Jeudi 23 Octobre 2014  
 

Deuxième trimestre 2012

La lettre diplometque
  Éditorial
République Démocratique du Congo
  « Protection des civils et stabilisation au cœur du maintien de la paix »
 
  Le Caravan d’Aviation Sans Frontières : un lien vital pour les populations rurales d’Ituri
 
  La Francophonie en République démocratique du Congo
 
  Korongo Airlines déploie sa flotte
 
  Un immense potentiel minier à développer
 
  Grand Inga : un rêve pour l’Afrique qui se rapproche de la réalité
 
  Les défis à relever dans les domaines de la santé, de l’éducation et du social : l’envers inconscient de la croyance des enfants dits « sorciers »
 
  La Délégation permanente de la République Démocratique du Congo auprès de l’UNESCO
 
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     République Démocratique du Congo
 
  S.E.M. / H.E. Atoki ILEKA

Le sommet de la Francophonie : « un défi politique, diplomatique et historique »

Premier pays francophone du monde, quatrième d’Afrique par sa population, riche en ressources naturelles, la République Démocratique du Congo s’apprête à refermer la parenthèse de l’isolement international dans lequel les crises de la région des Grands Lacs l’ont confiné durant une décennie. Le 14ème sommet de l’Organisation internationale de la Francophonie qui se tiendra du 12 au 14 octobre 2012 à Kinshasa consacrera en effet son retour sur le devant de la scène internationale. Un enjeu majeur qu’analyse pour nous S.E.M. Atoki Ileka, Ambassadeur de la République Démocratique du Congo en France, tout en abordant les défis de la démocratisation, de la stabilité et de la reconstruction économique.

 

La Lettre Diplomatique : Monsieur l’Ambassadeur, la République Démocratique du Congo s’apprête à accueillir, du 12 au 14 octobre 2012, le 14ème sommet de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Comment définiriez-vous la portée de cette manifestation pour le rayonnement de la diplomatie de votre pays ?
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S.E.M. Atoki Ileka : Je la définirai comme le retour de la République Démocratique du Congo sur la scène internationale en tant que partenaire à part entière, jouissant de la considération et de la crédibilité de ses pairs.
L’opinion publique se souviendra qu’après la rupture de la paix et de la sécurité internationales dans la région africaine des Grands Lacs, mon pays a fait l’objet d’un isolement diplomatique qui a perduré tout au long de la dernière décennie. Le sommet de la Francophonie, qui se tiendra du 12 au 14 octobre 2012, marque donc le grand retour de la République Démocratique du Congo dans le concert des nations et consacre son leadership naturel au sein de la sous-région de l’Afrique centrale.
Aussi, l’organisation d'un tel événement dans notre capitale, Kinshasa, consacrera la République Démocratique du Congo comme un centre de l'actualité mondiale et un point de départ pour les discussions sur les enjeux mondiaux au sein de l’OIF. Ce sera une occasion pour les pays membres de l’Organisation, acteur incontournable des relations internationales, d'adopter non seulement des positions communes, mais aussi de jeter les bases d'une telle perspective sur les questions existentielles de l’ensemble de l'humanité.

L.L.D. : Centré sur le thème « Francophonie, enjeux environnementaux et économiques face à la gouvernance mondiale », ce sommet sera le premier à se dérouler en Afrique. Quelle est votre vision de ces défis ?

S.E.M.A.I. : Comme je viens de le mentionner, le 14ème sommet de l’OIF marque un tournant dans l’histoire de la République Démocratique du Congo, premier pays francophone d’Afrique dont la langue officielle est le français, car il constitue à la fois un défi politique, diplomatique et historique.
Un défi politique car Kinshasa sera le lieu de rassemblement de toutes les sensibilités politiques des différents pays membres de l’OIF, et celui des grandes décisions qui régiront le monde francophone afin d’améliorer les conditions de vie des populations tant sur le plan économique et environnemental, que social et culturel de notre espace francophone commun, dans le respect des valeurs que nous partageons.
C’est également un défi historique car c’est le premier sommet de l’OIF à être organisé en Afrique centrale (Afrique subsaharienne regroupant 36,03% des francophones dans le monde en 2010). Le gouvernement de la République Démocratique du Congo s’attelle à tout mettre en œuvre afin de faire de ce Sommet un moment unique de célébration de la Francophonie, un moment privilégié pour bâtir une nouvelle approche dans les relations entre les pays membres de l’OIF.
La réussite de ce sommet représente un vrai défi diplomatique car elle démontrera le niveau des relations bilatérales et multilatérales que nous entretenons avec les pays membres de l’OIF, ainsi que d’autres organisations internationales gouvernementales ou non gouvernementales, et la société civile. Nous serons alors en capacité de pouvoir fédérer l’ensemble des pays membres et des différents participants autour d’une seule thématique « Francophonie, Enjeux environnementaux et économiques face à la Gouvernance mondiale ».
Réussir cet événement majeur du monde francophone marquera la consécration des efforts fournis par notre gouvernement ainsi que de toute la société civile impliquée dans l’organisation de ce sommet. En effet, durant le temps du sommet, tous les regards des pays francophones ainsi que ceux des pays amis de la Francophonie seront tournés vers la République Démocratique du Congo. Il représente donc une opportunité pour qu’à la fin du sommet, elle redevienne un pays attractif, capable d’insuffler une nouvelle dynamique diplomatique sous-régionale, africaine ainsi qu’internationale, et enfin pour qu’elle sorte de son isolement diplomatique.
Le Président François Mitterrand disait qu’il n’y a pas de Francophonie sans l’Afrique. De fait, les projections démographiques attestent qu’à l’horizon 2050, l’Afrique rassemblera 85% des francophones, dont 90% des jeunes francophones âgés de 15 à 29 ans. Or, la plus grande partie d’entre eux seront originaires de la République Démocratique du Congo.
Pour être plus précis en ce qui concerne le thème retenu pour le sommet, il convient de garder à l’esprit qu’il se tiendra en terre africaine, qui plus est pour la première fois dans un pays d’Afrique centrale. Ce cadre géographique est déjà porteur d’une signification : d’une part, il invite la Conférence de l’OIF à s'interroger sur la dynamique africaine, comme force créatrice et innovante, comme horizon évolutif des programmes de la Francophonie ; d’autre part, elle postule une nouvelle vision du champ de la coopération, mettant en exergue l’originalité de la coopération Sud-Sud et de la coopération triangulaire, en tant que solution innovante pour atteindre les objectifs de développement durable.
Le prochain sommet de l’OIF soulève enfin une problématique d'une autre portée méthodologique consistant notamment à analyser comment l'espace politico-culturel où il se déroule - la République Démocratique du Congo, la sous-région Afrique centrale et, au-delà, le continent africain tout entier - est susceptible de rénover la vision des pères fondateurs de la Francophonie et d'enrichir la coopération francophone à l’ère de la mondialisation.
En tant qu'espace de solidarité, la Francophonie affirme son attachement à une mondialisation maitrisée au bénéfice de tous. L’expression de la solidarité francophone formule une interpellation qui aspire à réduire les écarts et les déséquilibres de développement entre les États et les gouvernements membres, à rectifier les échanges inégaux entre les pays industrialisés et les moins industrialisés, ainsi qu’à œuvrer au relèvement de la balance des paiements des pays membres les moins avancés. Ces objectifs requièrent de la part des pays concernés un minimum d’engagement en matière de bonne gouvernance et de culture managériale, pour éviter le gaspillage des ressources essentielles.
Cette interpellation se place sur le terrain des
«enjeux environnementaux et économiques», deux branches pour lesquelles la Francophonie a toujours manifesté ses ambitions mais sans toujours se donner les moyens d'agir.
En revisitant les questions environnementales et économiques sous l'angle de la gouvernance mondiale, il s’agit pour les pays de la Francophonie de poser de manière solidaire la maîtrise de ces enjeux comme un préalable à accomplir en vue d’atteindre un développement durable et de s'affirmer comme un partenaire important dans le prochain ordre mondial.

L.L.D. : Dans quelle mesure ce sommet peut-il, selon vous, contribuer à approfondir l’insertion du continent africain dans le concert des nations et à accentuer sa participation au sein des organes de la gouvernance internationale tels que le Conseil de sécurité des Nations unies ou le G20 ?

S.E.M.A.I. : Je tiens à vous rappeler qu’après le Sommet de Kinshasa, la République Démocratique du Congo prendra pendant deux ans la présidence des instances de la Francophonie mais également des concertations ministérielles organisées dans le cadre de la Francophonie en marge de différentes conférences ou réunions de haut niveau de l’Assemblée générale de l’ONU.
Ces concertations francophones favorisent les échanges et la convergence des positions en vue de renforcer la solidarité francophone et d’identifier des pistes d’actions et des orientations de mise en œuvre des décisions sur une question donnée. Elles permettent d’identifier les domaines d’action pouvant soutenir les processus engagés dans plusieurs pays francophones notamment d’Afrique et du monde arabe.
La place de l’Afrique, aussi bien au sein de l’Organisation des Nations unies (ONU) qu’à la Banque mondiale, au Fonds monétaire international (FMI) ou au G20, qui regroupe les principaux pays développés et émergents, correspond à son importance économique et non politique ou démographique. Le continent, qui compte environ un milliard d’habitants, représente en effet 18 % de la population mondiale, 27% des États membres des Nations unies mais seulement 0,4 % du PIB mondial. Il reste donc un acteur marginal dans les grandes enceintes internationales.
Pour le Secrétaire général de l’OIF, M. Abdou Diouf, qui s’est prononcé pour une juste participation africaine au sein de ces grandes instances, ces concertations francophones en marge des Sommets sont l’occasion pour les États et gouvernements membres de la Francophonie de parler solidairement d’une même voix, mais également d’évoquer des enjeux majeurs comme la réforme du Conseil de sécurité des Nations unies et une meilleure association de l’Afrique aux travaux du G8 et du G20.

L.L.D. : Réélu le 28 novembre 2011, le Président Joseph Kabila Kabange aspire à poursuivre la reconstruction de la République Démocratique du Congo. Dix ans après les accords de Pretoria et de Sun City, quel bilan pouvez-vous dresser du processus de transition démocratique amorcée depuis 2003 ? Quelles sont les réformes structurelles envisagées en vue de renforcer les principes de l’État de droit ?

S.E.M.A.I. : Les processus de Lusaka, de Sun City, ainsi que les divers et multiples accords ou actes d’engagements avaient tous un but commun, à savoir la recherche et la consolidation de la paix. Il est tout à l’honneur du Président Joseph Kabila Kabangé de n’avoir eu de cesse de démontrer sa ferme détermination et son attachement à la cause de la paix, de la démocratie et de la sécurité ; de mettre en œuvre sa ferme volonté de mener son pays vers l’instauration d’un État de droit respectueux des principes de justice et des droits de l’Homme au bénéfice des populations qui composent notre sous-région, en général, et la République Démocratique du Congo en particulier.
De par sa tradition et sa position géographique, la République Démocratique du Congo a une vocation panafricaniste, de paix et intégrative. Pour permettre à notre pays de remplir pleinement ce rôle, il est important de souligner que le Président Joseph Kabila Kabange a constamment eu au centre de ses préoccupations majeures, le retour à la paix, la restauration de l’unité nationale, la sauvegarde de l’intégrité territoriale et la nécessité urgente du redressement économique et de la reconstruction du pays. Il n’a épargné aucun effort pour atteindre cet objectif louable, en prenant un ensemble de mesures courageuses, concernant notamment la relance du processus de paix, la normalisation de la vie politique, ou encore, les contacts directs avec les dirigeants voisins, en particulier le Rwanda, en vue de créer un climat de confiance et extirper à jamais la paix du chaos et de la désolation. Aujourd’hui, nous nous félicitons du réchauffement de nos relations bilatérales avec la grande majorité de nos pays voisins.  Il est certes vrai que la nature des relations bilatérales entre la République Démocratique du Congo et le Rwanda demeurent déterminées par des considérations d’ordre sécuritaire, qu’elles soient fausses ou avérées, mais qui forment le prisme à travers lequel les autorités rwandaises formulent leur politique étrangère, plus particulièrement dans la région.
Les élections présidentielles et législatives du 28 novembre 2011 ont marqué la continuité du processus démocratique dans notre pays. De ce point de vue, les objectifs de la transition cités dans l’accord global et inclusif de Pretoria de décembre 2002 (la réunification, la pacification et la reconstruction du pays, le rétablissement de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire, la réconciliation nationale, la formation d’une armée nationale restructurée et intégrée, l’organisation d’élections libres et transparentes à tous les niveaux ainsi que la mise en place des structures devant aboutir à un nouvel ordre politique) ont en grande partie été atteins.
D’autre part, les institutions définies au paragraphe 05 de l’accord signé à Pretoria accompagnent aujourd’hui la jeune démocratie Congolaise. Celui-ci préconisait leur mise en place dans le respect de la séparation des pouvoirs et de la garantie de leur équilibre. Outre ces institutions régaliennes, ont également été créées des institutions d’appui à la démocratie comme la Commission électorale indépendante, la Haute autorité des médias ou l’Observatoire national des droits de l’homme.
En 2006, les premières élections ont ainsi abouti à la prise de fonctions d'un président démocratiquement élu, à la formation d'un gouvernement, d'une assemblée nationale, d'un sénat, de gouvernements provinciaux et d’assemblées provinciales opérationnels.
À la suite des élections présidentielles et législatives de 2011, le président élu, l’assemblée nationale et le gouvernement ont été investis. D’autres élections sont programmées pour 2013. Tout cela signifie que la phase de transition est largement dépassée et que l’on traverse plutôt une phase de consolidation de la démocratie.
Pour ce faire, le gouvernement congolais a défini un certain nombre de réformes structurelles prioritaires, notamment de la justice, de l’administration publique, de la police nationale et de l’armée, ainsi que celle visant à l'initiation à la nouvelle citoyenneté.

L.L.D. : Préalable incontournable au redressement économique de la République Démocratique du Congo, la consolidation de la paix se heurte à la persistance de l’insécurité dans les provinces de l’Est, et notamment celles du Kivu. Considérant l’accord du 23 mars 2009, quels seraient, de votre point de vue, les paramètres d’une résolution du conflit avec le mouvement mutin du CNDP ?

S.E.M.A.I. : C’est en considération de ce que je viens d’évoquer que les Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) cherchent à neutraliser ces groupes armés. Il faut savoir qu’au nom de la paix, mon pays n’a pas reculé devant les sacrifices. Nous avons, au détriment de l’exigence de justice, accepté que des groupes armés intègrent l’Armée nationale. Nous avons accepté que ces groupes armés se muent en partis politiques et participent aux joutes électorales. C’est ainsi que ce que nous appelons communément le CNDP est devenu un parti politique sur la base de l'accord auquel vous faites allusion et conformément aux lois de la République qui pourtant n'autorisent pas aux partis politiques d’avoir des milices privées. À ce jour, ce mouvement ne représente rien sans le soutien avéré du Rwanda. D’ou la démarche effectuée par notre gouvernement auprès des Nations unies pour faire cesser un tel soutien.
Il n’y a plus de compromis possible sur la base de l’accord que vous mentionnez. M. Bosco Ntanganda et sa bande de violeurs des droits de l’Homme du soi-disant M-23 n’ont plus aucun avenir au Congo. Ils doivent être arrêtés et déferrés devant la justice, soit internationale pour certains, soit nationale pour les autres.  Nous demandons d’ailleurs à tous les pays épris de paix et de justice de ne pas leur accorder l’asile.


L.L.D. : Depuis le 1er juillet 2010, la Mission de l’ONU pour la stabilisation du Congo (MONUSCO) a succédé à la MONUC. Quelle analyse faites-vous des progrès obtenus en faveur de la protection des populations civiles ? Quelles sont vos attentes à l’égard de la coopération stratégique mise en œuvre entre la République Démocratique du Congo et les Nations unies ?

S.E.M.A.I. : D’une façon générale, on peut affirmer, sans risque de trop se tromper, que l’action des Nations unies au Congo a été salutaire. Elle a permis la préservation de l’intégrité territoriale et de la souveraineté du pays face aux visées irrédentistes de toutes sortes et de toutes parts.
Par sa résolution 2053, adoptée le 27 juin 2012, le Conseil de sécurité, a notamment réaffirmé que la protection des civils doit être la priorité lorsqu’il s’agit de décider de l’usage des capacités et des ressources disponibles. Il encourage en outre la MONUSCO à continuer d’appliquer les mesures novatrices qu’elle a mises en œuvre pour assurer la protection des civils. Le Conseil de sécurité a aussi souligné que la réforme du secteur de la sécurité doit être au centre du mandat de stabilisation et de consolidation de la paix de la Mission. Il a en outre été décidé que la MONUSCO prêtera son concours à l’organisation et à la tenue d’élections provinciales et locales, sous forme d’un appui technique et logistique…  et que cet appui sera évalué à l’aune des progrès accomplis par les autorités congolaises pour renforcer la crédibilité de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), se doter de plans opérationnels viables de nature à mobiliser un soutien international, adopter un calendrier électoral réaliste.
Dans la majeure partie du territoire, la police a amélioré ses prestations et collabore étroitement avec la MONUSCO qui ne s'empêche pas de dresser des rapports. Mais il faut reconnaître que les différents groupes armés, d’origine rwandaise, sèment encore la panique et la désolation au sein de la population à l’Est du pays. Nous souhaitons que la MONUSCO, qui faut-il le rappeler, est une opération de maintien de la paix sous Chapitre VII, soit effectivement une force de maintien de la paix à l’Est de la République Démocratique du Congo.
En d’autres termes, il s’agirait d’achever les opérations militaires en cours dans les Kivus et la province Orientale et réduire ainsi autant que possible la menace que constituent les groupes armés et rétablir la stabilité dans les zones sensibles, de même que d’améliorer les moyens dont dispose le Gouvernement de la République Démocratique du Congo pour protéger efficacement la population en le dotant de forces de sécurité professionnelles, responsables et durables appelées à reprendre progressivement les fonctions de la MONUSCO en matière de sécurité. Enfin, il faudra consolider, grâce à l’action du Gouvernement de la République Démocratique du Congo, l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire en créant dans les zones libérées des groupes armés une administration civile congolaise, en particulier une police, une administration territoriale et des institutions garantes de l’État de droit.
Une fois ce cadre établi, il s’agira de poursuivre ce partenariat stratégique, en particulier dans le cadre du processus d’évaluation conjointe, lorsqu’il faudra prendre des décisions relatives à la reconfiguration de la Mission.
Nous pensons plus particulièrement à une stratégie de sortie de la MONUSCO qui rende hommage et honneur aux immenses sacrifices que la communauté internationale a consentis pour la sauvegarde de la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale de la République Démocratique du Congo.

L.L.D. : La conclusion en décembre 2006 du Pacte pour la paix, la sécurité et le développement dans la région des Grands Lacs a favorisé l’essor d’un dialogue entre les pays de l’Afrique centrale. Comment décririez-vous les progrès accomplis dans la concertation entre votre pays et le Rwanda ? Fort de l’implication de la République Démocratique du Congo dans la lutte contre le groupe rebelle ougandais de la LRA, quelle stratégie pourrait être initiée en faveur du désarmement des groupes rebelles dans la région ?

S.E.M.A.I. : À ce stade, il est important de rappeler que la position de la République Démocratique du Congo à l’égard du Rwanda est demeurée constante depuis l’agression armée d’août 1998.
Premièrement, notre pays n’a pas d’agenda caché au Rwanda.
Deuxièmement, la République Démocratique du Congo estime que tous les Rwandais qui souhaitent vivre dans leur pays devraient en avoir le droit et être autorisés à regagner leurs foyers. Les autres devront chercher une autre terre d’asile.
Troisièmement, la République Démocratique du Congo, qui ne porte aucune responsabilité dans le génocide rwandais de 1994, ne tolérera pas que son territoire serve de base de lancement d’opérations visant la déstabilisation des pays voisins avec lesquels elle entend vivre en bonne intelligence.
Quatrièmement, notre pays est convaincu que toute paix serait fragile si les peuples de notre sous-région ne disposent pas de garanties de sécurité durable.
Cinquièmement, la République Démocratique du Congo estime que ces garanties de sécurité ne doivent être recherchées aux dépens du peuple congolais, de sa souveraineté, ni interférer avec son intégrité territoriale.
Sixièmement, nous pensons qu’une solution durable est possible. Il faut la rechercher et la trouver au travers d’un dialogue franc et sincère, dans un cadre bilatéral similaire à celui de Camp David certes, mais mieux encore, dans le cadre d’une Conférence internationale sur la paix, la sécurité, la démocratie et le développement dans la région des Grands Lacs.
En vue de résoudre les différends avec le Rwanda, les autorités congolaises n’ont eu de cesse d’aller à la rencontre de leurs homologues rwandais, et ce, à tous les niveaux de responsabilité. De multiples réunions ont eu lieu, sans effet. Récemment, une annexe au rapport d’étape du Groupe des experts du Comité des sanctions du Conseil de sécurité créée par la résolution 1533 concernant la République Démocratique du Congo, a révélé un secret de polichinelle en confirmant une nouvelle fois ce que les autorités congolaises décriaient, à savoir, le manque de sincérité des autorités rwandaises dans le dialogue. En effet, elles affichent la volonté de désarmer les rebelles tout en leur apportant un appui.
Peut-on dès lors parler de progrès ? J’en doute.
S’agissant de la stratégie à initier, celle-ci passe nécessairement par la mise en œuvre du Plan de stabilisation et de reconstruction, l’élaboration et la mise en œuvre de grandes orientations et d’une stratégie globale relatives aux secteurs de la sécurité et de la justice. Il faudrait également se pencher sur une stratégie globale de réforme du secteur de la sécurité qui mette l’accent sur la professionnalisation des organes chargés du secteur de la sécurité, renforcer les capacités de l’armée, de la police, de l’appareil judiciaire et d’autres institutions chargées de la sécurité afin de mieux asseoir l’autorité de l’État.
Enfin, la justice devra suivre son cours. Tous les crimes doivent faire l’objet d’une enquête et il faut que les responsables de ces crimes, en particulier Bosco Ntanganda, soient arrêtés et jugés.
Dans la lutte contre tous les groupes armés, y compris la LRA, nous collaborons étroitement avec tous les pays de bonne volonté, toutes les parties et organisations intéressées pour expurger notre sous-région de ce fléau.

L.L.D. : La nomination le 18 mai 2012 de l’ancien Ministre des Finances, M. Matata Ponyo, à la tête du gouvernement illustre la volonté du Président Joseph Kabila Kabange de placer la relance économique au premier rang des priorités de son second mandat.  Autour de quels axes s’articule la politique de grands travaux lancés sous le concept de « révolution de la modernité » ? Quels sont les dispositifs élaborés dans ce cadre afin d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) ?

S.E.M.A.I. : Le gouvernement conduit par le Premier Ministre Matata Ponyo a été chargé de traduire la vision et les idées forces du Président Joseph Kabila Kabangé en vue du développement et de l’émergence du pays à l’horizon 2030, lesquelles s’articulent en effet autour du concept de la révolution de la modernité. Pour mémoire, il s’agit au terme de cette échéance de faire du Congo, un pôle d’intelligence et de savoir-faire, un vivier de la nouvelle citoyenneté et de la classe moyenne, un grenier agricole, une puissance énergétique et environnementale, un pôle économique et industriel, une terre de paix et de mieux-être, et une puissance régionale au cœur de l’Afrique.
Le programme du gouvernement 2012-2016 s’inscrit dans cette perspective et tout en s’appuyant sur les acquis des réalisations du mandat écoulé, s’articule autour des axes ci-après qui sont autant des objectifs à réaliser :
- poursuivre et finaliser les réformes institutionnelles en vue de renforcer l’efficacité de l’État ;
- consolider la stabilité macro-économique et accélérer la croissance et la création des emplois ;
- poursuivre la construction et la modernisation des infrastructures de base ;
- améliorer le cadre de vie et les conditions sociales de la population ;
- renforcer le capital humain et faire de la société congolaise un vivier de la nouvelle citoyenneté ;
-  étoffer la diplomatie et la coopération au développement.
Pour la mise en œuvre de cet ambitieux programme, une feuille de route a été établie. Dans le même temps, notre gouvernement s’attèle à rétablir l’autorité de l’Etat et la paix dans les zones affectées par l’insécurité dans l’Est du pays.
Cependant, la pacification et le rétablissement de l’autorité de l’État dans la partie Est du pays reste difficile en raison de la présence de groupes armés due à la forte convoitise que suscite le sous-sol de cette région et à l’ingérence flagrante d’un pays voisin.
Pour ce qui est des OMD, le Gouvernement a élaboré son deuxième Document de la Stratégie de Croissance et de Réduction de la Pauvreté (DSCRP 2), lequel constitue un cadre fédérateur des politiques macroéconomiques et sectorielles du présent quinquennat et vise évidemment l’amélioration des conditions de vie des populations congolaises par le biais de quatre piliers, à savoir : le renforcement de la gouvernance et la paix, la diversification de l’économie, l’accélération de la croissance et la promotion de l’emploi, l’amélioration de l’accès aux services sociaux de base et le renforcement du capital humain, et enfin la protection de l’environnement et la lutte contre les changements climatiques.

L.L.D. : Puissance énergétique en devenir, votre pays a établi un partenariat avec l’Afrique du Sud dans le but de valoriser ses capacités hydro-électriques. Quelles avancées ont-elles été réalisées en vue de relancer le projet du Grand Inga depuis l’accord préliminaire conclu en novembre 2011 par les chefs d’Etat des deux pays ? Dans quelle mesure celui-ci peut-il insuffler un nouvel élan à l’intégration économique de la RD Congo au sein de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) ?

S.E.M.A.I. : À terme, le projet du Grand Inga devrait être le plus important projet hydroélectrique dans le monde. Il devrait produire jusqu’à 39 000 MW d’électricité, soit deux fois plus d’énergie que le barrage des Trois Gorges en Chine, et plus du tiers de l’électricité totale actuellement produite sur tout le continent africain.
Le projet du Grand Inga est un projet prioritaire de la SADC, mais aussi pour le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) et le Conseil mondial de l’Énergie (CME). Une fois réalisé, il pourrait être l’un des moteurs de l’intégration africaine. Je crois comprendre que les études de faisabilité sont toujours en cours.
Il semble que, s’il se concrétise, ce projet serait en outre hautement rentable. Il serait en mesure d’alimenter 500 millions de foyers, de résorber la pénurie énergétique de l’Afrique du Sud, de la Namibie et d’apporter un appoint décisif en électricité à l’Égypte et au Nigéria. Surtout, il constituera un soutien majeur du processus d’industrialisation de la République Démocratique du Congo.

L.L.D. : Appartenant à plusieurs zones économiques dont la CEEAC et la COMESA, la RD Congo occupe un positionnement stratégique propice aux investissements étrangers. Alors que l’adhésion de votre pays à l’OHADA n’est pas encore effective, quels efforts doivent encore être déployés afin d’améliorer son cadre des affaires ? Pouvez-vous nous préciser quelles sont les mesures prévues au plan de la fiscalité des entreprises et concernant la lutte anti-corruption ?

S.E.M.A.I. : Tout d’abord, je tiens à souligner que le 27 juin 2012, le Président Joseph Kabila Kabangé a ratifié les actes relatifs à l'adhésion de la République Démocratique du Congo à l'Organisation pour l'Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (OHADA), permettant ainsi le dépôt des instruments d’adhésion au Sénégal, État dépositaire du Traité de Port Louis.
Aujourd'hui, les milieux d'affaires ainsi que les professionnels du droit et de la comptabilité sont fixés : le dépôt des instruments d'adhésion est une question de jours et l’application effective du droit OHADA en République Démocratique du Congo s'annonce irréversiblement pour le mois de septembre 2012.
En finalisant ce processus, le chef de l’État a illustré sa détermination à promouvoir l’assainissement de l'environnement des affaires et à participer à une initiative capable de concourir à la réalisation des objectifs de l'Union africaine en termes de sécurité juridique et d’intégration économique.
Le programme d’action du gouvernement 2012-2016 met clairement l’accent sur l’amélioration du climat des affaires. S’agissant de la lutte contre la corruption et l’impunité, il préconise la poursuite du programme initié et mis en œuvre dans ce domaine par le gouvernement au cours du quinquennat écoulé, à travers la stratégie de « tolérance zéro ».
Dans le cadre du mandat actuel, le programme propose la révision de certaines dispositions de la Constitution afin de permettre la poursuite de hauts responsables publics reconnus coupables de fraude et de corruption. Il recommande également la dotation de moyens nécessaires en vue d’assurer l’indépendance et le bon fonctionnement des structures de régulation et de lutte contre la fraude de toute nature telles que, l’Autorité de Régulation des Marchés Publics (ARMP), l’Inspection générale des Finances (IGF), la Cour des Comptes, la Cellule nationale des Renseignements financiers (CENAREF) et l’Observatoire congolais d’Éthique professionnelle (OCEP).
Ces mesures auront sans nul doute une incidence sur le régime de la fiscalité des entreprises, mais il est à ce stade prématuré de préjuger de la décision que prendront les autorités compétentes.

L.L.D. : Au-delà des minerais et de l’énergie, la RD Congo suscite un intérêt croissant auprès des entrepreneurs étrangers en raison du dynamisme d’autres secteurs d’activité comme l’agriculture, la construction et les télécommunications. Tenant compte de ces atouts, comment votre gouvernement compte-t-il soutenir le processus de diversification de l’économie congolaise ?

S.E.M.A.I. : Le gouvernement compte sur le partenariat public-privé en s'appuyant sur le code des investissements. À ce propos, les missions diplomatiques et consulaires ont un grand rôle à jouer pour attirer les investisseurs tant nationaux qu'étrangers, publics comme privés ou mixtes.
Le pays est tellement vaste avec autant de défis à relever, tous prioritaires, qu'il n'est pas concevable d'imaginer la coopération avec un seul et unique partenaire. Le Congo est un vaste chantier ou l’apport de tout un chacun est le bienvenu.
Pour plus d’informations sur la politique relative à l’attrait de l’investissement, je vous invite à contacter l’Agence nationale pour la Promotion des Investissements en République Démocratique du Congo (ANAPI) ou visiter son site sur www.anapi.org

L.L.D. : Fort de son action en faveur du retour à la stabilité dans la région des Grands lacs, la France a développé une coopération avec la RD Congo s’illustrant notamment en matière de formation militaire et policière. Quel sentiment vous inspire l’engagement du Président François Hollande en faveur d’une redéfinition des relations entre la France et l’Afrique ? Dans ce contexte, comment souhaiteriez-vous voir évoluer le dialogue politique entre les deux pays ?

S.E.M.A.I. : Je commencerais par faire miens les propos de M. Laurent Fabius, Ministre français des Affaires étrangères, lorsqu’il affirme, je cite : « La France et le Congo disposent d’un héritage commun. Je souhaite que nous puissions le faire fructifier dans l’année à venir. La France accompagnera la République Démocratique du Congo dans la préservation de son intégrité et la consolidation de ses valeurs démocratiques ».
Nos deux pays jouissent, en effet, depuis l’accession de cette dernière à la souveraineté, d’excellentes relations marquées du sceau du respect et de l’estime réciproques. En témoigne l’engagement de la France en faveur du retour de la légalité, de la légitimité et de la normalité au Congo, qui ne saurait être démenti et mériterait pleine reconnaissance. La France a, par exemple, toujours été aux côtés de la République Démocratique du Congo lorsqu’il s’est agi de mettre un terme à la « première guerre mondiale africaine » ou encore pour intimer l’ordre aux troupes des pays agresseurs, qui n’avaient pas hésité à s’affronter pendant six jours en juin 2000, détruisant la moitié de la ville de Kisangani.
Aujourd’hui, porte-parole de la République Démocratique du Congo au sein du Conseil de sécurité des Nations unies, la France a été et demeure au centre de tous les combats visant le retour à la normalité dans mon pays.
La poursuite de ces relations privilégiées, nous l’appelons de tous nos vœux. Ces relations doivent être affirmées, consolidées et maintenues.
Il est tout à fait normal qu’un gouvernement définisse ses propres politiques. Nous ne pouvons que respecter l’engagement du Président François Hollande de définir la relation qu’il estime convenable entre la France et l’Afrique. Nous demeurons donc dans l’attente de la connaissance de la formulation de la nouvelle politique française à l’égard de l’Afrique en général et de la République Démocratique du Congo en particulier. Nous avons d’ailleurs déjà exprimé notre ferme volonté de travailler étroitement avec la France.

L.L.D. : Au-delà des projets lancés en matière de protection de l’environnement ou bien d’enseignement du français, quels domaines considérez-vous comme prioritaires pour le développement futur de la coopération bilatérale ? Plus particulièrement, quelle impulsion pourrait être donnée dans le but d’amplifier les échanges économiques franco-congolais ?

S.E.M.A.I. : Lors de la commémoration, le 29 juin 2012, du 52ème anniversaire de l’accession à la souveraineté internationale de mon pays, j’avais salué la nouvelle direction de la France et exprimé nos vives et chaleureuses félicitations aux nouvelles autorités issues des élections présidentielle et législatives, ainsi que nos souhaits d’un fructueux mandat. À cette occasion, je vous avais fait part de notre désir le plus ardent d’œuvrer avec elles au développement et au renforcement des relations de coopération dans le cadre de l’excellent partenariat qui a su se nouer entre nos deux pays.
La République Démocratique du Congo n’a de cesse d’exhorter les pays amis, les pays donateurs, les organisations internationales et régionales, les organisations non-gouvernementales de continuer à s’impliquer, car le Congo n’aura de cesse de requérir leur précieux concours afin d’appuyer et d’accompagner ses efforts dans la recherche inlassable de la paix, de la stabilité et de la dignité pour le pays et sa population. Une quête à l'image des efforts inlassables que fournit la France que nous reconnaissons comme un interlocuteur privilégié sur lequel nous pouvons compter au plan international pour la défense de nos intérêts économiques, comme l’atteste d’ailleurs le Document Cadre de Partenariat (DCP) entre la France et la République Démocratique du Congo.
En effet, la France et la République Démocratique du Congo sont deux pays qui peuvent économiquement coopérer dans leurs intérêts réciproques.
La République Démocratique du Congo est riche en ressources humaines et naturelles. Elle est un pays ouvert au monde, ouvert à la coopération, à la compréhension et au respect.
La France est un grand pays qui compte dans le concert des nations. Elle est industrialisée et a besoin de débouchés qu’offre notamment la République Démocratique du Congo. Je puis assurer que les investissements français seront chaleureusement accueillis et scrupuleusement protégés. Mon pays, qui vient de ratifier ses instruments d’adhésion à l’OHADA, s’en porte garant.
Il existe donc une grande fenêtre d’opportunités pour le développement harmonieux de nos relations. La coopération franco-congolaise est appelée à se développer davantage afin d’accompagner notre politique de réformes dans les domaines éducatif, économique, social et institutionnel.
Il nous revient donc de pouvoir, dans le contexte d’un monde en mouvement et des défis de la mondialisation, faire montre de notre volonté de développer en commun un partenariat d’exception fondé sur des intérêts mutuels bien compris.
Sur le plan de la coopération culturelle et scientifique, de la francophonie, les crédits (MAEE/AFD) que la France consacre, au titre bilatéral, à la République Démocratique du Congo sont en constante progression. Pour rappel, la visite de la Ministre française déléguée à la Coopération à Kinshasa le 24 mars 2007 avait permis la signature d’un Document cadre de partenariat (DCP) sur 5 ans (2007- 2011), concentrant ainsi l’intervention de la France dans les domaines de l’éducation, de la protection de l’environnement et de la biodiversité et de la santé. Des actions y étaient également poursuivies dans le domaine de la gouvernance, de l’enseignement du français de la diversité culturelle et de l’appui à la société civile.
Aujourd’hui, il convient de conclure, outre une Convention de Partenariat qui fixerait le cadre institutionnel de la coopération bilatérale, un nouveau Document Cadre de Partenariat qui définirait, pour les cinq années à venir, les grandes orientations et les objectifs à atteindre, fixés d’un commun accord, lequel viendrait en appui du DSCRP 2, deuxième génération, pour la période 2011-2015, et du Programme d’action du gouvernement 2012-2016. Dans le cadre de ce nouveau Document Cadre de Partenariat, les secteurs de l’éducation et la gouvernance politique et financière seront prioritaires.
Il devrait en être de même pour le Contrat de désendettement et de développement (C2D). Pour ce mécanisme, les secteurs des infrastructures, les finances publiques ainsi que la formation professionnelle seront, sans aucun doute, prioritaires.
Il va de soi que ces instruments devront prendre en compte les Objectifs de Développement du Millénaire et seront appelés à jouer un rôle de levier et de modernisation de l’aide française grâce, notamment à une meilleure prévisibilité par la programmation de l’assistance française sur le moyen terme, une meilleure appropriation de l’aide par la République Démocratique du Congo en veillant à la prise en compte de sa stratégie nationale de développement, une meilleure efficacité et visibilité de l’assistance française, concentrée sur un nombre restreint de secteurs prioritaires et une plus grande cohérence des interventions françaises.
Dans la même veine, et pour ce qui est des relations économiques et de coopération, il est important de tout mettre en œuvre pour attirer l’investissement français en République Démocratique du Congo. Mon pays fournit des efforts inlassables en vue de l’amélioration du climat des affaires. La réforme en cours du secteur de la justice qui comportera un volet relatif à la sécurité juridique des affaires ou la récente adhésion à l’OHADA sont autant de signes éloquents.
L’amélioration des relations, avec le Mouvement des entreprises de France (MEDEF), le Conseil français des Investisseurs en Afrique (CIAN) et les différentes chambres de commerce en France, est la marque d’une confiance renouvelée. Nous n’aurons de cesse de nous investir, même personnellement afin que les compagnies et entreprises françaises, y compris les PME, investissent en République Démocratique du Congo.
Selon les statistiques, les investissements français sont essentiellement concentrés dans les domaines relevant des ressources naturelles du sol et du sous-sol (pétrole, etc…), des produits pharmaceutiques, agricoles et de l’agro-alimentaire. Une mission économique à dépêcher en République Démocratique du Congo serait de nature à identifier d’autre domaines d’intervention et favoriser la diversification de l’investissement français sur le marché congolais.    

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