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Troisième trimestre 2010

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L’eldorado africain face à la nouvelle donne économique mondiale 

Par M. Philippe-Henri Latimier,
Ph.D., Président de Montserrat Economic Development Advisory Services (MEDAS), Professeur associé de Banque / Finance au New York Institute of Finance

La Fondation Africaine pour le Renforcement des Capacités (ACBF) a organisé du 28 septembre au 1er octobre 2010 au siège de l’OCDE une conférence sur le thème du « repositionnement de l’Afrique au 21ème siècle : progrès, perspectives et défis », ainsi qu’une série d’événements autour de la 19ème session annuelle de son Conseil des Gouverneurs.
Ces événements font partie des préambules au 20ème anniversaire de la Fondation, qui sera célébré le 9 février 2011 comme le précise Mme Frannie Léautier, Secrétaire Exécutive de l’ACBF. Créée le 9 février 1991, elle est devenue aujourd’hui un véritable centre d’excellence pour le renforcement des capacités en Afrique dont le siège est situé à Harare au Zimbabwe. Elle a pour vocation de réunir une masse critique d’analystes et d’économistes de très haut niveau en vue de favoriser et d’amplifier le développement économique au sein du continent africain.
L’ACBF compte aujourd’hui quelque 47 membres permanents dont plusieurs bailleurs de fonds internationaux comme la Banque africaine de Développement, le Programme des Nations unies pour le Développement (PNUD), la Banque Mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) qui l’a rejoint en avril 2002.
Parmi les pays africains membres de la Fondation, figurent le Benin, le Botswana, le Burkina Faso, le Burundi, le Cameroun, la République Centre Africaine, le Tchad, la République du Congo, la République Démocratique du Congo, la Côte d’Ivoire, Djibouti, le Gabon, le Ghana, le Kenya, Madagascar, le Malawi, le Mali, la Mauritanie, Maurice, le Niger, le Nigéria, le Rwanda, Sao Tomé & Principe, le Sénégal, le Soudan, le Swaziland, la Tanzanie, l’Ouganda, la Zambie et le Zimbabwe.
Parmi les pays non-africains, on compte la France, les États-Unis, le Canada, le Royaume-Uni, la Suède, la Grèce, l’Inde, l’Irlande et la Finlande,
Le Forum a mis en lumière les implications de l’ordre mondial naissant pour le développement des capacités en Afrique – plus précisément s’agissant des nouvelles problématiques dans le domaine de la finance, la nouvelle concurrence internationale, les stratégies de sortie de crise et les technologies d’avenir ainsi que le rôle joué par l’ACBF à cet égard. Il a également permis d’évoquer certains thèmes clés du développement en rapport avec le positionnement de l’Afrique sur la scène internationale. Une série de conférences a portée sur les questions pertinentes qui ont émergé des nouveaux défis du développement et notamment la crise financière internationale, la gouvernance et le » leadership transformatif » en Afrique, la nécessité de repenser l’intégration régionale et de revoir les partenariats stratégiques de développement de l’Afrique pour le XXIème siècle et au-delà.
Alors que l’Afrique continue de faire face à une myriade de défis, le Forum de Paris a été l’occasion de susciter le dialogue pour attirer l’attention des leaders africains et les partenaires du développement sur la nécessité d’adopter des solutions innovantes pour le développement des capacités en Afrique.
Il a été ainsi l’occasion de mettre en avant les progrès considérables réalisés par l’Afrique en moins de dix ans. Et de rappeler que pendant quatre années consécutives, le continent africain a connu une croissance économique record de l’ordre de 5% par an ce qui ne saurait nous laisser indifférents quand on sait que l’Afrique est l’une des régions les moins diversifiées du monde et que 80% de ses exportations reposent sur le pétrole, les minerais et les produits agricoles.
Les tables-rondes qui se sont succédées n’ont pas manqué d’indiquer que pour autant le continent africain doit aujourd’hui faire face à des défis majeurs en raison de la récession mondiale que nous venons de traverser. Et que si l’Afrique veut accélérer les progrès vers la réalisation des OMD (Objectifs du Millénaire pour le Développement), elle doit faire montre d’une croissance soutenue.
Le Président de la Commission de l’Union Africaine Jean PING s’est appliqué à rappeler qu’en dépit des améliorations notables constatées dans un grand nombre de domaines, l’Afrique reste encore loin du compte au regard de la plupart des OMD et que dans un monde de plus en plus intégré et interdépendant, il est de la responsabilité de tous et de chacun en Occident de promouvoir le développement économique en Afrique où la croissance économique est cruciale pour réduire la pauvreté. Il a souligné à cet égard que l’investissement direct européen, jugé insuffisant et souvent timide, est naturellement le bienvenu dans une Afrique en marche.
Le Forum de Haut Niveau de Paris est le troisième de ce genre à avoir eu lieu en 2010. Le premier s’est tenu à Accra, au Ghana, en février sur le thème « Révéler les vingt prochaines années du développement des capacités en Afrique ». La seconde discussion, organisée en mars à Tunis, a mis l’accent sur la relance au plus haut niveau, du dialogue sur l’importance du renforcement des capacités dans les pays post-conflits.
Le Forum ayant été abrité au Palais de la Muette, au siège de l’OCDE à Paris, il convient de préciser qu’en matière de coopération pour le développement, les relations de l’OCDE avec l’Afrique se sont notoirement intensifiées depuis le lancement du partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) et les contacts noués dès 2002 entre les ministres des pays membres de l’OCDE et leurs homologues au Comité Directeur de l’UA/NEPAD.
Comme le présagent ses évolutions démographiques, le continent africain est voué à de profondes mutations, si l’on considère qu’il comptait 250 millions d’habitants, soit 8% de la population mondiale, au milieu du XXème siècle alors qu’il franchit aujourd’hui le cap du milliard d’habitants et que les démographes tablent sur un doublement de sa population d’ici à 2050.
S’agissant des perspectives d’avenir pour le développement de l’Afrique, il convient par ailleurs de signaler la tenue du colloque organisé cette fois par l’Agence française de Développement (AFD) le 29 octobre 2010 à la Mairie de Paris sur le thème du développement et de la coopération.
Ce colloque était organisé à l’occasion du Cinquantenaire des indépendances. M. Jacques Toubon, en charge du Secrétariat général de la Commémoration du Cinquantenaire des indépendances africaines et M. Dov Zérah, Directeur général de l’AFD, n’y ont pas manqué d’indiquer que cinquante ans après la décolonisation et l’accession à l’indépendance d’une majorité de pays situés au sud du Sahara, l’Afrique occupe une place à part dans le paysage mondial.
En effet, courtisée pour ses matières premières, l’Afrique fait aussi l’objet des sollicitudes de la communauté internationale dans la lutte contre la pauvreté au travers notamment des interventions des bailleurs de fonds qui ont su très tôt répondre aux changements traversés par le continent sous l’angle du développement.
Et ce tant dans les anciennes puissances coloniales que dans les pays sans passé colonial et, dans le même temps, tant du coté des Etats que de celui de la coopération décentralisée.

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