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  Jeudi 09 Septembre 2010  
 

Troisième trimestre 2009

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La France, un membre à part entière de l’OTAN

 
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     La France, un membre à part entière de l’OTAN
 
 

Par S.E.Mme Pascale Andreani
Ambassadrice, Représentante permanente de la France auprès de l’OTAN

La France a toujours joué un rôle important au sein de l’Alliance atlantique. Membre fondateur, notre pays est l’un des principaux contributeurs, que ce soit en termes d’effectifs pour les opérations, en termes financiers pour les budgets civil et militaire ou en termes d’engagement et d’investissement sur les grands dossiers qui mobilisent l’Alliance : opérations, réforme, transformation, élaboration du nouveau concept stratégique, relations avec les autres organisations internationales, en particulier l’Union européenne, et les pays partenaires.
La décision du Général de Gaulle, en mars 1966, de retrait de l’organisation militaire intégrée, ainsi que la fin de l’accueil de troupes étrangères sur le territoire national ont toutefois pu donner le sentiment d’un désintérêt pour l’Alliance, mais cette décision s’inscrivait dans un contexte international qui a profondément évolué depuis plus de quarante ans. Elle visait principalement à permettre à notre pays de retrouver sa pleine souveraineté sur son territoire et une autorité non-partagée sur ses forces armées. Elle n’a en aucune manière mis fin à l’engagement de la France aux côtés des alliés, comme en a notamment témoigné le soutien apporté par la France au déploiement américain de missiles Pershing II en Europe en 1983 en réponse à l’installation par les Soviétiques de leurs SS 20.
A la suite de la crise yougoslave, la France s’est encore rapprochée de l’OTAN en réintégrant le comité militaire en 1995. Ce processus a été mené à son terme avec la décision du Président de la République d’une pleine participation de la France aux structures de l’Alliance qui a coïncidé avec le sommet de Strasbourg/Kehl d’avril 2009. Cette décision a été précédée d’une intense réflexion, conduite notamment lors des travaux sur le livre blanc sur la défense et la sécurité nationale et à l’occasion d’un large débat public jusqu’au vote du Parlement le 17 mars 2009.
Plusieurs raisons expliquent la décision française. D’abord, notre position spécifique n’était plus comprise par nos alliés européens (21 sur 28 membres de l’OTAN) qui la percevaient comme une défiance à l’égard de l’Alliance. Or, comme l’a exprimé à plusieurs reprises le Président de la République, l'Europe de la Défense et l'ancrage atlantique sont les deux volets d'une même politique de défense et de sécurité. Les opposer n'a pas de sens. La complémentarité entre défense européenne et Alliance atlantique devrait donc désormais se développer.
Ensuite, une présence plus importante au sein de la structure de commandement militaire de l’OTAN permettra à notre pays de participer pleinement à l’élaboration des plans d’opérations pour lesquels nous fournissons depuis quinze ans des contingents importants (Bosnie au début de l’IFOR en 1996, Kosovo au début de la KFOR en 1999 et Afghanistan au sein de la FIAS aujourd’hui). Le retour de la France dans la planification de défense de l’OTAN lui permettra également de s’inscrire de manière dynamique dans la définition des besoins militaires de l’Alliance et dans l’analyse des capacités des Alliés. De plus notre pays, qui est le 4ème contributeur financier de l’OTAN, pourra désormais mieux valoriser son engagement et le savoir-faire industriel et technologique français et européen pour participer aux grands programmes capacitaires de l’Alliance.
Enfin, notre pleine participation aux structures de l’OTAN nous offre l’occasion de faire valoir nos idées et nos priorités au moment où l’Alliance doit s’engager dans une véritable modernisation et rationalisation de ses structures pour répondre aux défis de demain. C’est l’un des objectifs du prochain concept stratégique dont le processus d’élaboration a commencé, conformément à ce qui a été décidé lors du sommet de Strasbourg/Kehl.
Par ailleurs, l’une des manifestations les plus rapides et les plus visibles de la pertinence de notre démarche a été la nomination pour la première fois d’un Européen, notre compatriote le Général Stéphane Abrial, à la tête du commandement allié Transformation (ACT). Symbole de la rénovation de la relation de la France avec l’OTAN, celui-ci jouera un rôle déterminant dans la rénovation de l’Organisation.
Créé en 2002, l’ACT illustre la volonté des alliés de rationaliser les structures de commandement afin d’adapter le potentiel de défense de l’Alliance à ses futures missions. Les interventions dans les Balkans et en Afghanistan ont ainsi fait prendre conscience à l’OTAN de la nécessité de disposer de forces rapidement mobilisables et interopérables sur des terrains d’intervention lointains. La création de la Force de Réaction de l’OTAN en 2003 a illustré cette détermination à anticiper et prévenir la mutation d’un conflit en un différend majeur.
Tourné vers l’avenir de l’Alliance, l’ACT doit favoriser la modernisation de l’outil de défense à travers une réflexion sur l’évolution des doctrines militaires et du processus décisionnel, la mise en place d’activités de formation et d’entraînement ainsi que des centres d’excellence nationaux et multinationaux.
Les membres de l’OTAN, conscients de la nécessité de faire face collectivement aux enjeux sécuritaires de la mondialisation, s’emploient à progresser dans l’amélioration des forces, des capacités et des structures de l’Alliance. Le but recherché n’est pas la constitution d’un outil militaire surdimensionné à vocation mondiale mais la garantie d’une action militaire efficace et en phase avec le niveau d’ambition que se fixe l’Alliance, dans un contexte où les contraintes budgétaires impliquent qu’une hiérarchisation précise des priorités soit menée dans la planification de défense.
La présence d’un Européen à la tête de l’ACT devrait en outre encourager le développement de la coopération entre l’Union européenne et l’OTAN. Elle illustre l’importance du lien transatlantique qui doit rester l’élément central permettant l’unité et la cohésion de l’Alliance.
Pour toutes ces raisons, la décision d’un plein retour de la France dans les structures militaires de l’OTAN met fin à une situation qui n’était pas satisfaisante et contribuera à renforcer la place de l’Europe dans l’Alliance atlantique.

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