Mercredi 21 Août 2019  
 

N°65 - Premier trimestre 2004

La lettre diplometque
  Editorial
Cuba
  « Des relations de confiance fondées sur la qualité des échanges »
 
  Développer les liens de notre pays avec Cuba…
 
  Cuba : Vers une nécessaire ouverture économique
 
  Havana Club a 10 ans !
 
  Cuba face à l’ALCA
 
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     Cuba
 
  S.E.M. / H.E. Eumelio CABALLERO RODRIGUEZ

Cuba :  Une identité à l’épreuve du temps

Après six années passées au service du développement des relations entre Cuba et la France, S.E.M Eumelio Caballero Rodríguez, Ambassadeur de Cuba en France, nous livre ses réflexions sur l’interaction culturelle entre les deux pays et resitue pour nous les efforts cubains pour surmonter un contexte international difficile.

La Lettre Diplomatique : Monsieur l’Ambassadeur, l’histoire récente de Cuba demeure marquée par ses relations mouvementées avec les Etats-Unis, caractérisées par certains signes de rapprochement, mais aussi par une méfiance toujours de mise entre les deux pays. Comment les relations cubano-américaines sont-elles, selon vous, amenées à se développer? Dans un contexte plus favorable, quels sont les principes qui pourraient présider à leur normalisation ?

S.E.M. Eumelio Caballero Rodríguez : Pour me faire bien comprendre, je dois rappeler que les difficultés de Cuba avec les Etats-Unis ont débuté à la fin du XIXème siècle lorsque les Etats-Unis ont occupé militairement Cuba pendant quatre ans, après la défaite de l’Espagne dans la guerre hispano-cubano-américaine, créant les conditions pour réaliser de nouvelles interventions militaires à l’avenir, établir leur contrôle sur les terres les plus productives et les principaux secteurs économiques ainsi que la maîtrise totale sur la vie politique du pays.
Cette chaîne de domination et d’exploitation néo-coloniale qui provoqua le rejet et l’opposition active de la majorité de la population cubaine, a été brisée définitivement le 1er  janvier 1959 avec le triomphe de la Révolution cubaine.
Aujourd’hui, après 45 ans de blocus et d’une hostilité acharnée, l’extrême droite américaine persiste dans ses tentatives pour détruire la Révolution afin de pouvoir récupérer l’emprise américaine sur l’Ile. Cela explique l’agressivité renouvelée et le danger réel que représente l’actuelle administration américaine.
Heureusement, les voix favorables à la normalisation des relations bilatérales sont majoritaires et avancent chaque jour davantage, y compris au sein de la communauté cubaine. Nous espérons que cette tendance, celle qui va dans le sens de l’histoire, finira par prévaloir.
Cuba n’a jamais fait de mal aux Etats-Unis ni n’a représenté un danger pour eux. Bien au contraire, de manière réitérée nous leur avons proposé de conclure des accords de coopération pour lutter contre des fléaux qui affectent nos peuples tels que le terrorisme, le trafic des stupéfiants, le crime organisé, etc. Nous connaissons et nous respectons les mérites historiques du peuple américain et nous sommes convaincus que l’établissement de relations civilisées et de bon voisinage serait d’un grand bénéfice pour les deux pays.

L.L.D. : L’un des succès de la politique étrangère cubaine reste d’avoir su accroître et diversifier ses relations extérieures malgré l’embargo américain. Quelle place souhaitez-vous voir votre pays occuper dans le concert des nations et comment situez-vous celui-ci face à l’accélération du phénomène de mondialisation ?

S.E.M.E.C.R. : Il y a plusieurs facteurs qui expliquent l’important élargissement et la diversification des relations internationales de Cuba dans la période révolutionnaire, en dépit du blocus et de tous les efforts déployés pour l’isoler et le stigmatiser. En effet, aujourd’hui Cuba entretient des relations diplomatiques avec 178 nations du monde entier, à travers 132 missions, dont 109 ambassades. La Havane est une des capitales latino-américaines les plus universelles, actives et dynamiques, avec un corps diplomatique constitué de 86 ambassades, de nombreux consulats et d’autres représentations étrangères, et où l’on tient un grand nombre de réunions et de conférences internationales dans tous les domaines du savoir humain.
Je pense que cet espace sur la scène internationale s’explique, tout d’abord par l’intérêt éveillé par la révolution cubaine au-delà de ses frontières, la justesse de ses transformations économiques et sociales, la défense de sa souveraineté et de son indépendance, mais aussi par la mise en application d’une politique extérieure digne, fondée sur les principes et les objectifs consacrés par la Charte des Nations unies, et sur la coopération et la solidarité actives à l’égard des pays du Tiers Monde. Ce rayonnement se traduit d’ailleurs par l’action de plus de 15 000 médecins cubains qui offrent leurs services dans 64 pays et par les 17 000 jeunes en provenance de quelque 110 pays qui suivent des études à Cuba.
Face à l’avenir, Cuba va continuer à jouer un rôle actif dans le cadre des organismes et des réunions internationales ainsi qu’à l’échelle sous-régionale et bilatérale afin de contrecarrer le néolibéralisme sauvage et de contribuer de façon constructive à l’édification d’un monde plus juste et plus sûr, caractérisé par la mondialisation de la solidarité, la jouissance des droits de l’homme dans leur ensemble et le respect de la diversité ; enfin, d’un monde de paix et de bien-être pour tous les peuples sans aucune discrimination.

L.L.D. : Souvent cité pour ses incontestables performances acquises en termes de développement humain, Cuba fait néanmoins encore, l’objet de critiques pour ses déficiences en termes de libertés individuelles. Quelle analyse faites-vous de ce problème qui continue de nuire à l’image de votre pays dans le monde et comment les autorités cubaines envisagent-elles d’y remédier ?

S.E.M.E.C.R. : Les campagnes médiatiques contre Cuba en matière de droits de l’homme n’ont rien à voir avec notre réalité ; elles font partie de la politique d’hostilité menée par les Etats-Unis depuis plus de quarante ans. Nous ne sommes pas parfaits, mais nous travaillons sans cesse en faveur de notre idéal suprême à savoir le bien-être et la joie de notre peuple. Nous avons beaucoup avancé dans ce domaine. Dans son rapport annuel, le PNUD reconnaît que Cuba occupe le premier rang sur le plan du rapport ressources nationales / résultats de développement humain, mais il nous reste encore du chemin à parcourir, chemin qui serait sans doute plus court et moins douloureux si une politique d’hostilité à notre encontre n’existait pas, si le blocus criminel cessait d’exister. Aux incrédules ou à ceux qui ont été victimes de la propagande venimeuse contre Cuba, nous leur disons qu’il ne faut pas y croire, qu’il faut aller à Cuba et voir de leurs propres yeux.

L.L.D. : A l’aune de son ouverture économique débutée en 1993 avec la légalisation du dollar, votre pays semble toujours en quête d’une transition propre à ses spécificités. Compte tenu de la crise économique qui sévit à Cuba, quelles sont les voies aujourd’hui privilégiées pour son développement ?

S.E.M.E.C.R. : En effet, au début des années 90, l’économie cubaine a subi une situation de crise très tendue, provoquée par l’interruption des relations économiques avantageuses qui prévalaient avec les pays socialistes.
Le PIB a fléchi de 35% touchant tous les secteurs. Même les échanges commerciaux ont baissé de 77% en 1993 par rapport à 1989. Parallèlement, il faut signaler que Cuba ne compte sur aucun soutien de la part des institutions internationales telles que le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale et la Banque interaméricaine de développement (BID). Les crédits externes que Cuba reçoit, sont des crédits à court terme, avec des taux d’intérêts très élevés et à des échéances très réduites.
A l’époque,  le gouvernement cubain a entamé une série de reformes économiques afin de relancer l’économie et à mieux nous insérer dans le contexte mondial. Les résultats remarquables atteints ces dernières années parlent d’eux-mêmes et montrent la réussite de ces mesures. 
En 2003, la croissance du PIB a été de 2,6%, et, de 1994 à 2003, la moyenne annuelle a été de 3,7%, indice supérieur aux performances réalisées par l’ensemble des pays de l’Amérique latine durant la même période.
Pour le moment, nous n’avons pas encore atteint l’essor des dernières années de la décennie 80. D’une façon globale néanmoins, nous avons déjà obtenu des résultats supérieurs dans quelques secteurs, tout en réussissant à préserver les conditions de la santé et de l’éducation du peuple.
Le tourisme joue un rôle très important dans le processus de redressement de l’économie cubaine. Il est devenu le secteur le plus dynamique d’un point de vue économique et il provoque des effets bénéfiques dans d’autres domaines. Les recettes obtenues à ce titre, constituent une source de crédit pour d’autres secteurs, et sont parfois utilisées comme garanties pour l’obtention de crédits externes. En 2003, le nombre de touristes qui ont visité Cuba a augmenté de 13% par rapport à l’année précédente. Les Français qui ont pris leurs valises pour l’Ile ont d’ailleurs été presque 145 000, soit 11% de plus que l’année précédente.
L’industrie de base en général a bénéficié durant les dix dernières années de 2 400 millions d’euros d’investissements, qui ont été consacrés à l’extraction du pétrole, à l’expansion de l’industrie électrique, du nickel et du cobalt, du ciment, et à l’industrie pharmaceutique. Il est envisagé de commencer la recherche et la prospection de pétrole dans la zone économique exclusive du Golfe du Mexique. Dans ce but, plusieurs blocs sont déjà en prospection. En outre, Cuba est le 4ème  producteur mondial de nickel et génère 10% de la production mondiale de cobalt. De même, le pays a consolidé sa position parmi les trois premières réserves de nickel et de cobalt au monde.
La France a d’ailleurs joué un rôle très important dans la modernisation des centrales thermoélectriques du pays, plusieurs travaux de remodelage ayant été menés à bien avec des crédits octroyés grâce à l’assurance de la COFACE.
Une restructuration du secteur sucrier a été mise œuvre ayant pour but principal de réduire les dépenses en devises dans la production de sucre, de concentrer la production dans les sucreries et les terres les plus productives et de diversifier les produits dérivés.
A partir de l’année 1993, un redressement de l’activité du commerce extérieur est intervenu. Avec l’amélioration de la balance commerciale, la priorité a été donnée à la dynamisation et au développement des exportations et au remplacement de produits d’importation par des productions nationales.
Dans le domaine scientifique, un développement très important, qui avait commencé depuis les premières années de la révolution cubaine, s’est poursuivi. Un nombre important de médecins cubains ont achevé en France des études de formation supérieure. Des recherches ont abouti à des résultats très concrets, comme à l’exportation de services, de médicaments et de vaccins. Ces efforts reçoivent aujourd’hui une reconnaissance internationale. Finalement, je dois souligner que notre capital humain est, sans aucun doute, le principal atout de notre pays. Convaincu de cette réalité, notre gouvernement consacre des ressources très importantes à l’aménagement des écoles, à l’acquisition d’ordinateurs et aux programmes de télévision destinés aux élèves de l’école primaire et du collège. Un projet permettant d’élargir les études supérieures à toutes les municipalités du pays est en vigueur, ainsi qu’un programme de formation générale pour les jeunes gens qui n’étudient ou qui ne travaillent pas, et qui s’accompagne de la distribution d’un salaire minimum.

L.L.D. : Fort des récentes initiatives du Mexique ou du Brésil en faveur de la relance de la coopération avec votre pays, comment envisagez-vous le renforcement des relations entre Cuba et les pays d’Amérique latine?

S.E.M.E.C.R. :  Les relations avec l’Amérique latine sont une priorité pour Cuba. De solides liens de fraternité fondés sur une histoire, une culture et des valeurs humaines et éthiques communes, nous unissent. Nous croyons à l’unité latino-américaine en tant que nécessité historique pour faire face aux dangers et défis qui planent sur nos peuples comme les efforts des Etats-Unis pour nous imposer un nouvel instrument colonisateur connu sous le nom d’Accord de Libre Commerce des Amériques (ALCA). Après l’échec flagrant du néolibéralisme - l’Argentine en est le meilleur exemple -, les vents soufflent en faveur des véritables intérêts des nations latino-américaines, parmi lesquelles Cuba.

L.L.D. : Cuba affirme mener une lutte active contre le terrorisme. Pouvez-vous nous décrire l’approche cubaine de ce problème international élargie à la lutte contre la criminalité organisée ?  Au-délà, comment expliquez-vous le maintien de votre pays au sein de la liste des Etats soutenant le terrorisme établie par les Etats-Unis ?

S.E.M.E.C.R. : Cuba, qui depuis plus de quatre décennies souffre des activités terroristes en provenance des Etats-Unis, a été l’un des premiers pays à condamner les attentats criminels du 11 septembre. Nous sommes signataires de tous les instruments des Nations unies en la matière et nous avons exprimé à maintes reprises notre disposition à coopérer avec la communauté internationale pour éliminer ce fléau criminel. La réponse des Etats-Unis, par contre, a été d’inclure Cuba dans la liste des pays qui soutiennent ou encouragent le terrorisme. Cette attitude irresponsable ne fait que confirmer les desseins agressifs de l’actuelle administration américaine contre Cuba.

L.L.D. : Suite à la décision européenne de juin 2003, les programmes de coopération bilatérale entre Cuba et les pays-membres de l’Union européenne, dont la France, ont été interrompus. Quelle est votre vision de la dégradation des relations cubano-européennes ? Par quels autres moyens pensez-vous que l’on puisse préserver la qualité des liens entre votre pays et l’Europe ?

S.E.M.E.C.R. :  Le 5 juin 2003, l’Union européenne a pris plusieurs sanctions à l’encontre de Cuba, y compris la réduction des liens culturels, la suspension de plusieurs programmes de coopération et l’invitation de contre-révolutionnaires à des réceptions à l’occasion des fêtes nationales des pays qui la composent. Mais pourquoi pénalise-t-on Cuba ? Pour la mise en application de ses lois nationales à des citoyens cubains accusés de travailler à la solde d’une puissance étrangère qui mène depuis plus de quatre décennies un blocus criminel et qui d’une manière ouverte proclame constamment son intention de détruire la révolution cubaine. Alors que ces mêmes pays n’ont pas été capables d’exprimer un consensus pour condamner, ou tout au moins critiquer, l’agression militaire des Etats-Unis contre l’Irak, guerre qui a provoqué des milliers de morts ainsi que la destruction et la déstabilisation de ce pays, violant les lois internationales, les principes et les objectifs des Nations unies, et ce contre l’avis majoritaire de leurs peuples. Pourquoi cette hypocrisie ou cette double morale ? Cuba octroie une importance stratégique à ses relations avec les pays de l’Union européenne, avec lesquelles nous unissent l’histoire et beaucoup de valeurs communes. C’est pourquoi, bien que ces gouvernements européens ne rectifient pas ces actions injustes, exagérées et incompréhensibles, nous continuerons de nous efforcer à maintenir et à développer nos relations avec l’Europe, à travers le monde de la culture et des domaines non-gouvernementaux des hommes d’affaires, des organisations syndicales, des mouvements de solidarité, enfin, plus globalement, de leurs peuples respectifs.

L.L.D. : Symboles universels de la culture cubaine, le cigare ou la salsa, sans compter son cinéma ou sa littérature, occupent une place de choix dans la représentation française de l’Amérique latine. Comment expliquez-vous l’attrait français pour la culture cubaine ? A l’inverse, quelle place la culture française occupe-elle à Cuba ?

S.E.M.E.C.R. :  L’attrait français pour la culture cubaine s’explique tout d’abord par la qualité de notre production culturelle, le professionnalisme de nos créateurs et la manière dont la culture cubaine réaffirme ses valeurs nationales ayant pour vocation l’humanisme et l’universalité. Des valeurs très importantes pour le public français qui sait les apprécier et qui fait preuve d’une grande exigence lorsqu’il s’agit de ses goûts artistiques. 
La culture cubaine est, en outre, riche et diversifiée. Il est impossible de la réduire à des schémas ou à des clichés. Et précisément, c’est cette possibilité de découverte permanente de la diversité de la culture cubaine qui attire la sensibilité culturelle du public français.
À l’inverse, la culture française occupe une place très importante à Cuba. Il s’agit d’une présence qui a incontestablement contribué à la formation de notre culture nationale. D’une part, l’idéologie française de la liberté et de l’égalité a marqué avec force l’esprit de notre culture libertaire qui a atteint son apogée dans la figure de José Martí, admirateur de Victor Hugo et des grands penseurs français de la célèbre revue française «L’Illustration». D’autre part, de nombreuses contributions de la culture française ont alimenté les arts et la littérature de Cuba, et différents liens historiques unissent nos deux pays : le premier Directeur de l’École des Arts Plastiques de Cuba (1818) était français ; l’un des plus célèbres peintres cubains du XXème siècle, Wifredo Lam, ou un de nos plus grands écrivains, Alejo Carpentier, ont produit une partie de leurs œuvres en France ; plusieurs sociétés françaises ont choisi Cuba pour installer leurs plantations de café, devenues à l’heure actuelle, patrimoine de l’Humanité ; la contredanse cubaine s’est inspirée de la française…

L.L.D. : Fondateur du Club des Ambassadeurs Amateurs de Havane, comment percevez-vous le succès rencontré par cette initiative à caractère culturel et convivial, propice au dialogue et aux échanges d’idées ?

S.E.M.E.C.R. :  Le Club des Ambassadeurs Amateurs de Habanos a été créé en décembre 2000 et il compte de manière stable quelque 75 Ambassadeurs à titre de membres, quelque 30 membres d’honneur et plus de 200 Amis du Club. Ses activités ont été jusque là très riches et variées, tels que les dîners offerts en l’honneur du Club par les Présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat, les réceptions organisées par de prestigieuses sociétés françaises, une visite de la Principauté de Monaco et d’autres encore. Actuellement, on peut considérer que le Club est un projet solide et qu’il nous a permis, depuis le début, d’atteindre le but principal que nous nous étions fixés, à savoir de créer un espace que les ambassadeurs représentants des cultures les plus diverses ainsi que de différentes tendances politiques, pourraient partager entre eux et avec leurs amis français, dans une ambiance amicale et détendue. Cet espace a permis de renforcer les relations et les liens personnels qui contribuent énormément à nos efforts pour encourager l’amitié entre les peuples et les pays. C’est pourquoi je voudrais profiter de cette occasion pour remercier mes collègues ambassadeurs et mes amis français, qui avec leur bienveillance permanente et leur participation active, ont contribué au plein succès de ce projet. Au nom du Conseil de Direction et de tous ses membres, je souhaite exprimer une reconnaissance toute particulière aux parrains de notre Club, notamment les entreprises COPROVA, ALTADIS, PERNOD RICARD, SUCDEN, LOUIS VITTON, LVMH et INTERPRAL 

L.L.D. : Après cinq années passées au service de la promotion des relations cubano-françaises et au terme de votre mission à Paris, quel bilan tirez-vous de cette expérience ? Quelles orientations les deux pays doivent-ils selon vous privilégier pour dynamiser plus encore les relations bilatérales et parvenir à une meilleure compréhension mutuelle ?
 
S.E.M.E.C.R. :
Effectivement, je finirai ma mission au début du mois de juillet prochain. Quelque six ans se sont écoulés depuis que j’ai présenté au Président Jacques Chirac mes Lettres de créance en qualité d’Ambassadeur de Cuba en France. Cette mission a été l’une des expériences de ma carrière diplomatique dont je vais garder le meilleur souvenir. Il est vrai que l’année dernière les relations officielles franco-cubaines se sont détériorées pour les raisons que j’ai déjà mentionnées, mais j’ai cependant été témoin du progrès qu’ont enregistrés nos liens bilatéraux dans presque tous les domaines. Aujourd’hui, la communauté d’affaires française à Cuba est beaucoup plus grande qu’à mon arrivée à Paris, les relations culturelles se sont intensifiées, le mouvement de solidarité s’est sans cesse accru, le tourisme français continue à augmenter à un rythme très satisfaisant et nous espérons cette année dépasser le chiffre de 150 000 visiteurs. Ces succès n’auraient pas pu être remportés sans l’encouragement et le soutien de tant d’amis français dont je me souviendrai toujours et à qui je dois un éternel remerciement. Ces années m’ont servi pour approfondir mes connaissances sur l’histoire, la richesse de la culture du peuple français, ses valeurs humaines, son attachement aux principes d’égalité, de solidarité et de justice sociale, raison pour laquelle la France occupera pour toujours une place toute spéciale dans mon cœur. C’est pourquoi, je souhaite très vivement que l’Union européenne parvienne à mener une politique indépendante à l’égard de Cuba, qu’elle rectifie les mesures prises au mois de juin 2003 et que les relations officielles soient normalisées au profit des deux peuples.
Là où je me trouverai, je ferai en sorte de toujours oeuvrer dans ce but.

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