui confèrent une valeur exceptionnelle. Géographe de formation, docteur en économie et député à la Douma d’État, M. Mikhail Slipenchuk revient pour nous sur les motivations qui l’ont conduit à initier un vaste projet de développement touristique en Bouriatie, république russe bordant le Lac Baïkal, et plusieurs missions scientifiques d’envergure internationale.

La Lettre Diplomatique : Monsieur le Président, vous avez effectué un déplacement à Paris dans le cadre de l’organisation d’une série de manifestations pour promouvoir le tourisme dans la région du Lac Baïkal, par le Groupe Metropol que vous présidez. Comment décririez-vous le potentiel touristique de cette région, tant au plan de ses ressources naturelles que de ses capacités logistiques et d’accueil ?

M. Mikhail Slipenchuk : En effet, en avril et en mai 2012, j'ai eu un programme très chargé à Paris. L’un de mes déplacements dans la capitale française avait pour objectif de présenter à nos amis français les atouts touristiques de la région du Lac Baïkal.
Il faut dire qu’ils sont très diversifiés, surtout pour les Européens, la Bouriatie recelant de nombreux trésors exotiques. C’est une terre exceptionnelle, riche d’une longue histoire et de multiples spécificités, comme une flore et une faune uniques, des paysages d’une étonnante beauté et, bien sûr, le Lac Baïkal connu dans le monde entier. De plus, la population de Bouriatie est très pacifique et hospitalière. Toutes les religions y coexistent en harmonie. Outre son patrimoine naturel, la région abrite un grand nombre de monuments religieux et historiques. Aussi, toutes sortes de motivations touristiques peuvent vous guider pour vos voyages en Bouriatie.
Croyez-moi, la Bouriatie dispose de sérieux atouts pour impressionner tout voyageur expérimenté. Je citerais, par exemple, les possibilités de pêcher dans les nombreuses baies et criques du Lac Baïkal, de se baigner dans les sources thermales ou de découvrir les nombreuses espèces endémiques qu’abrite la région dont la plus célèbre est le phoque d’eau douce. Un autre symbole de la Bouriatie est le temple Ivilginski qui renferme la plus grande relique bouddhiste - le corps intact du moine Dashi-Dorzho Itigelov. Il peut également être très intéressant d’en connaître davantage sur l’histoire et la vie des « vieux croyants » russes orthodoxes, les Semeiskie.
S’agissant des aspects matériel et technique, un travail intensif a été entrepris pour la construction de la zone économique spéciale de tourisme, « Port de Baïkal ». C’est un projet grandiose qui permettra à la région après son achèvement d’accueillir environ 2 millions de touristes chaque année. D’importants investissements sont en effet consentis pour améliorer les infrastructures de la Bouriatie. Ce vaste chantier se poursuit à un rythme accru. Il illustre la grande importance qu’attache aujourd’hui notre gouvernement au développement de clusters de tourisme, en particulier dans la région du Lac Baïkal.

L.L.D. : Co-organisée avec l’Association Dialogue Franco-Russe, la présentation des atouts touristiques de la République de Bouriatie s’est tenue le 24 mai 2012 dans les salons de la résidence de l’Ambassadeur de Russie en France, S.E.M. Alexandre Orlov. Quels liens de coopération espérez-vous développer avec les acteurs français du secteur ? A travers quelles autres initiatives comptez-vous les sensibiliser ?

M.S. : La présentation que nous avons organisée à Paris en mai dernier figure parmi les activités que nous développons en vue de promouvoir l’image de la République de Bouriatie en France. Nous essayons ainsi de rendre populaire le Lac Baïkal au sein du secteur touristique international. À cette fin, nous avons également effectué une présentation de la région du Lac Baïkal dans le cadre du salon international « Expolangue-2012 » à Paris. En avril 2012, une conférence scientifique internationale s’est en outre tenue sur le thème « Baïkal – le trésor mondial », au siège parisien de l’UNESCO. En marge de cette conférence, la Fondation pour la protection du Lac Baïkal dont je suis le Président du conseil de surveillance, a organisé l’exposition « Baïkal - le monde enchanté ».
À la suite de cet événement, nous avons adopté une résolution visant à accroître l’intensité et la qualité de la recherche en vue de préserver l’écosystème du Lac Baïkal. Cette résolution a également mis en relief l’importance des résultats des expéditions maritimes avec les navires de plongée profonde de type « Mir » et leur contribution au développement de la science fondamentale russe et mondiale. Enfin, elle recommande d’étudier la possibilité d’établir un Centre international pour l’UNESCO de catégorie 2 sur l'innovation environnementale et le développement durable dans cette région.

L.L.D. : Présent en France, le Groupe Metropol s’est diversifié depuis sa création il y a une vingtaine d’année dans un large éventail d’activités financières, industrielles et de services. Quelles synergies économiques souhaiteriez-vous voir s’approfondir avec vos partenaires français ?

M.S. : En France, nous souhaitons accroître nos activités dans les secteurs du tourisme et des services à la clientèle. Le Groupe Metropol a en effet acquis une propriété que nous cherchons à développer en tant que destination touristique. Il s’agit de la résidence d'Alexandre III à Cannes et d’un hôtel de luxe unique, le château de La Vignette Haute. Elle est en train de devenir la destination idéale pour ceux qui préfèrent un repos confortable dans un lieu isolé.
Je tiens en outre à souligner que le manoir Alexandre III est un bâtiment historique, symbolisant les relations d’amitié qu’entretiennent la France et la Russie. Ce manoir a en effet été baptisé en l’honneur de l'empereur russe Alexandre III, tout comme le boulevard sur lequel il se situe.

L.L.D. : En votre qualité de Président du Conseil de surveillance de la Fondation pour la protection du Lac Baïkal, vous êtes l’initiateur de différents projets scientifiques visant à comprendre et à préserver son écosystème. Pourriez-vous nous expliquer vos motivations ? Quels résultats ses recherches ont-elles permis de mettre à jour et quels en ont été les apports pour la recherche fondamentale russe ? A l’instar de l’expédition internationale « Les mondes du Lac Baïkal », quelles orientations privilégiez-vous pour poursuivre ces recherches et consolider les partenariats mis en place avec des organisations telles que l’UNESCO ?

M.S. : En ma qualité de géographe de formation, diplômé du Département de géographie de l'Université de Moscou, je conçois la préservation du célèbre Lac Baïkal comme l’objectif primordial des efforts que nous avons déployés dans la région. Il n’y a pas d’autres lacs similaires sur la planète. Il est unique ! La Fondation pour la protection du Lac Baïkal et l’expédition « Mirs sur le Baïkal » ont vraiment été mis sur pied dans le but de l’étude et de la conservation de ce lac.
La communauté internationale et des chercheurs de nombreux pays observent de près les progrès de l’expédition. Outre les découvertes que nous avons fait concernant, par exemple, les dépôts d’hydrates de gaz, nous avons pu recueillir des données d’un grand intérêt pour la science, sur le pétrole et le gaz qui sont présents dans les profondeur du lac. Par ailleurs, nous avons mené de grandes recherches sur la géothermie, la géologie, la biologie et la paléomorphologie. Mais, je dirais que l’expédition qui s'est déroulée durant trois années de suite, n’a pas seulement contribué à la science russe, mais également à la science internationale.     

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