Vendredi 19 Juillet 2019  
 

N°62 - Deuxième trimestre 2003

La lettre diplometque
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  M. Ivan Prostakov

Russie: Un géant qui s'affirme

A quelques mois des élections présidentielles qui doivent avoir lieu en mars 2004, M. Ivan Prostakov, Chef de la Délégation économique et commerciale près l'Ambassade de Russie en France, dresse un bilan des réformes conduites depuis trois ans pour libéraliser l'économie russe et l'intégrer dans le commerce mondial.


La Lettre Diplomatique : Sortie de la crise financière de 1998, la Russie confirme avec trois années de croissance exceptionnelle son redressement économique. Près d’un an avant la fin de son mandat, quel bilan peut-on tirer de la politique de libéralisation et d’ouverture conduite par le Président Vladimir Poutine ? Au regard des performances réalisées, quelles sont les perspectives du développement économique de la Russie ?

M. Ivan Prostakov : Ce redressement date effectivement de quatre ans et non de trois. Durant cette période qui correspond presque complètement à la mandature du Président Poutine, à peu près tous les indices économiques sont devenus meilleurs : le PIB a augmenté l’année dernière de 4,3%, le taux d’inflation s’est réduit à 15% (en 1998 il dépassait 80%), le revenu réel par tête d’habitant augmente annuellement de 8 à 12% ces trois dernières années, les exportations russes ont progressé en 2002 de presque 6%, les importations en Russie se sont accrues de 10%. Cette situation est due à un ensemble de facteurs. D’une part c’est le résultat logique du fonctionnement des mécanismes de marché : la crise de 1998 a été suivie d’un redressement économique. D’autre part cet essor a été renforcé par une conjoncture favorable aux échanges extérieurs de la Russie et en premier lieu au marché des hydrocarbures. Enfin l’élection de Vladimir Poutine au poste de Président de la Russie s’est avérée un facteur important pour la stabilité politique qui est une condition nécessaire à la réalisation des réformes économiques institutionnelles. C’est au cours des deux-trois dernières années que de nouveaux codes législatifs furent adoptés en Russie, soit le Code Fiscal, Foncier, du Travail et des Douanes ; une loi sur la faillite fut également adoptée et l’on a procédé à une réforme bancaire ainsi qu’à la réforme des monopoles publics. On prépare actuellement une réforme administrative. C’est un travail d’Hercule qui est aussi un signe important pour les agents économiques et la stimulation de leur activité sur le marché russe et pour assurer le redressement dont nous parlons. Cet énorme travail est la source du développement économique à long terme de notre pays. Tout récemment, le 16 mai dernier, dans son message annuel lu devant le Parlement russe, le Président Vladimir Poutine a parlé de la nécessité de doubler le PIB d’ici 2010. C’est une lourde tâche mais puisqu’elle est assignée par le Président on peut affirmer que nous sommes orientés pour atteindre cet objectif. Quoi qu’il en soit les résultats du premier trimestre 2003 ont confirmé un taux de croissance de 7% qui serait égal à 6% au moins pour le deuxième trimestre.

L.L.D. : La croissance russe s’appuyant essentiellement sur les recettes des exportations de matières premières, elles-mêmes dépendantes de la fluctuation des cours internationaux, comment envisagez-vous l’évolution de la Russie vers un modèle de développement de nature à lui apporter une plus grande stabilité ? Les grands groupes exportateurs russes réalisant à eux seuls l’essentiel du PIB, quelles mesures les autorités comptent-elles prendre pour favoriser la diversification du tissu économique, notamment pour favoriser l’essor des petites et moyennes entreprises (PME), thème cher au Président Vladimir Poutine ?

M.I.P. : Notre politique économique doit s’appuyer dans la mesure du possible sur le principe de diminution de la présence de l’Etat pour laisser les entreprises agir plus librement. Les réformes dont j’ ai parlé plus haut sont loin d’être achevées. Il est impossible de les réaliser en quelques mois ou même quelques années. L’année dernière l’impôt sur le revenu des personnes physiques a été réduit à 13% et celui sur le revenu des sociétés à 24%. A partir de l’année prochaine la TVA sera diminuée de 20 à 18% et l’impôt sur les ventes sera aboli. Le Code des Douanes est adopté, mais les procédures douanières continuent de changer dans le sens d’une simplification. Ce sont les PME-PMI qui en seront les gagnantes et, à titre d’exemple, je cite le régime fiscal simplifié qui est applicable depuis le 1er janvier 2003. Il prévoit une procédure simplifiée tant pour le versement des impôts que, dans certains cas, pour l’importance des montants à verser. Juste après être entrée en vigueur, 900.000 entreprises unipersonnelles (sur un total de 4,5 millions enregistrées) et 500.000 petites entreprises (sur un total de 850.000) ont eu recours à cette procédure de manière totalement bénévole car l’ancien régime demeure cependant toujours en vigueur et les entreprises peuvent librement faire leur choix. Quant aux grands groupes russes qui au départ étaient producteurs de matières premières, ils ont par la suite diversifié leurs activités. Ainsi parmi les dix premiers groupes russes, on peut non seulement distinguer les pétroliers et les métallurgistes, mais aussi par exemple, les groupes de télécommunication. Pour plusieurs d’entre eux le problème de leur propre développement se trouve étroitement lié à celui de la protection des intérêts économiques nationaux. On peut donc constater que la Russie est prête à défendre de façon très active le marché russe et ses exportateurs.

L.L.D. : Couronnant la volonté de réforme dont ont fait preuve les autorités russes durant ces dernières années, l’économie russe s’est récemment vue accorder le statut “d’économie de marché“. Quel est le résultat des réformes entreprises afin de moderniser l’économie de votre pays ? Alors que le train de ces réformes semble avoir marqué une pause en 2002, comment peut-on expliquer les difficultés rencontrées par le gouvernement pour restructurer le secteur énergétique russe (notamment Gazprom), réformer le cadre juridique et légal économique et appliquer les lois visant à l’allègement des pesanteurs bureaucratiques ?

M.I.P. : Aujourd’hui on trouve en Russie tous les traits et les institutions qui carctérisent une économie de marché classique : banques commerciales privées et compagnies d’assurance, marché des valeurs, contrôle des changes et du commerce extérieur assez libéral, sociétés cotées au NYSE et plusieurs autres éléments que l’on ne pouvait pas imaginer il y a encore 15 ans. Nous avons parcouru en 10 à 15 années le chemin que d’autres pays ont fait en plusieurs décennies. C’est pourquoi quand nous nous heurtons à des problèmes dont la solution demande un temps relativement long, on a l’impression que les réformes n’avancent pas. Cela est vrai pour la réforme des monopoles naturels et la réforme administrative. Il est à noter que le gouvernement français ayant la même préoccupation éprouve, lui aussi, des difficultés considérables. Les deux pays ont d’autres problèmes sensibles communs tels que la libéralisation du secteur énergétique ou une meilleure répartition et une réduction du poids de la fonction publique et de l’administration. Pour les résoudre, il ne suffit pas de tenir compte de paramètres économiques et techniques, il y a également des facteurs politiques et sociaux importants qui jouent leur rôle sans compter les intérêts corporatifs. Nous devons agir avec précaution, bien que la privatisation des monopoles naturels et la libéralisation de leurs marchés soient inévitables ainsi que la « débureaucratisation », mais il vaut mieux ne pas s’empresser pour éviter de graves bouleversements économiques et sociaux. Je pense que les Français en sont particulièrement bien conscients. D’ailleurs, nous avons également à procéder à la réforme des retraites dans notre pays .…

L.L.D : Le ralentissement de la croissance en Russie s’est également caractérisé par la persistance de tendances inflationnistes en 2003. De quelle marge de manoeuvre les autorités russes disposent-elles pour lutter contre l’inflation ? De ce point de vue, la mise en place de nouveaux instruments financiers à l’ automne 2002, a-t-elle déjà porté ses fruits ? Peut-on considérer, comme l’affirme le représentant du FMI à Moscou, que l’affaiblissement de l’excédent budgétaire est lié à la faiblesse de la politique fiscale russe ?

M.I.P. : Depuis 1988, le taux d’inflation ne cesse de diminuer en Russie. En 2001, il était égal à 18%, en 2002 à 15% et d’après les prévisions, il serait égal à 12-13% en 2003. Il est vrai que ce taux reste assez élevé. Le plus grand danger vient, quelque étrange que ça puisse paraître, d’une conjoncture favorable à la Russie sur le marché pétrolier. La hausse des prix du pétrole signifie en effet non seulement une augmentation des recettes budgétaires et le redressement économique, mais comporte aussi un facteur inflationniste grave. Pour faire face aux tendances inflationnistes, nous disposons d’une politique plutôt restrictive de la Banque Centrale de la Russie et d’un renforcement réel du taux de change du rouble par rapport au dollar. La baisse de l’excédent budgétaire ne donne pas lieu à des inquiétudes car un tel excédent est un phénomène rare et peut être considéré comme un instrument économique exceptionnel. Pour le gouvernement, le fait d’avoir cet excédent n’est ni un but en soi ni un critère d’évaluation de sa rentabilité. Nous en avons pourtant besoin car il nous sert en premier lieu de réserve pour le service de notre dette extérieure. Dans cette optique, l’année 2003 avait promis d’être difficile mais, aujourd’hui, on peut affirmer que la Russie remplira tous ses engagements internationaux et le niveau du coût du pétrole nous permet de créer une réserve supplémentaire. Comme je l’ai déjà dit plus haut, le fardeau des impôts qui pèse sur les entreprises connaît un allègement en 2003 et il diminuera encore en 2004, ce qui confirme la stabilité de notre politique fiscale, sans aucun rapport avec l’excédent budgétaire.

L.L.D. : Pays-continent le plus ouvert au commerce international, pouvez-vous nous décrire les principales zones propices au développement du commerce extérieur de la Russie ? Inscrite dans le sillage d’une ouverture stratégique, dans quelles conditions l’accession à l’OMC vous semble-t-elle réalisable ? Celle-ci impliquant l’abandon des mesures restrictives dont souffrent les exportations russes, comment votre pays compte-t-il en contrepartie mettre en place une législation protégeant la propriété intellectuelle ?

M.I.P. : Il est difficile de désigner des régions géographiques qui seraient le mieux disposées pour les échanges extérieurs. Bien que la Sibérie et l’Extrême-Orient soient très riches en ressources naturelles qu’elles exportent, on trouve partout en Russie de grandes entreprises, des industries de pointe et de services en pleine expansion. Ces derniers temps, on constate un développement rapide de la logistique, de l’ensemble de l’organisation du transport, du stockage et des formalités nécessaires pour la mise à disposition des marchandises aux clients, ce qui prouve que presque la totalité du territoire de la Russie est ouverte aux échanges internationaux. On trouve dans ce secteur beaucoup d’entreprises étrangères, et parmi elles des sociétés françaises, qui opèrent non seulement à partir du territoire européen jusqu’à l’Oural, mais étendent leurs activités jusqu’à l’Océan Pacifique. On peut considérer cette « expansion » comme un argument pour l’accession de la Russie à l’OMC. A ce jour, plus de 80% des marchandises sont concernées par les négociations en cours. Pourtant, il reste à discuter des sujets les plus ardus tels que l’énergie, l’agriculture, la constructions aéronautique, le secteur des services parmi lesquels en premier lieu les services bancaires. Pour notre pays, tous ces secteurs ont une portée stratégique et nous tenons à créer les conditions permettant à nos entreprises de sauvegarder leurs positions après la libéralisation complète des marchés. Si on ajoute que même parmi les pays-membres de l’ OMC il y a des divergences sur certains des sujets précités, on comprendrait mieux la position russe. L’essentiel est que les négociations continuent et qu’elles aboutiront incontestablement à un consensus : la Russie aspire à accéder à l’OMC qui, à son tour, a besoin d’un partenaire tel que notre pays. Le problème de la protection de la propriété intellectuelle figure également dans la liste des questions à négocier. Il faut reconnaître que dans ce domaine nous avons encore des problèmes à résoudre avant d’accéder à l’OMC. Pour que vous ayez une idée de l’importance que nous y attribuons, je tiens à signaler qu’une commission gouvernementale a été mise en place pour s’occuper de la protection de la propriété intellectuelle et de l’action contre les produits contrefaits à la tête de laquelle se trouve notre Premier ministre Mikhail Kassianov. Pour assurer un cadre législatif visant la protection de la propriété intellectuelle, rien qu’en 2003, trois lois fédérales ont été adoptées prévoyant la protection des marques, des brevets et des logiciels.

L.L.D: Clairement défini comme vecteur géopolitique du développement économique de la Russie, dans quelles conditions celle-ci pourrait-elle intégrer un «espace économique et social commun» avec l’Union européenne ? Le renforcement du partenariat énergétique affirmé lors du Sommet Europe-Russie le 30 octobre 2002, s’inscrit-il dans une stratégie de coopération économique à long terme ? Quels résultats escomptez-vous des objectifs de coopération fixés en matière énergétique (électricité et gaz), aérospatiale et concernant la reprise des programmes de la TACIS ? A l’aune de l’ important potentiel d’investissement et d’échanges que représentent les PME et PMI russes comme étrangères, comment comptez-vous encourager cet axe de coopération ? Quelle est la signification du récent rééquilibrage des réserves de changes russes notamment à l’avantage de l’Euro et quel impact le recours à la monnaie européenne peut-il avoir sur le commerce extérieur russe ?

M.I.P. : L’Union européenne est un des plus importants partenaires de la Russie car un tiers de nos échanges internationaux lui reviennent. Ces échanges ne concernent pas uniquement les biens et les services. Il y a aussi le programme TACIS qui est une sorte « d’intégration intellectuelle » qui prend de l’importance dans le contexte de la mondialisation. En guise d’illustration, on peut citer le programme pour l’élaboration des normes uniques de certification et standardisation où les experts français jouent un rôle primordial. Le dialogue énergétique Russie-UE concerne non seulement les fournitures de gaz russe vers les pays européens mais aussi la mise en œuvre des technologies européennes permettant de minimiser les pertes d’énergie, la recherche de solutions communes pour mieux protéger les centrales nucléaires et le projet de la future réunification des deux systèmes énergétiques. Un partenariat technologique caractérise les relations Russie-UE dans le domaine aéronautique et spatial, où les savants et ingénieurs des deux parties échangent leurs savoirs, expériences et résultats de recherches. L’événement le plus récent et le plus important dans ce secteur peut être attribué à la dernière décision du Conseil des Ministres de l’Agence spatiale européenne concernant la réalisation du programme d’utilisation des fusées-porteuses russes «Soyouz» sur le polygone de Kourou. Je voudrais souligner le rôle de premier plan que la France a joué dans cette affaire, s’inscrivant dans l’esprit de l’appel lancé par le Général de Gaulle «de l’Atlantique à l’Oural», auquel la France est restée fidèle en demeurant notre partenaire stratégique dans le processus d’intégration de la Russie à l’Europe. Il est trop tôt pour préciser la forme que prendra cette intégration, et son habillage institutionnel, mais l’idée de la création d’un espace économique unifié Russie-Europe est aussi singulière que celle de la création des Communautés européennes après la Deuxième guerre mondiale. Cela demanderait la mise en place d’un partenariat unique en son genre. L’essentiel est que cet accord est attendu aujourd’hui tant en Russie qu’en Europe, les deux parties demeurant unies par leur situation à la fois géopolitique et économique.

L.L.D. : Fort de l’excellent climat de coopération politique régnant entre la France et la Russie, les relations commerciales franco-russes ont à nouveau été renforcées en novembre 2002 par la volonté commune de mettre en oeuvre un partenariat stratégique étendu à d’importants domaines. Pouvez-vous décrire les principaux accords prévus à cet effet et plus particulièrement ceux ayant trait aux secteurs de la haute technologie, de la recherche & développement, de l’industrie aéronautique et spatiale, de la santé et de l’agro-alimentaire ? Alors que l’engouement des investisseurs français pour la Russie ne cesse de se confirmer pensez-vous qu’on puisse stimuler la conclusion de nouveaux accords industriels dans d’autres secteurs en mettant l’accent sur la promotion et la décentralisation des échanges au niveau des régions ?

M.I.P. : Le commerce franco-russe évolue et les statistiques révèlent une croissance continue : en 2002, le volume de nos échanges commerciaux a atteint 7,6 milliards d’euros soit une croissance de 3%. Mais la nature de nos relations économiques a beaucoup changé ces dernières années. Parallèlement aux opérations d’import-export, on assiste au renforcement des projets communs d’investissement, de la coopération technologique dans les secteurs stratégiques tels que l’aérospatial et l’énergie. Parmi les accords franco-russes les plus récents, on peut mentionner le projet d’investissement du groupe Renault prévoyant le montage en Russie d’un nouveau modèle Renault en 2005, puis le projet de réalisation d’un moteur franco-russe pour l’avion régional russe en partenariat avec le groupe français Snecma, la mise en marche en Russie en juillet 2003 de la première usine Michelin et l’ouverture de trois supermarchés Auchan au cours de ces 9 derniers mois. Nombreuses sont les entreprises françaises qui opèrent déjà ou vont commencer leurs opérations dans un très proche avenir avec les régions russes. Ainsi, Péchiney a des projets en Sibérie, Danone s’installe dans la région de la Volga et Bonduelle dans le midi de la Russie. C’est surtout dans les régions qu’existe de nombreuses possibilités pour renforcer notre coopération. D’après ma propre expérience, je constate que non seulement l’intérêt pour la France augmente dans les régions russes mais aussi celui des régions françaises pour notre pays s’accroît également. Ce travail est long, il exige des démarches le plus souvent difficiles pour trouver un bon partenaire. C’est pourquoi on voit le nombre des colloques, séminaires et délégations augmenter constamment, ce qui signifie qu’on peut attendre des résultats plus perceptibles. Un autre événement remarquable aura lieu à Moscou en octobre prochain. Il s’agit du Salon « France Tech Russie 2003 ». Le nom de cette exposition définit déjà son thème, car elle sera effectivement consacrée à la coopération franco-russe dans les domaines de la haute technologie. Cette manifestation sera aussi l’occasion de faire un bilan et de marquer le point de départ d’une nouvelle étape de notre partenariat, réunissant tous les secteurs économiques et à tous les niveaux en parfaite synergie, de l’Union européenne jusqu’aux régions.
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