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  Lundi 22 Octobre 2018  
 

Deuxième trimestre 2011

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  Le rebond de l’économie tchèque se confirme
 
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     République tchèque
 
  S.E.Mme / H.E. Marie Chatardová

Une nouvelle dynamique de coopération avec la France

Partenaire historique de la France en Europe centrale, la République tchèque demeure l’une des économies les plus solides de la région. Elle est aussi l’un des acteurs clés de la politique de voisinage de l’UE. S.E.Mme Marie Chatardová, Ambassadeur de la République tchèque en France, revient pour nous sur les principaux axes de la redynamisation du partenariat franco-tchèque, mais aussi sur la vision tchèque de la stratégie européenne pour surmonter les répercussions de la crise financière.

La Lettre Diplomatique : Madame l’Ambassadeur, le Premier Ministre Petr Necas a effectué sa première visite en France, les 10 et 11 février 2011, en tant que chef du gouvernement tchèque. Comment qualifieriez-vous la volonté des deux pays de relancer le partenariat stratégique mis en place en 2008 ? Dans quels domaines le nouveau plan d’action conclu à cet effet est-il appelé à mettre l’accent au cours des années 2011-2013 ?

S.E.Mme Marie Chatardová :  La France est un partenaire ancien de la République tchèque et nos relations s’inscrivent dans la durée. La signature de la déclaration politique et du plan d’action du partenariat stratégique franco-tchèque à Prague, le 16 juin 2008, a été une étape dans le déroulement de cette longue histoire.
Cet événement est intervenu juste avant la succession des présidences de l’Union européenne (UE), assurées par la France au second semestre 2008, puis par la République tchèque au premier semestre 2009. Avant ces échéances, les deux nations avaient à cœur d’approfondir leurs liens en matière de politique étrangère et européenne, d’énergie, d’environnement, d’économie, de défense et de sécurité, de culture. Il était convenu qu’un nouveau plan d’action serait négocié pour la période 2011-2013. Ce fut l’enjeu de la rencontre entre les deux premiers ministres Petr Necas et François Fillon.
Ce nouveau plan prévoit une coopération dans plusieurs domaines dont la politique étrangère, l’énergie, le commerce, l’environnement et la croissance durable, les sciences, l’éducation et la culture. Un accent tout particulier est mis sur les secteurs de l’énergie, la recherche et le développement ainsi que dans l’éducation. Un nouveau groupe de travail franco-tchèque sur l´énergie a été constitué avec l´objectif de renforcer la coopération institutionnelle dans l’énergie nucléaire et l’échange d’étudiants et de scientifiques impliqués dans ce domaine.
Lors de sa visite à Prague le 18 et 19 mai 2011, M. Eric Besson, Ministre français de l’Industrie, de l’Energie et de l’Economie numérique, a signé avec son homologue tchèque, M. Martin Kocourek, une feuille de route franco-tchèque relative à la coopération dans l’énergie nucléaire. Elle établit d´une manière concrète la coopération dans les domaines de la recherche, l’éducation, la formation des experts, la sûreté nucléaire et l’échange d’informations et d’expertise.
Un accord de coopération entre le Commissariat à l’Energie atomique (CEA) et l’Institut de recherche nucléaire (UJV) de Rez, les deux organismes de recherche nationaux dans le domaine du nucléaire, a aussi été réactivé à l’occasion de la signature de la feuille de route par les deux gouvernements. Le champ d´application de l´accord a été élargi à la coopération dans le domaine de l´énergie, de l´hydrogène et des sources d’énergie renouvelables.
De nouvelles actions en faveur de la sûreté nucléaire sont engagées : un accord entre les deux autorités indépendantes française et tchèque doit ainsi être conclu d’ici la fin 2011.

L.L.D. : La participation du groupe français Areva à l’appel d’offres lancé pour l’agrandissement de la centrale nucléaire tchèque de Temelin ouvre de nouvelles opportunités à l’intensification de la coopération économique bilatérale. Comment évaluez-vous l’impact de la catastrophe de Fukushima sur ce projet ? Quels autres secteurs d’activité vous semblent les plus porteurs pour l’essor des synergies entre les économies tchèque et française ?


S.E.Mme M.C. : Actuellement, la catastrophe de Fukushima n´a pas d´impact direct sur l’appel d’offres lancé pour l’élargissement de la centrale nucléaire de Temelin. Les travaux préparatoires continuent conformément au calendrier de la réalisation du projet : la documentation qui doit précéder cet appel d’offres sera achevée en 2011 et les participants pourront déposer dès l’année suivante leurs demandes d’inscription. La décision finale sera prise en 2013.
L´appel d´offres pourrait naturellement être adapté en fonction de l’évolution de la réglementation européenne faisant suite à l’accident de Fukushima, en vue de renforcer la sécurité du secteur nucléaire au sein de l’UE. Nous attendons l’élaboration des nouvelles normes européennes de licences et de constructions pour les nouveaux réacteurs construits en Europe. Il est dans l´intérêt de tous que ces nouvelles normes soient établies par des experts tels que WENRA et ENSREG.
Les synergies entre les économies tchèque et française font cependant partie d’un contexte plus large qui est celui de la performance de l’économie tchèque.
Après vingt ans d’efforts, le pays a retrouvé la place qu’il occupait avant 1938, lorsqu’il comptait parmi les dix nations les plus développées au monde. Si l’on remonte plus loin encore dans l’histoire, les deux tiers de l’industrie de l’Empire austro-hongrois se trouvaient sur notre territoire.
Aujourd’hui, la République tchèque est devenue la première destination des investissements étrangers par habitant en Europe et la région de Prague est la 6ème région la plus riche d’Europe, devant l’Ile-de-France. Notre endettement public est par ailleurs l’un des plus faibles d’Europe, le taux de mortalité infantile le plus bas, devant les pays nordiques.
Le niveau d’éducation des jeunes âgés de 20 à 24 ans ayant atteint au moins un diplôme du cycle secondaire supérieur figure parmi les plus élevés au sein de l’Union européenne. Inversement, le nombre de jeunes ayant quitté prématurément l’école sans études ni formation, et dont le niveau d’études ne dépasse pas l’enseignement secondaire inférieur, est l’un des plus faibles d’Europe.
L’avenir de nos relations économiques est façonné par ce contexte qui favorisera les secteurs à plus forte valeur ajoutée, en particulier l´aéronautique, l’informatique et les machines industrielles associées, ainsi que les biotechnologies. Cette croissance s’appuie sur une forte tradition industrielle qui se développe grâce à des savoir-faire mais aussi en raison d’un goût naturel des Tchèques pour ce domaine. C’est le cas de la fabrication des produits de consommation, de l’industrie automobile et d’une façon générale, de l’industrie manufacturière des métaux.
Les flux d’investissements directs en provenance de France sont diversifiés mais plusieurs grands groupes français sont devenus des acteurs importants de l’économie tchèque.

L.L.D. : Après avoir fortement subi les répercussions de la crise financière mondiale en 2009, la République tchèque a fait preuve d’une capacité de rebond exceptionnelle enregistrant une croissance de plus de 2% en 2010. A quels facteurs attribuez-vous cette réactivité ? Compte tenu du niveau d’endettement relativement faible de votre pays, comment expliquez-vous que les finances publiques aient été érigées en priorité par le gouvernement tchèque ?

S.E.Mme M.C. :
Dans les premiers temps, les répercussions de la crise en termes de croissance ont été comparables à celles de la moyenne européenne parce que l’économie tchèque est tournée vers l’exportation et que nos partenaires ont subi l’impact de la crise financière. Mais ensuite, notre économie a profité pleinement de la reprise. Le produit intérieur brut (PIB) de la République tchèque a augmenté de 2,3% en 2010. Pour 2011, on envisage une croissance de 2 à 2,5% et pour 2012, de 2,8 à 3,5%. En mars 2011, l’économie tchèque a atteint un chiffre d´affaires mensuel record, dépassant les 20 milliards d´euros, avec un excédent de presque 1 milliard d´euros.
Pour expliquer ces performances, il faut comprendre une singularité des Tchèques : ils n’aiment pas l’endettement et la finance pure. C’était déjà  comme cela du temps de l’Empire austro-hongrois, sous la Première république et même au sein du système communiste du Comecon. La création de monnaie obéit à des comportements ancestraux complexes et il est frappant d’observer la propension à s’endetter aujourd’hui et il y a plusieurs siècles : on relève de nombreuses similitudes selon les pays.
Au sein de l’Union européenne, l’endettement individuel est l’un des plus bas en République tchèque. La raison en est simple : les déficits d’aujourd’hui font les dettes de demain. Le contrôle du déficit public est donc au cœur des politiques actuelles quelle que soit la faiblesse de l’endettement du pays. Ce déficit a été ramené à 4% du PIB et l’ambition est d’atteindre rapidement l’équilibre budgétaire.
Un autre élément structurel caractérise l’économie tchèque : de grandes réorganisations bancaires sont intervenues à la fin des années 1990 qui ont assaini un secteur désormais plus intégré dans le financement de l’économie réelle, au grand bénéfice de notre secteur industriel.
La variété du tissu industriel a permis d’absorber les contraintes de la récession mondiale, puisque le secteur phare de l´automobile et des moyens de transport est complété par un réseau d’entreprises dans les secteurs des machines-outils, des biens de consommation, des produits chimiques et de l’agroalimentaire, mais aussi des biens d´équipement et des composants industriels.
Ainsi, la production industrielle affiche une hausse de 13% sur un an et a augmenté de 9,5% par rapport à mars 2010 et de 13% par rapport à février 2010. Cette performance s’explique principalement par celle du secteur automobile qui a progressé en février de 26,2% sur un an. Selon l’Association tchèque des industries automobiles (SAP), la production de voitures de tourisme en 2010 a augmenté de 9,5% par rapport à 2009, dépassant pour la première fois un million de véhicules.
L´industrie manufacturière enregistre quant à elle une croissance de 10% par rapport à 2010 et la chimie retrouve ses résultats d’avant la crise avec un rebond de 18%.
Dans une économie mondialisée, il est très important que nos partenaires connaissent ces données et nous nous réjouissons que le Fonds monétaire international (FMI) ait loué les « fondamentaux solides » de l’économie tchèque : « une faible dette publique, une position extérieure confortable et un secteur financier stable », ainsi qu’une « intégration économique avancée avec la zone euro ».

L.L.D. : La crise de la dette qui touche certains pays européens a contraint l’Union européenne à accélérer la mise en place de mécanismes de régulation financière et de convergence économique entre les Etats membres. Dans quelles conditions votre pays serait-il prêt à rejoindre le « Pacte Euro plus » adopté lors du sommet de Bruxelles du 25 mars 2011 ? N’étant pas encore membre de la zone euro, comment votre pays envisage-t-il sa participation aux prochaines étapes de la construction européenne ?

S.E.Mme M.C. :
Le gouvernement tchèque a clairement exprimé sa position à la suite de l’adoption du « Pacte pour l’euro », le 11 mars 2011, lors d’un sommet spécial des chefs d’État et de gouvernement de l’Union monétaire dont la République tchèque ne fait pas partie : notre pays ne se joint pas au pacte pour l’euro à l’heure actuelle mais il n´exclud pas totalement d’y adhérer à l’avenir.
La teneur du pacte ne pose pas pour la République tchèque de grandes difficultés. La plupart des indicateurs et des objectifs qu’il propose font partie des réformes déjà entamées ou prévues par le gouvernement à l’échelle du pays, dans le cadre du « programme national de réformes ». Un domaine qui reste toutefois problématique est l’harmonisation fiscale.
La possibilité d’adhésion au pacte reste ouverte pour la République tchèque. Nous évaluerons son fonctionnement après la fin de la première période de sa mise en œuvre, afin de considérer l´apport qu´il pourrait avoir pour notre pays.
Au-delà de ces données conjoncturelles, notre pays s’emploie à tisser un réseau de coopérations décentralisées avec ses partenaires européens. Avec la France, sept coopérations institutionnalisées ont été signées, impliquant la Bohême centrale et la Bourgogne, la Moravie-Silésie et la Lorraine, la région de Pardubice et le Centre, la région de Hradec Králové et la Seine-et-Marne, Vysočina et la Champagne-Ardenne, la région de Pilsen et la Franche-Comté, la région Moravie du Sud et le département du Gers. Plus d’une cinquantaine de jumelages entre villes complète ce dispositif qui est, lui-même, appelé à se développer.
Je crois à la force des coopérations mises en place à l’échelle locale et qui font avancer ensemble des acteurs de terrain sur ces projets concrets et pragmatiques. Depuis mon arrivée en France, je sillonne le territoire pour appuyer toutes les initiatives en ce sens et je suis fascinée par la créativité et le dynamisme des Français et des Tchèques qui font le choix de travailler ensemble. C’est ainsi « qu’à terme » comme le disent les économistes, émergent des zones monétaires optimales.
Je suis persuadée aussi que la réussite économique à l’ère des nouvelles technologies, dépend de la capacité des nations européennes à préserver un bien-être social, seul creuset possible pour l’inventivité et la créativité : la République tchèque est le pays d’Europe où l’écart entre les hauts et les bas salaires est le plus faible ; en même temps, le taux de pauvreté naturelle avant redistribution sociale y est des plus bas. Cette dimension sociale est la garantie la plus sérieuse de la qualité de l’économie tchèque.

L.L.D. : L’Union européenne a adopté le 4 février 2011 un plan d’action pour assurer sa sécurité énergétique. Au regard de la situation spécifique de votre pays, fortement dépendant de ses importations d’hydrocarbures et de combustible nucléaire russes, quelles sont vos attentes à l’égard de ce plan ?

S.E.Mme M.C. :
Pour des raisons géographiques évidentes, la sécurité énergétique constitue une question fondamentale pour la République tchèque. Nous y sommes donc très sensibles et c’est la raison pour laquelle nous avons pu résoudre efficacement la crise du gaz qui a touché l’Europe au début de notre présidence du Conseil de l’UE en 2009.
A l’époque, une vingtaine de pays ont été affectés par une rupture des approvisionnements, en particulier dans la région des Balkans. Des ménages étaient privés de chauffage, des établissements publics et des entreprises privées devaient fermer leurs portes. La capacité des membres de l’UE à parler d’une seule voix s’est révélée très efficace : le 9 janvier 2009, la présidence tchèque, conjointement avec la Commission européenne, a décidé d’envoyer des observateurs indépendants de l´Union en Russie et en Ukraine. Le 19 janvier, les livraisons vers l´Europe ont repris. Des leçons ont été tirées, la stratégie énergétique au niveau de l’Union a été consolidée et des mesures concrètes, comme le flux inversé, ont été prises.
Le Conseil européen de février 2011 a confirmé dans ses conclusions la nécessité de mettre en place les interconnections des gazoducs et de construire de nouvelles infrastructures énergétiques. Ces objectifs correspondent aux priorités tchèques : faciliter le transport du gaz vers l´Europe en développant le Corridor Sud, diversifier les sources énergétiques, ce qui se concrétise dans le secteur gazier par la construction des gazoducs Nabucco et Gazela, ainsi que l’interconnexion des gazoducs prioritaires Nord-Sud.
Comme beaucoup d´autres pays d’Europe centrale qui n’ont pas d’accès à la mer, la République tchèque dépend fortement d´un seul oléoduc qui vieillit – Druzba. C´est pourquoi nous nous réjouissons que le Conseil européen de février ait confirmé l´importance de la sécurité d´approvisionnement en pétrole des pays de l´Europe centrale, qui figurent au sein des corridors prioritaires de l´UE, dans la communication de la Commission européenne sur les infrastructures énergétiques présentée à l´automne 2010.

L.L.D. : Seul membre de l’ancien bloc soviétique à être devenu membre de l’Agence spatiale européenne (ASE), Prague abrite depuis décembre 2010 le siège du système européen de navigation par satellite Galileo. Comment concevez-vous la participation de votre pays à ce projet ambitieux et plus largement à la construction d’une industrie spatiale européenne ? Quelles nouvelles opportunités favorise-t-elle en matière de coopération avec la France dans ce domaine ?

S.E.Mme M.C. :
Effectivement, la République tchèque est le premier « nouvel » Etat membre de l´Union européenne à être entré dans l´ASE en novembre 2008. En décembre 2010, la candidature de la République tchèque a été retenue pour accueillir le siège de l´Autorité de surveillance du GNSS européen (GSA) et nous avons ouvert en 2011 des négociations avec l´agence de GSA concernant son déménagement de Bruxelles à Prague. Le coordinateur en République tchèque en charge de la préparation du siège est le Ministère des Transports.
Avec la France, la République tchèque prépare un accord de coopération dans le domaine des activités spatiales. L´objectif est de rendre la communication entre les administrations centrales plus efficace, d’approfondir l´échange de renseignements et de favoriser la coopération entre l´industrie et la sphère académique lors de la réalisation de projets nationaux et internationaux.
Notre pays participe activement à la création de la politique spatiale européenne à travers son implication au sein de toutes les structures européennes. L´industrie tchèque est mise à contribution, comme sous-traitant à la construction du système Galileo et l´Etat encourage les entreprises et la sphère académique à participer aux programmes optionnels de l´ESA.
D’autres projets concrets découlent de ces orientations. Par exemple, le « super laser » ELI (Extreme Light Infrastructure) sera construit à Dolní Břežany, près de Prague, avec une participation financière de l´Union européenne. Ce centre, qui coûtera près de 280 millions d´euros, sera opérationnel à partir de 2014. Ce complexe scientifique aura une importance mondiale, puisque ce laser, le plus puissant du monde, sera utilisé pour l’examen des cellules ou le traitement du cancer.
Cinq autres projets scientifiques de grande ampleur sont en attente d’approbation à Bruxelles. Il s´agit de l´Institut technologique de l´Europe centrale (CEITEC), représentant un investissement d´environ 250 millions d´euros, qui devrait être construit à Brno, spécialisé dans la recherche sur les biomatériaux et les systèmes robotiques utilisables lors des opérations de grande précision.
Le Centre international de recherche clinique (FNUSA-ICRC) devrait également être construit dans la capitale de Moravie pour environ 200 millions d´euros.
Un accord est également attendu pour le projet du Centre biotechnologique et biomédical BIOCEV de Vestec, près de Prague, et la section de l´Energie durable du Centre de recherche ŘEŽ, d´une valeur de 10 millions d´euros. Le dernier grand projet, d’une valeur de 72 millions d´euros, concerne le Centre informatique IT4Innovations à Ostrava.


L.L.D : Lancé en mai 2009 sous la présidence tchèque de l’Union européenne, le « partenariat oriental » figurait au cœur des sujets clés du sommet du groupe de Visegrád qui s’est réuni le 15 février 2011 à l’occasion du 20ème anniversaire de sa création. Comment percevez-vous les apports de cette initiative en vue de consolider les relations avec les pays du voisinage de l’Union européenne ? Comment définiriez-vous l’influence du groupe de Visegrád dans ce domaine ? 

S.E.Mme M.C. :
Le lancement du « partenariat oriental » constituait un projet phare de la Présidence tchèque de l´Union européenne et son développement reste l’une des priorités de notre politique étrangère. Pour les quatre pays du groupe de Visegrád, les relations avec les pays d´Europe orientale représentent un dossier important de la politique étrangère et un défi permanent, non seulement dans sa dimension bilatérale, mais aussi dans le cadre de l´OTAN et des relations extérieures de l´Union.
C´est pourquoi la République tchèque, avec ses alliés du groupe de Visegrád auxquels se sont joints d’autres pays, s’est engagée en vue d’élaborer, dans le cadre du Partenariat oriental, un pendant au volet méditerranéen de la Politique européenne de voisinage de l´UE. Nos objectifs avec les pays membres du Partenariat sont similaires à ceux de la France vis-à-vis du Sud : renforcer l´Etat de droit ainsi que le respect des droits de l´Homme et soutenir le développement démocratique. Au-delà du soutien des réformes politiques, nous nous engageons également à contribuer à la croissance économique afin que les populations concernées puissent vivre et prospérer chez elles, dans leurs propres pays.

L.L.D. : La défense des droits de l’homme et de la démocratie sont au cœur de la politique étrangère tchèque. Quelle est votre vision des révolutions du « printemps arabe » ? Au-delà de l’intervention de l’OTAN en Libye, comment les pays européens, et plus spécifiquement la République tchèque compte tenu de son histoire, peuvent-ils apporter leur soutien à ce mouvement ?

S.E.Mme M.C. :
La défense des droits de l´Homme constitue une des priorités permanentes de la politique étrangère, indépendamment de la composition du gouvernement tchèque. Malgré l´imprévisibilité des résultats du mouvement, qu´on appelle poétiquement le « printemps arabe », nous le considérons comme une double occasion : pour les populations des pays concernés de décider de leur avenir ; pour l´Europe, de rétablir des relations crédibles avec ces pays, fondées sur le respect de nos valeurs.
La République tchèque avec son expérience d’une transition réussie d’un système totalitaire à la démocratie, peut apporter une valeur ajoutée dans le dialogue.
Au-delà de l´aide humanitaire que notre Ministère des Affaires étrangères a déjà accordée aux pays en transition, le pays est prêt à y envoyer des ONG pour qu´elles partagent leur savoir-faire dans les domaines de l´organisation des partis politiques, de la liberté de presse, de la construction de l´Etat de droit. Nous avons déjà organisé au Caire, en Egypte, un séminaire avec cet objectif.    

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