Samedi 25 Mai 2019  
 

N°97 - Premier trimestre 2012

La lettre diplometque
  Éditorial
Colombie
Émirats Arabes Unis
Monténégro
Vietnam
  Des liens de profonde amitié tournés vers l’avenir
 
  «  Le Vietnam, un acteur géopolitique incontournable »
 
  Le groupe d’amitié France-Vietnam du Sénat, un acteur essentiel des relations bilatérales
 
  La diplomatie parlementaire, vecteur essentiel des échanges franco-vietnamiens
 
  Un partenariat économique à consolider
 
  « Nous avons au Vietnam des projets ambitieux »
 
  Comment renforcer le dynamisme des relations économiques et commerciales entre la France et le Vietnam ?
 
  Vers les 9ème Assises de coopération décentralisée franco-vietnamienne à Brest en juin 2013
 
  Le CIRAD et les grands enjeux de la recherche agronomique au Vietnam
 
  Le Centre culturel du Vietnam en France à l’heure de la première étape de son développement
 
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     Vietnam
 
  S.E.M. / H.E. Chi Dung Duong

Vers un partenariat stratégique franco-vietnamien

Mus par des liens historiques et culturels étroits, le Vietnam et la France célèbreront en 2013 le 40ème anniversaire de l’établissement de leurs relations diplomatiques. Avec la perspective de l’instauration d’un partenariat stratégique, ces célébrations marqueront un nouveau temps fort pour les deux pays, notamment sur le plan économique. Fort de l’une des croissances les plus dynamiques d’Asie, le Vietnam affiche sans complexe son ambition de poursuivre son industrialisation et de rejoindre les nouvelles économies émergentes. Au-delà des réformes engagées par le gouvernement vietnamien, S.E.M. Duong Chi Dzung, Ambassadeur du Vietnam en France, évoque pour nous les enjeux de cette stratégie de développement et les marges de progression de la coopération avec la France.

La Lettre Diplomatique : Monsieur l’Ambassadeur, les élections législatives qui se sont déroulées en mai 2011 ont marqué le 65ème anniversaire de l’instauration de l’Assemblée nationale du Vietnam. Quelle analyse faites-vous rétrospectivement de ce scrutin et de la construction de l’État de droit dans votre pays ?

S.E.M. Duong Chi Dzung : La construction et le renforcement de l’État de droit ont constitué l’une des priorités de l’État vietnamien dès la tenue des premières élections législatives. L’Assemblée nationale, directement élue par le peuple au scrutin universel après l’indépendance du pays en 1945, a adopté la première Constitution du pays basée sur les trois piliers que sont : l’unité de la nation, la garantie des libertés et de la démocratie, et l’établissement d’un gouvernement du peuple. L’article premier de la Constitution de 1946 a ainsi stipulé que « tout le pouvoir de l’État appartient au peuple vietnamien dans son ensemble, sans distinction de race, de sexe, de fortune, de classe et de religion. »
Suivant ce fil d’Ariane et dans le souci de préserver ces valeurs de la démocratie nées des premières élections générales, les différents congrès du Parti communiste du Vietnam (PCV) ont continué d’affirmer la volonté de construire un État de droit socialiste du peuple, par le peuple et pour le peuple, dirigé par le Parti communiste.
Le Programme d’édification nationale dans la période de transition vers le socialisme, complété et développé en 2011, a donné une nouvelle impulsion à l’exercice du pouvoir du peuple. Si le Programme de 1991 a affirmé que le peuple exerce son pouvoir à travers les institutions directement élues, à savoir l’Assemblée nationale et les Conseils populaires de différents niveaux, le Programme complété et développé en 2011 a élargi encore ce pouvoir en affirmant que l’exercice du pouvoir du peuple s’exerce à travers l’ensemble du système politique, y compris l’appareil d’État et les organisations sociopolitiques, par des formes de démocratie directe et de démocratie représentative dans lesquelles l’Assemblée nationale joue un rôle très important.
Les élections législatives de 2011 ont eu lieu dans cet esprit. La nouvelle législature aura pour mission d’adopter les amendements de la Constitution actuelle afin de renforcer cet esprit d’État de droit fort et démocratique. Des mesures ont ainsi été préconisées dans ce but : poursuivre la réforme administrative, notamment avec l’amélioration de l’appareil d’État dans son organisation et son fonctionnement en vue d’une plus grande efficacité, transparence, simplicité et cohérence ; poursuivre la réforme juridique ; lutter contre la corruption et les gaspillages.

L.L.D. : Reconduit le 26 juillet 2011 par les parlementaires vietnamiens pour un second mandat, le Premier Ministre Nguyên Tân Dung a fait de la création d’emploi et de la stabilité sociale sa priorité. Quelles nouvelles mesures sont prévues dans cette perspective, notamment en termes de formation professionnelle ? Tenant compte des effets négatifs générés par la corruption, tant au plan social qu’économique, comment votre gouvernement envisage-t-il d’accroître l’efficacité de la lutte contre ce fléau ?


S.E.M.D.C.D. : Le Premier Ministre Nguyên Tân Dung a adressé il y plus de deux mois le message de Nouvel An soulignant comme tâches centrales pour 2012 la restructuration économique, le changement de modèle de croissance, ainsi que le développement rapide et durable. Selon le Premier Ministre, le pays doit poursuivre son développement non plus sur la base d’une forte croissance fondée sur l’investissement et l’exploitation des ressources naturelles, mais sur celle de l’application du progrès scientifique et des méthodes de management modernes. Un tel développement contribue à la création d’emplois et à la stabilité sociale. Une des conditions pour atteindre cet objectif est de renouveler radicalement et intégralement l’éducation et la formation pour fournir une main-d’œuvre qualifiée à l’économie nationale.
En effet, le pays présente encore de nombreuses faiblesses en matière d’éducation, de formation, de science et de technologie. Une réforme s’impose. Les mesures prévues consisteront à mettre en œuvre de façon homogène des solutions de développement et à améliorer la qualité de l’éducation et de la formation ; à moderniser les méthodes d’enseignement et d’évaluation ; à prendre en considération la responsabilité de la famille et de la société dans la coordination avec l’école ; à investir efficacement dans la construction d’établissements aux normes internationales ; à promouvoir la formation d’excellence.
Concernant la formation professionnelle, notre gouvernement préconise de l’adapter aux besoins de la société et d’assurer des liaisons entre les établissements de formation professionnelle et les employeurs. Une attention particulière sera prêtée aux régions reculées et aux groupes vulnérables comme les handicapés, les femmes, etc. L’État met d’ailleurs en place des mesures privilégiées pour les formateurs qui acceptent de travailler dans les régions en difficulté. Le gouvernement appelle aussi à la participation de la société dans l’investissement en faveur de l’éducation et de la formation.
Quant à la lutte contre la corruption, elle constitue l’une des mesures pour améliorer la gestion de l’État. Lors de la Conférence nationale qui s’est tenue le 7 mars 2012 à Hanoi, le Premier Ministre Nguyên Tân Dung a souligné que le XIème Congrès national du PCV continuait à affirmer la détermination du Parti, de l’État et de toute la société dans le cadre de cet effort. Cette Conférence nationale a permis de dresser le bilan de la mise en œuvre de la Résolution du 3ème Plénum du Comité central du Parti communiste du Vietnam (Xème exercice) sur le renforcement de l’engagement du Parti dans la prévention et la lutte contre la corruption, ainsi que le gaspillage, et celui de la Loi sur la prévention et la lutte contre la corruption.
Le meilleur moyen de lutter contre la corruption est de favoriser une plus grande transparence. De plus, l’accent doit être mis sur des mécanismes puissants, mais aussi sur l’établissement d’un cadre juridique complet, permettant la prévention, la surveillance et la sanction de la corruption. De ce fait, notre gouvernement préconise la création obligatoire d’un service spécial chargé de la prévention et de la lutte contre la corruption au sein des grandes administrations. Les mesures d’inspection sont ainsi accrues dans les domaines de la gestion et de l’exploitation des ressources minérales, des parcs fonciers, des investissements dans la construction, des finances et du budget, ainsi que des banques. Ces mesures sont poursuivies à l’heure actuelle avec fermeté au Vietnam.

L.L.D. : Avec une croissance moyenne du PIB oscillant autour de 7% depuis 2002, le Vietnam est considéré comme une puissance émergente en devenir. A la lumière de la Stratégie de développement socio-économique 2011-2020 adoptée lors du XIème Congrès du Parti communiste vietnamien en janvier 2011, quelles sont les orientations préconisées pour pérenniser cette dynamique ? Cinq ans après l’adhésion de votre pays à l’OMC, quelles doivent être, selon vous, les prochaines étapes de son ouverture à l’économie de marché ?

S.E.M.D.C.D. : La Stratégie de développement socio-économique 2011-2020 a fixé l’objectif de permettre au Vietnam de devenir en 2020 un pays industrialisé avec une croissance économique durable, une société stable et une position renforcée. Elle réaffirme les principes à suivre, à savoir : poursuivre un développement durable, grâce à une croissance fondée sur la stabilité macroéconomique, à l’économie du savoir, au progrès social et à la protection de l’environnement ; poursuivre le « Renouveau », avec la priorité de renforcer la démocratie et l’État de droit ; valoriser les ressources humaines grâce à la formation, la protection des droits de l’homme et le bien-être social ; poursuivre l’intégration internationale grâce à l’ouverture économique et à la valorisation des ressources internes.
Ainsi, pour atteindre les objectifs fixés sur la base de ces principes, la Stratégie a défini les orientations suivantes :
- Perfectionnement du mécanisme de l’économie de marché à l'orientation socialiste grâce à la réforme du système juridique, notamment en matière budgétaire, financière, de gestion d’entreprise et foncière, et à la mobilisation et à la valorisation des ressources humaines, dans le but d’atteindre un développement durable.
- Développement d’une industrie moderne et compétitive, en procédant à une restructuration de type sectorielle, géographique et de production afin de favoriser le progrès technologique, la création de haute valeur ajoutée et la création d’emplois.
- Développement d’une agriculture innovante, moderne et durable, en cherchant à accroître la productivité, à appliquer des progrès scientifiques et technologiques, en construisant un bon réseau de commercialisation des produits agricoles pour en assurer les débouchés et la compétitivité internationale, en procédant à l’aménagement rationnel du territoire, et en assurant une exploitation respectueuse de l’environnement.
- Développement des services, notamment les services à haute valeur ajoutée, à fort potentiel et à forte compétitivité, comme le tourisme, les transports maritime et aérien, les télécommunications, les technologies de l’information, la santé et les services financiers.
Depuis son accession à l’OMC, le Vietnam respecte ses engagements, bien que cette ouverture ait mis les entreprises nationales face à une compétition de plus en plus forte. Son appartenance à l’OMC a apporté de nombreux avantages à notre pays, qui se sont surtout traduits par une augmentation nette des exportations, de l’ordre de 20% par an. Les prochaines étapes consisteront à poursuivre l’ouverture du marché intérieur selon les engagements que nous avons pris au sein de l’OMC (de nombreux produits en tireront pleinement parti à partir de 2012), tout en renforçant nos relations économiques bilatérales et multilatérales. Il s’agira également de renforcer la compétitivité des entreprises locales pour faire face à une nouvelle vague d’importations, notamment grâce à la gestion, à la formation et aux transferts de  technologies ; et, enfin, de poursuivre les réformes administratives pour assurer une meilleure gestion, un meilleur environnement d’affaires et une meilleure compétitivité du Vietnam.

L.L.D. : A l’image du tunnel de Thu Thiem, votre pays a mis en œuvre un vaste programme d'investissements visant à moderniser ses infrastructures. Quels sont les principaux secteurs concernés ? Quelles initiatives sont envisagées pour renforcer l’attractivité de l'économie vietnamienne auprès des investisseurs étrangers ? Fort de l'expertise française dans les secteurs comme les transports ou l'énergie nucléaire, quelles sont les opportunités d'intensification des liens économiques franco-vietnamiens ?

S.E.M.D.C.D. : Moderniser les infrastructures est une des tâches prioritaires de l’œuvre d’industrialisation du pays, comme prévu dans la Stratégie de développement socio- économique 2011-2020. Les secteurs prioritaires incluent les transports, à savoir les chemins de fer, la voirie et les infrastructures portuaire, aérienne et maritime, et l’énergie (électricité et énergies renouvelables).
Le Vietnam aspire toujours à offrir un environnement d’affaires favorable aux sociétés étrangères y compris françaises qui veulent y établir leurs activités, grâce à une croissance économique soutenue, une stabilité politique, une main-d’œuvre compétitive, un marché graduellement plus ouvert et transparent, des ressources naturelles abondantes et un bon positionnement géographique dans la région. L’investissement direct étranger au Vietnam a d’ailleurs considérablement augmenté au cours de ses dernières années, et ce, parce que le gouvernement a particulièrement cherché à attirer les investisseurs étrangers.
Pour renforcer davantage l’attractivité de l’économie auprès de ces derniers, en dehors des mesures incitatives destinées aux investisseurs notamment de nature fiscale, une restructuration économique et une réforme administrative et sur les mécanismes de gestion ont été aussi envisagées pour créer un climat de confiance. L’amélioration de l’environnement de l’investissement doit passer par une stabilisation macro-économique, la restructuration des secteurs clés comme les marchés publics, les entreprises d’État et le secteur financier, ainsi que l’amélioration des infrastructures, la simplification des formalités administratives et le renforcement de la transparence. La gestion doit également être améliorée par une plus grande délégation du pouvoir aux autorités locales.
Pour répondre à votre deuxième question, les transports et l’énergie nucléaire sont deux des secteurs dans lesquels la France possède une grande réputation. La construction d’infrastructures de transport est un secteur qui se développe très rapidement au Vietnam depuis ces dernières années, avec un capital total engagé de centaines de milliards de dollars d’ici 2020. Les investisseurs français, forts de leur expertise dans ce secteur, pourront se lancer dans des projets de voierie, de chemins de fer ou portuaires. Dans le secteur de l’énergie, qui est aussi le point fort de la France, les groupes français pourraient investir au Vietnam dans le cadre des projets de fourniture d’équipements ou en tant que maître d’ouvrage.

L.L.D. : Troisième pays le plus peuplé de l’Asie du Sud-Est, le Vietnam a fait de l’approfondissement de l’intégration régionale au sein de l’ASEAN l’un de ses principaux objectifs en matière de politique étrangère. Considérant les conclusions du sommet qui s’est tenu à Bali en novembre 2011, comment analysez-vous les progrès accomplis vers la création de la Communauté de l’ASEAN ? Dans quelle mesure la situation politique en Birmanie est-elle, selon vous, appelée à favoriser la cohésion du processus d’intégration régionale ?

S.E.M.D.C.D. : Au Sommet de Bali en 2011, les dirigeants de l’ASEAN ont réaffirmé leur détermination à mettre en œuvre activement la feuille de route pour l’édification d’une Communauté de l’ASEAN en 2015 et le Plan directeur pour la connectivité de l’ASEAN. Pour atteindre ces objectifs, l’accent a été mis sur une application efficace des accords, ainsi que des programmes et des projets clés visant à consolider nos liens et à réduire les écarts entre les régions.
Dans le cadre du processus de construction de la Communauté, les pays de l’ASEAN ont convenu de promouvoir la solidarité et l’unité de l’ASEAN et de s’efforcer de trouver une solution favorable aux différends pouvant naître dans les relations entre pays membres, sur la base de la Charte de l’ASEAN, des intérêts communs de l'Association et dans un esprit d’amitié.
L’ASEAN constitue en effet aujourd’hui un facteur important et indispensable à la paix, à la stabilité et au développement en Asie du Sud-Est. Elle est à l’origine d’une forte impulsion en faveur du dialogue et de la coopération dans la région de l’Asie de l’Est et de l’Asie-Pacifique.
À l’avenir, l’ASEAN doit poursuivre ses efforts, en particulier sur les points suivants :
- Premièrement, concentrer les efforts dans un esprit de solidarité pour atteindre les objectifs fixés dans le Plan de mise en œuvre de la Feuille de route vers la Communauté de l’ASEAN d’ici à 2015, tant au plan national qu’au plan régional.
- Deuxièmement, continuer à promouvoir le rôle actif de l’ASEAN en assurant un environnement pacifique, la sécurité, la stabilité et la coopération dans la région, notamment grâce à la mise en place efficace des mécanismes et des moyens de coopération tels que le Traité d’amitié et de coopération en Asie du Sud-Est auquel la France est le premier pays de l'UE à avoir adhéré, le Traité de la zone de non prolifération nucléaire en Asie du Sud Est (SEANWFZ), la Déclaration sur la conduite dans la Mer de l’Est (DOC) et le Forum régional de l’ASEAN (ARF), en vue de promouvoir le dialogue, la confiance, le règlement pacifique des différends, conformément au droit international, et en particulier à la Convention des Nations unies sur le droit de la mer de 1982, ainsi qu’à la Charte des Nations unies et à la Charte de l’ASEAN.
- Troisièmement, continuer à élargir et approfondir les relations de l’ASEAN avec ses partenaires, tout en renforçant son rôle central dans les structures de coopération régionales pour la paix, la stabilité et le développement, ainsi que pour surmonter avec efficacité les défis actuels.
Le développement de l’ASEAN s’appuie donc sur une forte cohésion du processus d’intégration régionale à laquelle chaque pays membre apporte sa contribution. Le Myanmar est un membre à part entière de l’Association et y joue pleinement son rôle. Toute évolution du Myanmar dans ce sens est positive pour l’ASEAN. C’est pour cette raison que l’ASEAN a confié au Myanmar la Présidence de l’Association en 2014. Je tiens par ailleurs à souligner que le Vietnam et Myanmar entretiennent de très bonnes relations et que notre pays le soutient totalement dans cette tâche.


L.L.D. : Marqué par des tensions récurrentes concernant la souveraineté des îles Spartley et Paracels, le partenariat entre votre pays et la Chine a franchi un nouveau cap avec la signature d’un accord sur les principes de règlement de la question maritime le 11 octobre 2011. Quels dispositifs concrets sont prévus pour résoudre ce contentieux et accroître le dialogue stratégique bilatéral ? Au regard du projet chinois d’extraction de la bauxite, comment caractériseriez-vous les apports mutuels de la coopération économique entre les deux pays ?

S.E.M.D.C.D. : Effectivement, il a été décidé dans le cadre de l’accord que vous évoquez, d’organiser des rencontres biannuelles en alternance entre chefs de délégations de négociations sur les questions frontalières, ainsi que de mettre en place  une ligne téléphonique rouge au niveau gouvernemental afin de promouvoir les échanges d’information en temps voulu et de régler de façon satisfaisante les problèmes maritimes.
Je vois dans cet accord trois aspects d’une importance particulière. Tout d’abord, la référence au droit  international dans la recherche d’une solution durable pour la Mer de l’Est. Les deux parties ont là-dessus réaffirmé leur attachement au droit international, et plus particulièrement à la Convention des Nations unies sur le droit de la mer de 1982, convention à laquelle tant le Vietnam que la Chine ont adhéré. Le second aspect est la consécration de la Déclaration sur la conduite des parties en Mer de l'Est (DOC) comme l’un des fondements pour maintenir la paix et la stabilité dans cette partie du monde. L’ASEAN et la Chine viennent d’ailleurs de signer le Règlement portant mesures d’application de la DOC et s’orientent vers l’élaboration d’un Code de conduite en Mer de l’Est (COC). Ceci ne pourra que renforcer la confiance des différentes parties concernées dans leurs efforts respectifs en vue d’une solution durable. Enfin, le troisième aspect, c’est l’ouverture sur la possibilité de recourir à une approche de règlement multilatérale en ce qui concerne les litiges qui ne sont pas bilatéraux en Mer de l’Est. Ceci correspond parfaitement à la tendance de résolution des litiges multipartites dans les relations internationales de nos jours.
Quant aux relations économiques sino-vietnamiennes, il convient de noter que la Chine constitue, depuis 2004, le premier partenaire commercial du Vietnam avec un développement spectaculaire de nos échanges commerciaux. Ceux-ci sont en effet passés de 16 milliards de dollars en 2007 à près de 30 milliards de dollars fin 2011. La Chine s’est aussi hissée au rang des investisseurs directs étrangers importants au Vietnam avec des capitaux qui ont dépassé 3,2 milliards de dollars en 2011.
Il existe certes un grand défi à relever dans nos relations commerciales avec la Chine : il s’agit du déficit de notre balance commerciale qui tend à se creuser ; le Vietnam exporte pour l’essentiel des matières premières vers la Chine d’où il importe en revanche des machines et des produits manufacturés. Parallèlement aux efforts nécessaires du Vietnam en faveur d’une montée en gamme dans la chaîne de production mondiale qui lui permettra progressivement de ne plus se contenter du rôle de simple fournisseur de matières premières et de produits agricoles, d’autres mesures s’imposent donc au niveau bilatéral afin de remédier à cette situation. La Chine et le Vietnam, ayant les taux de croissance les plus impressionnants dans cette partie du monde et participant tous les deux à de nombreux accords régionaux, sont appelés à rendre plus dynamique leur coopération économique pour la prospérité des deux pays et celle de la région.

L.L.D. : Membre du forum de Coopération économique Asie-Pacifique (APEC), le Vietnam participe depuis 2010 aux négociations sur le Partenariat trans-pacifique (TPP). En dehors des aspects strictement économiques, comment appréhendez-vous la dimension stratégique de ce projet d’accord ? Compte tenu du caractère symbolique des exercices militaires conjoints organisés entre votre pays et les États-Unis à l’été 2011, quelle est votre vision de l’architecture de sécurité en Asie du Sud-Est ? Plus globalement, quelles sont vos attentes à l’égard du renouveau des relations entre Hanoi et Washington ?

S.E.M.D.C.D. : Si le dernier siècle a été celui de l’Atlantique, le XXIème siècle appartiendrait, à en croire plusieurs analystes, à l’Asie-Pacifique, en tant que nouvel espace stratégique. Dans le cadre de cette nouvelle donne en gestation, l’intégration régionale dans l’Asie-Pacifique, ou plus exactement le régionalisme ouvert, s’affirme à l’heure actuelle comme la tendance la plus prépondérante. C’est aussi le signe de la mondialisation au niveau régional où la coopération pour le développement est de mise, et la prospérité, plus stratégique que jamais.
Nous avons vu naître une multitude de formules, pour n’en citer que quelques-unes, l’AFTA, Asean+Chine, la zone de libre échange Chine+ République de Corée+Japon et le TPP (Partenariat transpacifique) ne fait pas exception. La participation du Vietnam au TPP, une structure de coopération importante et prometteuse de la région, lui permettra de mieux saisir les opportunités issues de la restructuration de l’ordre régional et mondial. Être membre du traité TPP, cela veut dire aussi que le pays pourra mieux profiter de meilleures conditions extérieures pour son développement socio-économique et la mise en œuvre de sa politique d’intégration internationale. Ceci contribuera, j’en suis persuadé, à rehausser la position du Vietnam sur la scène internationale. Le TPP, me semble-t-il, représenterait une chance en faveur d’une ouverture plus grande du marché extérieur aux exportations du Vietnam et d’un volume encore plus important d’investissements étrangers au Vietnam. Par contre, le TPP, dans son processus de négociation, devra tenir compte des spécificités du Vietnam quant à son actuel niveau de développement.
Un petit mot sur les « exercices militaires conjoints » que vous avez mentionnés. Ce ne sont pas des exercices militaires proprement dits, mais des échanges réguliers entre les deux parties pour mener des activités humanitaires, procéder aux échanges d’expériences, notamment en matière de recherche et de sauvetage. Quant à l’architecture de la sécurité en Asie du Sud-Est, je constate une tendance au renforcement du dialogue et de la concertation entre les pays de la région et les grandes puissances, sur les questions d’intérêt commun, face à la montée des risques relatifs au terrorisme, aux pandémies, aux catastrophes naturelles et environnementales, à la question de la sécurité maritime… Je pense aux succès des rencontres du Forum Régional d’ASEAN (ARF), du dialogue de Shangri La ou des réunions élargies des ministres de la Défense (ADMM Plus), mécanisme mis en place sur l'initiative du Vietnam durant sa présidence tournante de l’ASEAN en 2010. Pour la première fois, nous étions alors parvenus à rassembler 18 ministres de la Défense venant des pays de l’ASEAN et des pays partenaires, autour d’une même table, pour engager la réflexion et le débat sur les mesures destinées à maintenir la paix, renforcer la confiance réciproque et la coopération. Il existe bien sûr d’autres idées relatives à l’architecture de sécurité en Asie du Sud-Est, mais compte tenu des caractéristiques de cette région, le traitement de cette question mérite des participations de toutes les parties concernées et de tous les pays ayant des intérêts dans la région. Il doit, surtout, s’appuyer sur le rôle central qu’a toujours tenu à jouer et que tient toujours à jouer l’ASEAN dans toute structure de coopération régionale en faveur de la paix, de la stabilité et du développement.
S’agissant de nos relations avec les États-Unis, nous nous réjouissons de constater leur développement spectaculaire. En 2011, les échanges commerciaux bilatéraux ont atteint 21 milliards de dollars, soit une augmentation de 20% par rapport à 2010, en dépit d’un contexte marqué par de grandes difficultés économiques sous l’effet de la crise mondiale. Au vu des résultats encourageants obtenus depuis la normalisation de nos relations, le Vietnam et les États-Unis œuvrent en ce moment à l’élaboration de multiples mesures, afin de les porter vers de nouvelles hauteurs dans tous les domaines de coopération, que ce soit en matière économique, commerciale et d’investissement ou en matière d’éducation, de formation, de technologie, de défense et de sécurité.

L.L.D. : A l’image de la participation de votre pays au Conseil de sécurité de l’ONU en 2008-2009, en qualité de membre non-permanent, la politique étrangère vietnamienne s’efforce de promouvoir activement le multipartisme. Alors que le Mouvement des Non-Alignés a célébré en 2011 son 50ème anniversaire, comment votre pays compte-t-il poursuivre sa contribution à l’amplification de la coopération Sud-Sud ? Quels sont les enjeux du dialogue instauré avec des pays comme l’Inde ou la Russie ?

S.E.M.D.C.D. : Puisque vous avez évoqué le Mouvement des pays non-alignés, j’aimerais en dire un mot. Dans le prolongement de sa politique étrangère indépendante, souveraine, multilatéralisée et diversifiée, le Vietnam participe toujours activement aux activités du Mouvement. Il travaillera de concert avec les autres pays membres en faveur du maintien de la paix et de la sécurité internationale, mais également pour la création d’un environnement propice au développement de chaque pays, à travers la promotion du dialogue pour la prévention et le règlement des conflits, conformément aux principes de la Charte des Nations unies et aux principes fondamentaux du droit international.
Le Vietnam contribuera activement à la lutte commune en vue d’une démocratisation des relations internationales, par le biais de la réforme des Nations unies et des institutions multilatérales, notamment des institutions financières, dans l’objectif de permettre à ces dernières de mieux résister aux crises et de répondre aux intérêts des pays membres, notamment des pays en développement. Notre pays s’implique également dans le renforcement de la coopération Sud-Sud, afin d’apporter des réponses de portée globale aux problèmes d’envergure planétaire tels que les conséquences de la crise financière et économique, le changement climatique, l’accès à l’eau potable, la sécurité énergétique et la sécurité alimentaire.
Fort de ses expériences dans le domaine de l’agriculture et de ses succès dans la lutte contre la faim et la pauvreté, notre pays a partagé, au cours de ces dernières années, son expertise avec un nombre important de pays d’Afrique (Sénégal, Madagascar, Mali, Angola, Bénin….), avec le concours de la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) et des pays du Nord, dans le cadre des programmes de coopération Sud-Sud-Nord. Ses programmes d’entraide et d’échange d’expertise sont appelés à se multiplier dans les années à venir.
La Russie et l’Inde constituent tous deux des partenaires de première importance avec lesquels le Vietnam a instauré des mécanismes de dialogue très efficaces. Les deux pays partagent une convergence de vues avec le Vietnam sur nombre de questions importantes au sein d’instances comme l’ONU, l’ARF, l’ASEM, l’APEC, etc. La Russie et l’Inde contribuent, j’en suis convaincu, à la stabilité, à la paix ainsi qu’à la coopération et au développement en Asie-Pacifique. Elles représentent d’ailleurs deux économies à fort potentiel de croissance qui pourraient contribuer efficacement aux efforts de modernisation et d’industrialisation du Vietnam.
Avec la Russie, nous entretenons des relations d’amitié de longue date, qui se développent maintenant dans le cadre d’un partenariat stratégique intégral. Il s’agit d’un atout considérable pour l’un comme pour l’autre. Nos deux pays sont connus pour leur forte complémentarité. La Russie excelle dans l’exploitation minière, le pétrole, l’énergie, la sidérurgie, l’aéronautique, l’éducation et la formation, domaines dont le Vietnam a tant besoin pour son développement. Le Vietnam, quant à lui, est un grand exportateur de produits agricoles, textiles, chaussures et fruits de mer vers la Russie. Avec un rythme de croissance annuel soutenu, nos échanges commerciaux vont frôler le seuil de 2,5 milliards de dollars en 2012, pour s’établir à 3 milliards en 2013.
Avec l’Inde, les relations de partenariat stratégique intégral, instaurées en 2007, ne cessent de s’intensifier, sur la base des trois piliers que sont : la politique et la défense ; l’économie et le commerce ; et la formation des ressources humaines. L’Inde figure dès à présent parmi les dix premiers partenaires commerciaux du Vietnam avec des échanges commerciaux bilatéraux de plus de 3,5 milliards de dollars. L’objectif que se fixent les deux pays est de porter ce montant à 7 milliards de dollars en 2015.

L.L.D. : Inauguré fin 2008, le Centre culturel vietnamien à Paris est le deuxième dans le monde et le premier en Europe. Ce choix traduit-il, de votre point de vue, la volonté de votre pays de faire de la France la plateforme du resserrement de ses liens avec l’Union européenne ? Comment percevez-vous à cet égard les progrès enregistrés dans les négociations d’un accord de libre-échange Vietnam-UE ? Compte tenu de la reconnaissance par l’UNESCO de la citadelle des Ho et du chant Xoan comme patrimoine de l’humanité, comment qualiferiez-vous les retombées économique et diplomatique du rayonnement culturel du Vietnam ?

S.E.M.D.C.D. : En effet, le choix de la France pour l’ouverture du premier Centre culturel vietnamien en Europe n’a jamais été fortuit. Il est nécessaire, me semble-t-il, de rappeler que l’ouverture de centres culturels vietnamiens à l’étranger s’inscrit dans la logique du renforcement de la diplomatie culturelle lancée depuis quelques années, qui est considérée comme l’un des trois piliers de la diplomatie vietnamienne, au même titre que la diplomatie politique et la diplomatie économique.
Les liens culturels et artistiques privilégiés que nous tissons avec la France se fondent d’une part sur les facteurs liés à une histoire commune, et d’autre part, sur le partage d’un vecteur qui est en l’occurrence la langue française au sein de la Francophonie. Ces facteurs font que la France occupe une place de choix dans les actions culturelles du Vietnam à l’étranger. Il ne faut pas non plus oublier que la France, avec Paris comme capitale culturelle au centre de l’Europe, constitue en quelque sorte une porte d’entrée, je dirais incontournable. À ce titre, un nombre important de pays se font représenter culturellement à Paris avec l’implantation d’un centre culturel ou linguistique.
Toujours dans le cadre de la diplomatie culturelle active que j’ai évoquée tout à l’heure, on peut dire que le Vietnam a fait preuve de « proactivité » et de dynamisme ces deux dernières années. Les résultats encourageants obtenus en la matière, comme vous venez de le citer, ont contribué pour une part importante à rehausser la position du pays sur la scène internationale. La reconnaissance par l’UNESCO de la citadelle des Ho et du chant Xoan comme patrimoine de l’humanité contribue, entre autres, à renforcer l’image du Vietnam. Les actions culturelles de notre pays à l’étranger ont, en effet, réussi à le faire connaître sous une nouvelle facette, celle d’un Vietnam dynamique résolument engagé sur le chemin du « Renouveau », de l’intégration et du développement, celle d’un Vietnam qui a tourné la page des années de guerre, de pauvreté et de souffrances, celle d’une destination sûre et attractive pour les investisseurs étrangers.
Leur impact est très important pour le développement du tourisme et l’attraction d’investissements étrangers. En 2011, notre pays a ainsi accueilli 6 millions de touristes étrangers, soit une augmentation de 20% par rapport à 2010. Et malgré les impacts négatifs exercés par la crise financière et économique, le Vietnam a attiré en 2011 un montant d’investissements directs étrangers qui s’élève à 14,7 milliards de dollars. C’est dans cette perspective que les progrès enregistrés dans les négociations d’un accord de libre-échange Vietnam-UE sont bien accueillis. L’UE dans son ensemble représente toujours d’ailleurs l’un des premiers partenaires commerciaux du Vietnam. Un accord de libre-échange qui tienne compte des spécificités des deux parties sera dès lors dans l’intérêt du Vietnam et de l’EU.

L.L.D. : Adossée à une histoire commune et à de forts liens culturels, véhiculés notamment par la Francophonie, les relations diplomatiques franco-vietnamiennes célèbreront en 2013 le 40ème anniversaire de leur établissement. Quelle signification revêtiront, selon vous, ces célébrations ? Quels efforts doivent être mis en œuvre en vue de établir un partenariat stratégique entre les deux pays, notamment dans le domaine des échanges économiques et des investissements ? A l’instar de la construction de l’Université des sciences et des technologies de Hanoi, quels autres projets de coopération sont envisagés par les deux pays ?

S.E.M.D.C.D. : 2013 représentera un moment très fort pour nos relations diplomatiques. Nos deux parties ont ainsi décidé d’organiser en alternance une année de la France au Vietnam et une année du Vietnam en France pour célébrer cet anniversaire historique. Il est tout à fait encourageant de jeter un regard rétrospectif sur ce qui a été accompli en l’espace de 40 ans. Beaucoup de chemin parcouru ensemble, non sans difficultés et défis, mais grâce aux efforts et à une forte volonté de part et d’autre, nous pouvons nous trouver tout à fait satisfaits de l’excellence de nos relations bilatérales.
Au-delà de la mémoire partagée des hauts et bas qui ont marqué l’histoire de nos deux peuples, il reste à l’esprit de ma génération des événements qui ont cimenté l’amitié traditionnelle entre le Vietnam et la France. Je pense aux années 1980, durant lesquelles la France nous a tant aidés à renouer avec la communauté financière internationale en intervenant auprès du Club de Paris. Je pense surtout aux réformes, connues sous le nom de Doi-Moi (Renouveau), que la France a soutenues et que ses entreprises, par leur présence, ont toujours accompagnées dès le début. Et maintenant, le Vietnam du XXIème siècle appelle de tous ses vœux que la France soit encore plus présente à ses côtés sur le chemin qu’il a pris de la modernisation et de l’intégration active à la communauté internationale en tant que membre dynamique et responsable. Aujourd’hui, nos relations sont encadrées par une quinzaine d’accords et de traités bilatéraux. Voilà le fruit d’un travail en commun accompli durant 40 ans. Mais nous ne pouvons nous en tenir là.
Il faut dès à présent franchir un nouveau cap en bâtissant ensemble un partenariat stratégique où toutes les potentialités de part et d’autre devraient être mises à profit. Ce cadre privilégié devrait permettre la mise en place de mécanismes de consultation et de concertation périodiques au plus haut niveau. Il devrait aussi donner une impulsion à la coopération entre la France et le Vietnam dans les domaines correspondant à leurs besoins et priorités respectives. Il y a matière à réfléchir si l’on considère que la France ne représente que 1,1% des échanges extérieurs du Vietnam. Or, sa part de marché en moyenne dans le monde est de 3,6%. Autant pour vous dire que nous devons faire plus et mieux pour renforcer la présence des entreprises françaises, surtout des PME qui sont si peu nombreuses au Vietnam.
Je pense aussi à la formation des ressources humaines qui est un atout comparatif de la France. Celle-ci accueille à l’heure actuelle 6 000 étudiants vietnamiens. C’est déjà encourageant comme chiffre mais il faut faire plus et mieux. Vous avez évoqué tout à l’heure le projet de l’Université des Sciences et Technologies de Hanoi, projet lancé lors de la visite du Premier Ministre François Fillon au Vietnam, en octobre 2009. Nous souhaiterions que ce modèle de projet se multiple encore dans à travers le pays, dans la mesure où le Vietnam compte chaque année 1,6 million de nouveaux arrivants sur le marché de travail. La montée en gamme du Vietnam dans la division du travail international dépend, comme vous le savez, pour une grande partie de la qualité de sa main d’œuvre.
Les infrastructures (génie civil, énergie et transport) et l’environnement (la gestion des ressources en eau et des déchets) constituent aussi, à mon sens, les deux autres champs de coopération par excellence dans les relations franco-vietnamiennes. La volonté du Vietnam d'acquérir de hautes technologies, le rythme d’urbanisation et de modernisation du pays offrent à cet égard d’immenses opportunités aux investisseurs français. Il s’agit d’ailleurs de domaines dans lesquels le savoir-faire de la France a acquis une réputation mondiale. Nous devons de ce point de vue accélérer la réalisation de projets emblématiques en cours d’exécution et qui seront à l’honneur en 2013, comme le métro de Hanoi, la restauration du pont Long Bien ou le projet de Centre hospitalier universitaire (CHU) de Hanoi.
Il incombe aussi à nos deux pays de coopérer pour apporter des réponses concertées aux défis de portée planétaire comme le changement climatique ou le développement durable par exemple. Nous avons plusieurs atouts pour le faire : nous disposons d’une coopération bilatérale très forte et nos deux pays partagent une large communauté de vues sur nombre de questions internationales. Un autre élément important : La France a joué et joue un rôle de premier rang dans l’émergence et l’affirmation d’une UE forte et responsable sur la scène internationale. Pour sa part, le Vietnam œuvre en ce moment de manière active et responsable à la création d’une Communauté de l’ASEAN à l’horizon 2015. Profitons donc de toutes les bonnes opportunités offertes par nos processus d’intégration régionale respectifs pour qu’ils se développent au bénéfice de nos relations bilatérales. Faisons de la France une porte d’entrée du Vietnam en Europe et faisons du Vietnam une tête de pont de la France en Asie du Sud-Est.
Par la suite, nous devrons travailler à la consolidation et à l’élargissement du socle social des relations franco-vietnamiennes. Les liens entre le Vietnam et la France trouvent, en effet, des relais partout dans chaque pays, que ce soit au plan social ou géographique. Nos deux peuples sont unis par des raisons historiques, sentimentales, familiales et professionnelles. Nous avons instauré une large coopération entre toutes les administrations, de multiples partenariats entre les milieux d’affaires, et surtout des liens d’amitié et de partenariat entre associations, régions et villes, entre écoles et individus. La communauté vietnamienne en France, une des communautés vietnamiennes d’outre-mer les plus importantes, constitue, elle aussi, un maillon important dans ces liens. Chaque élément apporte sa brique pour nous permettre l’édification de cette maison que constituent les relations franco-vietnamiennes. C’est là une spécificité de nos relations et c’est ce qui garantit leur vivacité et leur solidité.     

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